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Morice Benin, 1947-2021

Morice Benin (photo publiée sur Wikipédia)

Morice Benin (photo publiée sur Wikipédia)

Il y a la chanson que l’on sait, cette variété parfois avariée, gros labels et télé à satiété. A sa marge, il y en a une autre, riche et foisonnante, de plus en plus privée de visibilité : NosEnchanteurs la promeut tant qu’il peut. A la marge de cette marge, il y a d’autres fous encore, d’autres poètes, des maquisards. Je ne sais s’ils sont plus poètes que d’autres mais il me semble qu’ils rêvent plus encore. Parmi eux, il y a Benin. Morice Benin, une subdivision de la chanson à lui tout seul. En autosuffisance, autosubsistance. Rétif même aux rares médias qui s’intéressaient encore à lui…

Dire qu’en 1967 son premier disque, Rage de dents, un 45 tours, fut signé avec Barclay. C’était une erreur mutuelle, qu’à la faveur de mai 68 Benin dénoncera, fuyant Paris et pour toujours le chaud biz : Maurice Bénin (c’était alors son nom francisé : il est né Moïse Ban-Haïm, à Casablanca) ne pouvait être le Postulant idole que l’industrie discographique attendait de lui. Lui est bien trop entier pour être malléable, d’un autre idéal que celui de la ruée sur les disques d’or en récompense d’une parole aseptisée, normalisée. « Postulant idole / Dans ta tour d’ivoire / Même si t’as quelque chose à dire / Faut qu’tu passes par le même canal / Si t’as pas le bon profil / T’as aucune chance dans la course aux images / Les radios te roteront leur mépris général ».

N’empêche que Peut-être, son premier 33 tours, en 1974, artisanal, autoproduit, se vendra à plus de cent mille exemplaires (non certifié, il se sera jamais disque d’or, et pourtant), en des lieux insolites et militants, comme sur le plateau du Larzac, là où les luttes entre autres écologiques se développent, où naît une contre-culture, plus encore une permaculture d’audaces et d’idées.

Bénin n’aura dès lors de cesse de développer ses chansons existentielles, périodes mystiques incluses, et poético-libertaires : une œuvre foisonnante de plusieurs dizaines d’albums (entre albums originaux, cassettes, collections, compiles, stages, spectacles et disques par et pour les enfants, difficile de dénombrer exactement) à distribution intimiste, comme pour faire contrepoids à cette société où il est si facile de tout avoir.

A la marge, Benin (son nom s’est vite « désaccentué »), tant qu’il fut possible pour le public d’évoluer en chanson sans nullement le connaître, juste en avoir entendu parler. Non qu’il fut d’une société secrète, interdite aux non-initiés, mais aller à sa rencontre, découvrir son œuvre supposait une démarche plus forte encore, filiation et fidélité incluses. Les nombreux stages qu’il animait renforçaient plus encore ce sentiment.

L’œuvre est foisonnante, qui régulièrement fait large et agréable place à plus poète que lui (René-Guy Cadou, Rainer Maria Rilke, Khalil Gibran, Christian Bobin, Luc-Marie Dauchez…) et se permet souvent de superbes reprises (Jacques Brel, Anne Sylvestre, Djamel Allam, Bruno Ruiz, Philippe Forcioli…).

Ni anthologies ni dictionnaires de la chanson ne font et ne feront mention de Morice Benin, comme s’il en était un paria : il est pourtant une des figures les plus originales, les plus attachantes, les plus authentiques de cet art. Il faut approcher l’œuvre et l’art de Benin pour s’en faire une juste idée, pour frôler cette poésie dense mais essentielle, pour y prélever des mots, des sons, des réflexions, beaucoup d’émotion. La chanson ne le saura pas forcément (du reste la chanson s’en fout), mais elle vient de perdre une de ses plus attachantes personnalités, un de ses plus beaux et intègres artisans. Seuls ceux qui savent le sauront.

Michel KEMPER

Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est ici.

« Les pays n’existent pas » : Image de prévisualisation YouTube

« Sémaphore » : Image de prévisualisation YouTube

23 Réponses à Morice Benin, 1947-2021

  1. Eric Frasiak 20 janvier 2021 à 10 h 01 min

    Merci Michel pour ce bel hommage. Un homme de conviction, un poète, un faiseur de chansons s’en va. Tristesse ❤

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  2. Francis Panigada 20 janvier 2021 à 10 h 02 min

    J’ai peu suivi son oeuvre mais j’avais choniqué sur « Chantessonne » plusieurs de ses albums dont des coups de coeur ». J’ai eu l’occasion de le rencontrer. je pense fort à mon amie Yolande Bono qui travaillait avec lui, à plusieurs ami(e)s pour qui il était un être cher. Une tristesse partagée.

