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Nour, après la pluie le beau temps

Nour Photo d'archives Vincent Capraro

Nour Photo d’archives Vincent Capraro

Le Petit-Duc à Aix-en-Provence, 23 novembre

 

Seule à son piano, robe fleurie de roses, profil de déesse antique, Nour ouvre le concert par une nouvelle chanson, Il pleut des hommes, qui donne tout de suite le ton . Voix de gorge légère et veloutée, légèrement voilée, cascadant de hautes vocalises en notes graves, entre jazz et mélodie, superbement séduisante. Sujet surréaliste, très visuel, qui pourrait nous faire penser à un tableau de Chagall, une météo métaphorique « On est déjà trempés jusqu’au coup d’œil » qui revient au long de l’album Après l’Orage : « Il ne reste rien plus rien que l’eau / Qui claque et qui colle / En sol et si bémol / Et le chant des bruyères / Pourtant qu’il est bon de voir la lumière qui revient ». Chanson si douce et mélodique, où elle nous fera faire les chœurs sur « Les crescendos d’Éole », instant de grâce pour nous, où nous nous sommes un instant envolés bien au-delà des contingences matérialistes. Ou Sale temps : « pour le poète / Sale temps pour le saltimbanque / Ses airs de rien qui coulent / Dans sa tête / Sont rouillés sur des étiquettes / Mais bien gardé par le Minotaure / Le poète dort », variée avec humour en y faisant rimer les serviettes de Patrick Sébastien.

APRÈS L'ORAGE Belle artiste suisse qui mêle à la chanson française des ascendances orientales (son prénom signifie lumière) et une musicalité jazz, Nour a de nombreuses cordes à son arc. Arrivée en France à la Cité des Arts pour des études d'Arts plastiques - elle a une prédilection pour les surréalistes, Breton, Ernst ou Magritte – elle se redécouvre en musique. Son troisième album, Après l'orage, qui marque le retour de la Lumière après une période difficile, est le premier réalisé en France,  par Alexis Campet, qu'on a vu travailler avec Eskelina. « J'ai connu le chaos, […] deux pas en avant, trois pas en arrière ». Onze titres très musicaux, très jazz, entre mélancolie et fantaisie,  où la lumière revient après l'orage. De  Vian, ou de  Gainsbourg  elle a le le goût des objets du quotidien, qu'elle nomme et met en scène - les assiettes volent, les cibiches sont des blondes séduisantes - et en musique.  Enregistrés, triturés, essuie-glace, mixer, rasoir, ou jouet d'enfant deviennent éléments musicaux à part entière . Y figure Lumière bleue, toute en jeux vocaux, la musique du film Marie Curie.

APRÈS L’ORAGE
Belle artiste suisse qui mêle à la chanson française des ascendances orientales (son prénom signifie lumière) et une musicalité jazz, Nour a de nombreuses cordes à son arc. Arrivée en France à la Cité des Arts pour des études d’Arts plastiques – elle a une prédilection pour les surréalistes, Breton, Ernst ou Magritte – elle se redécouvre en musique. Son troisième album, Après l’orage, qui marque le retour de la Lumière après une période difficile, est le premier réalisé en France, par Alexis Campet, qu’on a vu travailler avec Eskelina. « J’ai connu le chaos, […] deux pas en avant, trois pas en arrière ». Onze titres très musicaux, très jazz, entre mélancolie et fantaisie, où la lumière revient après l’orage. De Vian, ou de Gainsbourg elle a le le goût des objets du quotidien, qu’elle nomme et met en scène – les assiettes volent, les cibiches sont des blondes séduisantes – et en musique. Enregistrés, triturés, essuie-glace, mixer, rasoir, ou jouet d’enfant deviennent éléments musicaux à part entière . Y figure Lumière bleue, toute en jeux vocaux, la musique du film Marie Curie.

Si son répertoire est digne des caves  à chanson de la grande époque, délicatesse de sentiments, voix de caractère ciselant des mots choisis, ses mots sont aussi musiques et images en eux-mêmes, comme ceux d’un Boris Vian ou d’un Nougaro. Ou de Michel Legrand, auquel on pense imparablement lorsqu’elle laisse dériver la voix pour souligner la fragilité de la beauté, symbolisée par ces poupées de porcelaine. Les percussions corporelles accompagnent l’oiseau de La maison de carton. Vol au vent, cœur du concert, est chanson intime sur les joies (et les trésors de patience) de la maternité, « Je peux le dire maintenant / Tu m’élèves mon enfant  / Je t’aime tant » toute en tendresse inventive sur les mots doux, de mon petit koala, mon petit drap de soie, à des qualificatifs plus foutraques, mon petit saucisson à l’ail, mon petit ramasse poussière, gigot d’agneau à roulette…

Des épisodes difficiles de sa vie, elle tire des chansons plus noires mais toujours pleines d’auto-dérision, aussi bien sur le sort de la femme délaissée que de l’artiste qui peine : « Laissez moi crever pour la reconnaissance posthume / Celle qui est bien plus difficile à atteindre de son vivant ». S‘inquiéte de son impulsivité « A dire tout haut ce que je pense tout haut », ou du temps « qui pique l’albatros de ses aiguilles folles ».

Beaucoup de nouvelles chansons dans ce concert, qui nous laissent espérer un nouvel album. C‘est sur son côté fantaisiste que Nour nous laissera : empruntant l’escalier pour monter parmi le public, elle nous donne la solution universelle, « Je pense à tes fesses », à tous nos soucis : dettes, absurdité de la vie moderne et des relations sociales, ennui, voire théories de fin du monde. Grande chanson à géométrie variable et à rimes attendues mais non dites, à dépouille, à sudoku, à annu-laire, à s’ex-citer…, dans la plus grande tradition de la chanson coquine début de (XXe) siècle.

A suivre l’article sur Tom Poisson

Pour écouter l’album Après l’orage (2017) c’est ici. Pour le commander sur son site c’est là. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Nour c’est ici.  

Nour est en concert le vendredi 10 janvier 2020 au Havre à la Causerie. Autres dates sur sa page facebook.

Vol au vent
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LE PETIT DUC EN 2020

LE PETIT DUC EN 2020

La soirée de présentation de saison le 23 septembre nous avait permis d’apprécier la nouvelle entrée pignon sur rue, La Forge, aménagée en chaleureuse salle d’accueil, bar, salle d’exposition, conférences, rencontres…. Nous n’attendrons plus dehors le début des spectacles ! Une saison présentant une moitié de programmations jazz, et une moitié chanson aussi bien de France que du reste du monde, Amérique latine, Méditerranée, Pays anglo-saxons…
Des programmations mais aussi des résidences, des productions, des scènes ouvertes, des participations aux festivals (Mômaix, Festival Jazz sur la ville…) et l’association au collectif « Cap jazz au Sud »
Le secteur social se mêle à la culture, avec La journée des Aidants, des actions sur l’Autisme, pour la bio-diversité ou en faveur de la Petite enfance, et la Culture solidaire avec divers partenariats publics ou privés. Egalement avec l’Université Aix-Marseille (Etudes sur la chanson, conférences) et France Bleu Provence pour l’émission L’aïoLive.
Les ateliers concernent le chant (sous forme de stage), la Rigologie, les Stages d’Harmonie, le Chant périnatal et le Piano-Autisme. Enfin des ateliers en service gériatrique ou en EPHAD utilisent la Chanson comme lien de mémoire.
Après les mois d’octobre consacrés au jazz et musiques/chansons du monde, le premier spectacle de chanson francophone était ce co-plateau à parité entre la chanteuse Nour, et Tom Poisson que NosEnchanteurs connaît bien.

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