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Chassez Buzy qu’elle revient au galop d’un cheval fou

Buzy (photo non créditée)

Buzy (photo non créditée)

Remontons le temps de la variété. Dyslexique et Body Physical en 1981, Adrian et Adrénaline en 1983… Vous y êtes ? Désormais à l’écart des radars du showbiz, Marie-Claire Buzy n’a jamais vraiment cessé d’écrire. Pour d’autres, mais en vain. Au tout début de cette décennie, en 2010, elle sortait un nouvel album, Sous X ; l’année suivante, une poignée d’artistes (dont Prohom et Clarika et pas mal d’une scène indépendante pour nous inconnue) la célébrait en un disque-hommage, Tous Buzy (disque alors proposé uniquement dans les bars-tabacs !). Depuis, nous n’avions plus aucune nouvelle d’elle, tant que son nom s’estompait dans nos souvenirs. Ça fait presque deux décennies qu’elle exerce comme psychothérapeute, la chanson s’est éloignée. Le métier n’est plus pareil, le marché du disque n’est plus que l’ombre de son ombre. Mais chassez la chanson qu’elle revient au galop. Voici Cheval fou, le nouvel opus de la dame, un très bel ouvrage, qui vaut votre écoute, la nôtre. Un disque autoproduit, qui ne concoure pas, n’existe que pour le plaisir, à l’écart de tout plan de carrière, objet chantant à peine identifié. Peut-être, sans doute, le plus beau de Buzy, le plus passionnant.

Buzy a beau dire avoir fait cet album pour ses fans, on est loin de l’inspiration des débuts, des chansons d’amour. De fait c’est une toute autre Buzy qui s’expose sur nos platines, par des chansons en prise directe avec le monde. Des chansons sociétales comme on dit, loin de tout ce qui a fait le Top 50. Ainsi la chanson Où vont mourir les baleines (en duo avec Bertrand Belin) qui nous parle tant des cétacés échoués sur la grève et des poissons gavés de plastique que des ces bateaux « d’enfants migrateurs dans les flots / Sur les côtes en mal d’idéaux ». Avec pour leitmotiv un « Mise à jour update ». Autre duo, celui avec l’actrice Anna Mouglalis, sur Prière, où l’invitée ne chante pas, mais prolonge et surligne de sa rauque vois les propos de Buzy : « Quelque part quelque chose / Qui dure au-delà du oui ou du non […] Pour réfléchir ta lumière ». Un magnifique morceau serti de notes pudiques, délicates.

Buzy-Cheval-fouTout dans l’écriture des textes est sensible, chaque mot précis comme enchâssé dans un halo de poésie. Avec des considérations environnementales comme on l’a vu, politiques aussi. Par touches, fleuret moucheté. Ou pas, comme dans Expérience humaine, où la voix de Buzy est plus résolue, presque en colère : « Quand faudra-t-il couper les branches / Tailler nos espoirs en silence / Quand faudra-t-il respirer sourd / Semer nos orages au long cours / Oui je mène l’expérience humaine… ».

De bien belles collaborations parsèment et consolident plus encore cet album rock dans la forme et dans l’esprit, coordonné par Frédéric Fortuny. Dont beaucoup de guitaristes, pour une musique réactive, intuitive, aussi intelligente que le propos et les textes. Ainsi ce Cosmic brother en hommage au frère décédé de Buzy : « My cosmic brother / Est-ce que c’est mieux là-haut / Y a-t-il des oiseaux ». Touchant.

Ce Cheval fou pourrait bien, au cas où, devenir votre premier album de Buzy.

 

Buzy, Cheval fou, autoproduit 2019. Le site de Buzy, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

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