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  3. David Ruellan 20 janvier 2021 à 10 h 50 min

    Alors là, 2021, je dois dire que tu me déçois beaucoup. Je pensais bêtement que tu apporterais un peu d’espoir, mais tu fais tout le contraire. Le mois de janvier n’est pas terminé que tu nous enlèves encore une source de réconfort, un immense chanteur, une voix unique… tout ça le même jour. Tu as intérêt à te ressaisir, 2021, parce que si tu continues comme ça nous allons perdre « la saveur du jour » comme l’écrivait celle dont Môrice Bénin saluait le 2 décembre la « lumineuse empreinte »…

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  4. Tocade 20 janvier 2021 à 10 h 57 min

    Texte très juste…merci de cet hommage
    Il le chantait lui même dans un des ses 33tours de ses premières années « on va tous crever disait l’artiste « …hélas.

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  5. Guy Lucas 20 janvier 2021 à 11 h 05 min

    Un grand artiste à la belle humilité et d’une humanité sans bornes . Je l’avais découvert avec son album « C’était en..  » sorti en 76 . Rencontré vers 2014-2015 au théâtre de la petite Chimère à Lorient je garderai de lui le souvenir d’un homme d’une extrême gentillesse et à la plume si fine . L’homme est parti, je suis triste, mais ses mots vont rester et nous nourrir de par leur profondeur . Une pensée pour sa famille et ses ami(e)s proches ..

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  6. NosEnchanteurs 20 janvier 2021 à 11 h 07 min

    Lu sur facebook cet hommage du chanteur Louis Arti :

    C’est une triste nouvelle pour nous tous qui avons vécu cette bourrasque d’espoir soulevée par de tels artistes créateurs comme Morice Benin. Nous nous étions souvent promis de nous rencontrer mais ce ne fus qu’un vœux pieu. Toutes mes pensées tendres et poétiques vont vers la famille et les amis de Morice. Fidèlement, Louis Arti.

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  7. ALCAZ (Jean-Yves Liévaux Viviane Cayol) 20 janvier 2021 à 11 h 52 min

    Au fil de ses plus belles cordes son mouvement vers la Paix, une âme un coeur, tu voix un compagnon pour de vrai.
    La vie va.
    Et plume.
    Viviane et Jean-Yves

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  8. Arcile Bernadette 20 janvier 2021 à 12 h 25 min

    Je n’avais pas pensé que Môrice pourrait mourir… C’est pas tout à fait faux… il va continuer de vivre en chacun de nous.

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  9. Jean BODART 20 janvier 2021 à 12 h 34 min

    C’est avec grande tristesse que j’ai appris hier soir le décès de Morice Benin…
    du Foyer des jeunes travailleurs de Roubaix en 1971 où je te voyais pour la première fois avec Luc D’Argies, puis au Larzac, puis à la Cave aux Poètes, puis ce concert partagé à Hellemmes, puis ton passage à la Boîte à Musique à Lille, puis à Grande-Synthe, puis à Liévin et tant de fois où nous nous sommes croisés en fraternité, Morice tu vas nous manquer…

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  10. Marie-Pierre Ducret 20 janvier 2021 à 12 h 51 min

    Très très très triste! Mon chanteur préféré depuis que j’ai 15ans, je l’écoutais justement en boucle dernièrement dans ma voiture…mon grand regret : ne l’avoir jamais vu en concert live! Paix à son âme! Un Grand poète- philosophe nous quitte!

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  11. Georges Latrive 20 janvier 2021 à 13 h 14 min

    Un de plus dans la série de 2020 ! J’ai des souvenirs qui remontent après des partages personnels d’amitiés avec Môrice !
    Je suis triste et j’espère que la liste va s’arrêter ! On va juste réécouter la richesse des textes de cet auteur.
    Pour l’anecdote, au début de sa carrière, Môrice vendait ses disques 33 tours, le disque d’un côté et la pochette de l’autre !

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  12. Michel Trihoreau 20 janvier 2021 à 13 h 50 min

    Outre son œuvre personnelle remarquable, Morice fut aussi un excellent interprète de René-Guy Cadou (2 ou 3 CD aux Éditions du Petit Véhicule) et également de Léo Ferré.

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  13. Bruno 20 janvier 2021 à 15 h 19 min

    Abominable nouvelle… Morice est dans mon top 3 de la chanson aux côtés de Ferré et de Dylan…
    47 albums dans mon juke box.
    Beaucoup de souvenirs de concerts entre amis chez l’habitant. Fraternité et humanité, maîtres mots.

