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Jean-Louis Aubert, entre élans et mélancolie

Jean-Louis Aubert (photos Barbara d'Alessandri)

Jean-Louis Aubert (photos Barbara d’Alessandri)

Oubliés, débranchés, un temps les accents rock à succès des Insus et les foules ferventes et un brin nostalgiques réunies il y a quelque temps au Stade de France, pour un retour à l’intime. Jean-Louis Aubert explique volontiers préférer les diagonales aux routes toutes tracées. Donc acte avec une nouvelle tournée en solo où grâce à la technique de l’hologramme l’artiste se dédouble. Et un double album généreux de 22 titres. Une sortie d’album qui ne passe pas inaperçue dans le registre médiatique ces temps-ci. Il y a une vraie attente, bienveillante, Jean-Louis Aubert comme pour savoir où en est ce « compagnon des libertés ».

Neuf ans après l’album Roc Eclair, aux accents personnels et familiaux, et cinq ans après l’inclassable Les Parages du vide, sur des poèmes de Michel Houellebecq, l’ex leader de Téléphone a ouvert ses carnets de chansons pour reprendre le fil de sa vie d’homme et d’artiste.

Comme on offre une carte de visite, le double album Refuge s’ouvre par un titre, composé avant Téléphone, Ne m’enferme pas, où l’enfant d’hier salue l’adulte d’aujourd’hui qui le remercie : « Parfois je me sens si loin d’où je viens / Qui je suis vraiment / C’est difficile à dire, tu sais ce que je peux sentir / Je cherche, je veux trouver quelqu’un que je connais / Et qui frappe en dedans, qui me dit Jean-Louis ». L’enfance encore évoquée dans La vie est une souris. A 64 ans, la voix est toujours en place, l’expérience en plus.

RefugeLe retour sur soi, en un panoramique des choses intérieures, de Jean-Louis Aubert se traduit par des ballades, plus nombreuses que les accents rock ou reggae, dont il a le secret. Un registre qui n’est pas une nouveauté chez un artiste qui pratique le voyage intérieur tout autant que la grande aventure au bout du monde. On se souvient de titres comme Le silence, Ailleurs ou Voyager en soi-même qui ont ponctué une exploration toujours en cours. « Ne cherche pas refuge ailleurs / Soit une île pour toi-même » résume Refuge, en écho à une citation de… Bouddha : « Soyez votre propre lampe, votre île ». Sur le mode nostalgique inspiré, l’amour est cet horizon traduit en mélodies fluides. Comme Tire d’aile et Le monde où je vis et ses regrets habités. L’ange et la grande évoque de son côté l’amour impossible entre Jean Gabin et Marlène Dietrich.

Solo ne signifie pas isolement. La nécessité de l’île n’en appelle pas moins à la quête du vivre ensemble. L’état de la société fait l’objet de la chanson Les temps sont durs : « Combien de temps crois- tu / Que cela dure / Cette aventure / On aimerait tous / Avoir un peu plus fière allure ».

Le jour qui se lève après la pénombre ? Jean-Louis Aubert ne cesse d’y croire encore et de le partager. Comme dans les titres où se conjuguent à sa façon résilience et résistance à la morosité ambiante : Bien sûr (très entendu en radio) ou Tu vas l’aimer. Construire du bonheur et détruire le malheur, tel est encore le programme d’un artiste « au boulot » pour lui et pour les autres.

 

Jean-Louis Aubert, Refuge, double album Parlophone/Warner Music 2019. Le site de Jean-Louis Aubert, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Au Bataclan, à Paris, les 28 novembre, 4 et 5 décembre 2019. Tournée des Zéniths à partir du 27 février 2020.


Ne m’enferme pas en acoustique dans Boomerang
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Artiste autiste à Déjazet 
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Une réponse à Jean-Louis Aubert, entre élans et mélancolie

  1. RENE 27 novembre 2019 à 13 h 15 min

    L’album de Jean Louis Aubert est magnifique il contient de superbes chansons .J’aime énormément.

    Répondre

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