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Entrer en Beaucarnie, dans l’univers de Julos…

Julos Beaucarne (photo Anne-Marie Panigada)

Julos Beaucarne (photo Anne-Marie Panigada)

L’histoire se passe en Provence, en 1990 je crois. A cette époque, je fais de la radio et j’ai le projet de devenir journaliste, tout en commençant à écrire mes premières chansonnettes. Le technicien sort de sa discothèque un 33 tours avec un drôle de type en photo. Il porte un pull arc-en-ciel, sourit et se tient les oreilles avec les mains, tandis qu’au-dessus de sa tête on aperçoit des statuettes terriblement étranges. J’entends alors une guitare, puis une voix chante : « J’ veux te raconter Kissinger / L’histoire d’un de mes amis / Son nom ne te dira rien / Il était chanteur au Chili… »

Je viens alors d’entrer en Beaucarnie, l’univers poétique et musical de Julos Beaucarne. Depuis, à travers chaque disque, chaque spectacle, chaque livre, il n’a cessé de me surprendre. La saveur des mots, leur densité, leur couleur, leur sens, leur son, Beaucarne ne cesse de les offrir, mais aussi de les défendre. 

C’est ce Julos-là que Nelly Gay nous fait partager dans sa biographie Il faut s’aimer à tort et à travers, tout récemment publiée par l’éditeur belge Luc Pire. Mais, plus qu’un simple récit chronologique de la vie et du parcours de l’artiste, ce document passionnant ressemble vraiment à l’homme et à ses livres. Ainsi, il est entrecoupé de photos, de citations, d’extraits de chansons, de dessins, comme l’a toujours fait Julos.

La poésie, l’engagement, l’absence médiatique, la spiritualité, l’écologie, le vélo, le wallon et la francophonie, les objets détournés, sont autant de thématiques abordées à travers les conversations entre Nelly Gay et Julos Beaucarne, qui sont amis de longue date, comme la 4ème de couverture le précise. De l’amour et de l’amitié, il en est beaucoup question dans le livre. Bien sûr, Loulou, la compagne arrachée à la vie de Julos, y est omniprésente, mais aussi Barbara d’Alcantara, merveilleuse interprète des chansons de Beaucarne.

(pour commander ce livre, cliquer sur la photo)

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Anne Sylvestre vient de partir dans l’outre-pays, comme le dirait si bien Julos, après Graeme Allwright et Juliette Gréco. C’est une génération d’immenses précurseurs qui s’en va peu à peu. Nous savons, notamment grâce à Nos Enchanteurs, que la relève est assurée, dans un silence médiatique assourdissant. Julos ne chante plus et n’écrit plus. Mais il reste bien présent pour les artistes d’aujourd’hui, j’en veux pour preuve le très beau CD Ils chantent Julos Beaucarne (2008, réédité en 2009 par Le Chant du Monde), avec Jofroi, Gilbert Laffaille, Serge Utgé-Royo, Christian Merveille et même Pauline Julien et Claude Nougaro.

A vous mes beaux messieurs, Carnet d’adresses, Ils supprimeront les fusils à répétition et, bien sûr, la Lettre ouverte de Julos Beaucarne, restent des chansons et des poèmes tellement actuels. La poésie de Victor Hugo, Francis Jammes, Claude Roy, Anna de Noailles ou Max Elskamp, à travers les si belles mélodies de Julos, dépassent les frontières et les générations. Comme il l’écrivait lui-même toujours à propos de la grande Anne dans son excellent livre sur Brel, n’oublions pas que notre cher Julos est toujours vivant et que nous pouvons toujours l’écouter et le lire grâce à ses ouvrages et disques. Nous sommes toutes et tous des radios libres absolument incontrôlables par l’Etat. Nous pouvons émettre dans le monde entier et même au-delà.

 

Julos Beaucarne, Il faut s’aimer à tort et à travers, biographie par Nelly Gay, préface de Philippe Delerm, Editions Luc Pire, septembre 2020, 159 pages. La page Facebook de la Julos Beaucarne fondation, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Julos Beaucarne, c’est là.

Le petit royaume : Image de prévisualisation YouTube

Lettre à Kissinger : Image de prévisualisation YouTube

Le talent de mélodiste de Julos sur ce poème de René Char, Complainte du lézard amoureuxImage de prévisualisation YouTube

2 Réponses à Entrer en Beaucarnie, dans l’univers de Julos…

  1. Jean Pierre GLEIZE BOURRAS 3 décembre 2020 à 12 h 19 min

    Bonjour,
    Comme Henri Gougaud.
    C’est aussi un merveilleux conteur…il faut écouter « la figue et le paresseux « .
    Et la douceur du prénom…Julos…le rêve…
    C’était il y a longtemps…en Belledonne …

    Répondre
  2. Marquet 6 décembre 2020 à 22 h 50 min

    Ce livre est une merveille ! Que ce soit les textes de Julos, les interviews, les photos. On retrouve exactement la personnalité de Julos, ses talents, son univers, son combat éternel pour la paix, l’amour, la liberté. Un grand merci à Nelly Gay !

    Répondre

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