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  14. NosEnchanteurs 20 janvier 2021 à 16 h 02 min

    Lu sur facebook cet hommage du chanteur Bruno Ruiz :

    Môrice est une des plus belles personnes qui m’ait été de croiser dans ce métier. Il avait le sens de l’autre. De l’être ensemble. Dire que c’était un interprète merveilleux serait très réducteur. C’était un amoureux de poésie. Une poésie charnelle, debout, sensible. Une poésie qui résiste sans le dire vraiment, mais qui porte chaque fois une clef d’espérance même à ceux qui ont renoncé un jour à croire en quelque chose. Lui qui avait su garder « une foi de charbonnier », titre de son prochain et dernier disque qui doit paraître ce mois de mars. Lui qui aura tracé une route incomparable dans la marge de la chanson marginale. Lui qui aura été une haute présence dans l’histoire de la chanson. De ces chanteurs à l’écriture foisonnante, irrégulière et inégale parfois, mais qui sonnait en nous comme chante la vie, cette vie qu’il n’aura jamais cessé de célébrer d’une façon fulgurante et toujours généreuse. Car généreux il le fut chaque fois qu’il montait sur scène. Inlassablement. Il savait nous envahir de sa voix. Nous envelopper d’une chaleur communicative. Toujours en quête de nouveaux rayonnements humains, associatifs, toujours à l’affût de communions fortes. Je pense à lui ce soir, à sa famille, à Hugo, à tous ses merveilleux enfants. Je pense à tous ceux qui ont un jour croisé sa vie, à Dominique son fidèle comparse de scène, à tous ceux et celles qui ont partagé sa vie intime, ces combats, ses aventures. Il aura été aussi l’un des très rares chanteurs à célébrer quelques-unes de mes chansons, à leur donner une autre vie, une vie qui faisait de nous des frères de chant. Ce soir, il y a une petite lampe tenace au milieu du grand froid. Elle illumine le plateau du Larzac. C’est la sienne. Nous la tiendrons allumée longtemps dans nos cœurs.

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  15. NosEnchanteurs 20 janvier 2021 à 17 h 48 min

    Lu sur facebook ce témoignage de Cristine Hudin :

    Je vous reviens, à peine sortie d’une longue peste, qui m’a privée de tout, depuis le 5 décembre… je reviens, et voilà…
    Morice est parti… Je me souviens de lui, ce devait être au siècle passé, Morice cherchait une production pour son disque « Vie vent ». Il arrive à Paris, sa musette en bandoulière et file chez son attaché de presse, notre ami Éric Durand, et lui fait part de ses souhaits. Éric m’appelle, on se voit très rapidement et moi, honorée, j’écoute la maquette que Morice me confie. Sous le charme, j’accepte, bien sûr. Et nous construisons un bien beau dossier de production et de promo de la sortie de ce disque. 2000, le disque sort… Plaisir de faire quelques radios avec Morice, Jacques Rousselle, Serge Le Vaillant, quelque part dans la nuit, sur France inter, Morice radieux, comme un môme… Nous choisissons la Maroquinerie à Paname, pour fêter la sortie de l’album (je nous revois dans le bureau du directeur ; lui, vissé à sa télé, foot oblige, nous lui demandant de régler un détail pratique rapidement, le spectacle commençant deux heures plus tard. Le dirlo ne nous regarde pas. Entend-il ? Je m’apprête à pousser ma gueulante… Morice, très zen, m’arrête et me dit : « viens, pas grave, on fera sans lui… » Et c’est ainsi qu’on a fait !) Dans un deuxième temps, nous réservons l’Européen pour deux soirées… Bonheur (l’accueil de l’équipe d’alors : magnifique !).
    Je me souviens de Morice, comme un gamin, chez lui au théâtre, comme un poisson dans l’eau sur scène, ses pieds nus… Par la suite, on s’est croisé bien souvent, dans des coulisses pour des plateaux partagés et de belles causes à chanter ou dans des théâtres où je l’accueillais, Vingtième théâtre, Clavel…
    Je repense aussi à la première fois que je l’ai vu et entendu, à la fête du PSU, en américaine de Rocard… La même magie, le même transport, Morice, léger, une plume volant au gré du vent… Vie vent. Je me souviens de toi, Morice, vivant.

