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Ben Herbert Larue, l’ogre au cœur d’enfant

LARUE Aux lendemains couvCurieux insatiable du monde qui l’inquiète, le chanteur des Andelys, cet « ogre de paroles» – du titre de son précédent album EP- ne se définit pas comme un écorché vif. Non, plutôt comme quelqu’un qui remplit sa vie et ses mots sans laisser de vide, tour à tour comédien, circassien, poète, diseur, chanteur. Heureux en amour comme en amitié, ce bonheur rebondit sur son public. Amoureux des rencontres, il nous l’avoue « J’aime les gens tout l’temps », sur une musique jazzy swingant à la RayVentura… Petit chef d’œuvre d’humour non sans rappeler le Je hais les gosses d’Allain Leprest, puisqu’il nous le dira ensuite, il n’aime ni les enfants, ni les vieux, ni les adolescents, ni leurs parents !

Toujours enfant dans sa tête, il sait à merveille se mettre à leur place pour poser les questions essentielles (le gamin du
Deuxième), faire tourner le carrousel d’antan, célébrer les mains de [ses] grands-mères, s’inquiéter du passage difficile des Quinze ans.

Sans nostalgie, il distille les valeurs éternelles, mais se tourne vers de beaux Lendemains, encourageant sa frangine à grandir  : « On se lance dans le palais des premières fois », en duo avec Faustine Berardo .

Ses personnages sont poignants, Myriam, la petite fleur qui s’épanouit sous les bombes, chante dans la nuit, voit la beauté partout, espère en un «  pays des droits d’y croire qu’on nous a racontés », l’héroïque Victor (Hugo) « J’ai traîné tous les (…) trônes liés à tous les échafauds / L’erreur le glaive infâme et le sceptre sublime  / J’ai traîné tout cela, pêle-mêle, à l’abîme » qui ne cède qu’à l’amour, et là on ne peut que songer à Florent Vintrigner, d’autant que son parcours de comédien-chanteur leur est commun.

Le trio, Ben parfois à l’accordéon, avec ses comparses Xavier Milhou le contrebassiste et Nicolas Jozef Fabre le multi-instrumentaliste ( Clavier Fender-Rhodes, trompette, bugle, beat Box…), qui chantent également, n’a pas son pareil pour créer des ambiances musicales variées, recréant la chanson humoristique faussement réaliste très début XXeme siècle avec Cœur tout mou, malheurs de manchot, borgne ou cul de jatte amoureux… On pense à Entre 2 caisses, à Parité mon Q, sans qu’ils utilisent la verdeur de leur propos, mais pour les si jolis chœurs tout doux. Ou le surréalisme humoristique d’un Jacques Dutronc avec Pâte à tarte.
Tout autant que des musiques fastueuses, romantiques, rêveuses
« insufflant le souffle » de sa poésie aux mots éloquents.

Quant il parle, avec sa voix rocailleuse, c’est à Loïc Lantoine qu’il fait L’écho, distillant l’émotion avec sa « petite voix du poème », sur les notes bouleversantes de la contrebasse. Ou quand, sur le murmure profond du bugle, il évoque nos petites lâchetés, indécisions ou procrastinations : « Nous, ensemble, se battre des ailes, qui rassemblent ».
Mais ne vous y trompez pas, si l’être humain a besoin de (bonnes) références, c’est à lui-même que Ben est fidèle. D’ailleurs dans ce nouvel album Ben s’est affranchi du Grand diseu, pour chanter beaucoup plus souvent, parfois même avec lyrisme, et il touche dans tous les cas.

Je ne peux que reprendre à mon compte les mots de mon excellent confrère Francis Panigada, qui l’avait élu l’un de ses concerts 2018 préférés : « Tour à tour poignant, lunaire ou drôle, le chanteur à la voix puissante rappelle quelques grands écorchés vifs de la chanson française comme Ferré, Brel [ Ecoutez Mille fous, du précédent album ] ou encore Allain Leprest, qu’il reprend remarquablement [ Ecoutez C'est peut-être. ]. Le charisme du chanteur, qui fait rimer avec talent, chanson et poésie, se voit renforcé par l’apport musical de deux excellents accompagnateurs. »

 

Ben Herbert Larue, Aux lendemains, autoproduit 2019. Le site de Ben Herbert Larue, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

Ben Herbert Larue sera au Festival de Barjac le 28 juillet à 18h30. Autres dates sur son site.

Les mains de mes grands mères
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Victor
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2 Réponses à Ben Herbert Larue, l’ogre au cœur d’enfant

  1. MARTINE ULLMANN 12 juin 2019 à 11 h 21 min

    Touchée par un méga coup de foudre ! J’ai écouté, grâce à toi, Cathy, plusieurs de ses titres et je n’ai qu’une hâte …. assister à un concert à Paris …… vite, vite !

    Répondre
  2. anne-marie panigada 13 juin 2019 à 1 h 35 min

    Ah ! Mon énorme coup de coeur de l’année dernière ! Déjà vu quatre fois en concert ou en scène partagée, j’ai hâte, mais hâte de le revoir cet été à Barjac. C’est marrant, Catherine, le jour où je l’ai entendu pour la première fois, j’ai eu exactement la même réaction que toi, à savoir le lien de parenté avec Florent Vintrignier, Loïc Lantoine et Leprest. Quant à le voir à Paris, si vous avez loupé le Zèbre en mars où je n’étais hélas pas là, insistez, insistez tous pour qu’il y vienne ! On lui a fait une proposition pour nos « chansons du dimanche » au théâtre Clavel la saison dernière (mais ça n’a finalement pas pu se faire) et pour la saison prochaine. Je croise les doigts pour que ça aboutisse enfin ! C’est grandiose !

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