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  16. Nicole Moussier 20 janvier 2021 à 18 h 02 min

    Je connaissais Morice depuis une vingtaine d’années, mais ça faisait plus de quarante ans que j’écoutais ses chansons. Ses vinyles d’abord, puis ses CD et livres ont toujours trouvé place sur mes étagères. Son départ est une perte immense pour la chanson française. J’ai participé à plusieurs de ses ateliers de création de chansons et autres « chants sourciers ». En plus de sa créativité, de sa voix magnifique, Morice était un excellent pédagogue qui, avec son immense générosité, ne laissait personne sur le bord du chemin. Ses concerts étaient des rencontres précieuses où l’on se laissait happer par sa poésie et son charisme.

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  17. Catherine Laugier 20 janvier 2021 à 19 h 52 min

    J’ai eu la chance d’assister à un concert de Morice Benin à la Cave aux Artistes à Aix-en-Provence en février 2017, accompagné par Dominique Dumont, et de le rencontrer autour d’un buffet convivial en fin de spectacle. Quarante ans de chanson et quarante albums originaux, nous avait-il confié. Il nous avait parlé de sa femme, la mère de son petit dernier, six ans à l’époque, de son fils Hugo, toujours à ses côtés artistiquement. De l’amour, de son pays d’origine, de ses engagements, de son espoir contre Trump – qu’il a dû avoir le dernier plaisir de voir désavouer – cet espoir qui tient dans les éclaireurs de l’humanité. Dont je pense qu’il était.

    Il avait chanté notamment, des chansons de ses deux derniers albums, Infiniment (2014), et Inespéré (2017), en préparation à l’époque, et terminé par ce titre, La mort sûre : « Car tout ce qu’elle va te révéler / C’est l’amour que t’auras semé ». Voir la chronique du 15 février 2017.

    Entre-temps, l’infatigable créateur a publié L’air de rien, en 2018, et Juste l’heure, autofinancé en avril 2020, qu’il chantait en mars 2020 en concert chez l’habitant : « Nouvelles chansons comme autant de petits cailloux parsemés sur le chemin, nous invitant au sursaut et à la résilience devant l’état du monde. Avec l’humour et la distance nécessaires. Chansons aussi impulsées par une flamme de poésie et d’épure… ».

    Je lui avais acheté un petit opuscule, La vie, absolument, sous-titré Journal d’un saltimbanque, illustré de photos et de tableaux, publié en 2016, avec des textes et des citations de poètes aimés ou de certaines de ses chansons:  « Je m’en vais, comme on prend la mer, justement / Et je me glisse même dans la bouteille (…) J’ai le sentiment qu’après ça / Nous n’allons pas nous perdre de vue ».

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  18. Courbon 21 janvier 2021 à 7 h 21 min

    Môrice j’étais minuscule quand mes parents passaient « Je vis » et beaucoup d’autre de tes œuvres, à 4 ans je chantais Benin comme mes copines chantaient 3 petits chats, avec innocence mais t’es œuvres ont fait leur chemin dans ma conscience.
    Elles m’accompagnent depuis et ne me quitteront jamais.
    Tu vis à travers elles.
    Dis bonjour à mon papa Jacky qui est parti au mois d’août d’un raz le bol insoignable.
    Ensemble nous te chantions en grattant nos guitares.
    Ma mère Loulou ne sait pas encore que tu es parti et souhaitait t inviter dans son village à Rouziers.
    Elle t’adore et va tellement être triste.

    On se retrouvera forcément quelque part c’est obligé.

    À bientôt Môrice…..

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  19. Solange Fernandes 21 janvier 2021 à 12 h 01 min

    « On va tous crever disait l’artisse, ah mais non mais non dirent les saucisses… » Encore un bon qui s’en va. J’ai eu la chance de le voir y a pas très longtemps.

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  20. Marie-Hélène MILLERIOUX 21 janvier 2021 à 18 h 23 min

    Je suis tellement triste… Morice m’a tant inspirée… Sa poésie, son engagement, sa majestueuse façon de DIRE, de SENTIR et FAIRE SENTIR vont nous manquer si fort… Et ce concert buissonnier que j’espérais mettre en oeuvre… Sa foi de charbonnier va nous accompagner bientôt…et nous saurons en faire quelque chose… Môrice, MERCI

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  21. Serge JOSEPH (Les Baladins) 21 janvier 2021 à 19 h 25 min

    Avant-hier, j’apprenais le décès de Morice, une nouvelle tellement inconcevable pour moi qui appréciait l’homme rebelle, sincère, tellement humain, et tenace dans ses convictions. J’appréciais tout autant son talent de conteur, de chanteur, de poète, qui a mis en musique et chanté René-Guy Cadou, Jacques Salomé ou encore Joseph Rouzel, entre autres… Des années « Larzac » à ses « chants buissonniers », le large public de ses débuts s’est amenuisé avec le temps, mais, se nourrissant quotidiennement du vieux proverbe chinois « Ne vous affligez pas de rester méconnu des hommes, mais travaillez à vous rendre digne d’être connu », Morice n’a eu de cesse d’accomplir ce travail d’éveil des consciences.

    A la création des Baladins en 1996, à une période où la plupart des chanteurs de « non variété » avaient eu leur traversée du désert des années 80, Morice a été invité dès la première saison (le 15 mars 1997), programmé avec « Concurrence Déloyale », Anne Vanderlove et Claude Besson. Que de beaux souvenirs… Il a été ensuite invité à 4 reprises en octobre 2003, novembre 2006 (pour les 10 ans des Baladins), octobre 2014 (premier concert à la Ferme du Charmois à Vandoeuvre) et en février 2019 (première « Rencontre en chanson » qui ne portait pas encore ce nom).
    La tristesse m’a envahit durablement…

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  22. POULAIN Marie-No 24 janvier 2021 à 16 h 13 min

    De retour de Die, après le départ (physique) de Morice. L’impensable, surréaliste, brutal même s’il nous y avait préparé. Oui, il chante après sa mort et éternellement. Il nous laisse un si généreux héritage, une oeuvre immense, riche, forte, accompagnant chacun de nos combats, chacune de nos émotions, un réconfort de tous les instants. Voilà 40 ans d’amitié fraternelle, 30 ans de complicité-concerts, quelques vacances riches et chaleureuses, des courts séjours-étapes au quotidien sacré, une si magnifique lignée, flèches tendues vers l’infini, digne transmettrice de leurs racines. Il y a semé ses graines poétiques et musicales, sa générosité. Au delà de son amour des mots, je retiens l’homme-arbre aux pieds nus ancrés dans la terre-mère, l’homme-oiseau esprit et âme lancés vers l’essence-ciel, le buisson ardent qui nous réchauffe de sa lumière. Nous sommes riches de sa nourriture qui continue à alimenter nos engagements, nos combats, nos émotions. Avec lui, nous restons lucides, visionnaires, déparasités de l’inutile, du superficiel. Merci Morice de rester aussi présent, tu as planté ton éternité et tu resteras un réconfort de tous les instants, un rappel permanent de toujours garder notre esprit libre, sans frontière, sans jugement, en alliance avec le vivant, en harmonie fervente avec nos semblables.

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  23. NosEnchanteurs 25 janvier 2021 à 19 h 33 min

    Témoignage de Jean Lavoué :

    Voici la lettre adressée en 2015 à l’ami Morice Benin à propos du manuscrit qu’il m’avait partagé : « La vie, absolument. Journal d’un saltimbanque ». Il souhaita garder ce texte comme préface à son livre.

     » J’ai beaucoup aimé te lire, Morice, te retrouver avec toute la ferveur de ton engagement pour faire grandir l’humain dans toutes ses dimensions.

    Il y a beaucoup de tendresse derrière ta rage de voir le monde aller comme il va…
    Et beaucoup de confiance et d’espérance aussi.

    C’est un très beau livre de vie que tu te prépares à partager
    à tous tes amis connus et inconnus.
    Comme à ceux qui ne te connaissent pas encore et découvriront
    avec ce livre cette belle parole d’homme accordé au vivant.

    Je l’ai lu en marchant et pu éprouver ainsi le rythme de ta poésie amoureuse.
    Ce bel hommage à la femme et à la part de féminin déployée
    que tu assumes comme le plus vif de ton être et de ton écriture…

    J’ai aimé « ton regard pour trouver Dieu sans le nommer »
    et te savoir « de ceux qui se cachent pour prier. »

    J’ai aimé ton tendre et bel éloge de ta femme bien-aimée, de tes enfants,
    d’Hélène Cadou… de tous ces lieux d’amour
    et de beauté où s’ancre ton poème.
    J’ai d’ailleurs trouvé que celui-ci ne cessait d’aller s’amplifiant
    tout au long de la lecture.

    Avec en filigrane la belle présence de Christiane Singer,
    comme un viatique, une bénédiction pour la route.

    Je suis très heureux du chemin qui s’ouvre à présent
    pour « La vie, absolument »… »

    Je pourrais, malgré la peine, encore écrire ces mots aujourd’hui, cher Morice.
    Je suis confiant de te savoir toujours accompagné par tant de présences aimées
    vers La vie, absolument…

    Jean Lavoué

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