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Tai Luc « La fille de Londres »

TAI LUC 2007 Juke Box(…) Un Chinois est sorti de l’ombre
Un Chinois a regardé Londres
Sa casquette était de marine
Ornée d’une ancre coraline
Devant la porte de Charly
A Penny Fields,tu lui as souri,
Dans le silence de la nuit
En chuchotant tu lui as dit :
Je voudrais je voudrais je n’sais trop quoi
Je voudrais ne plus entendre ma voix
J’ai peur j’ai peur de toi j’ai peur de moi (…)

Tai Luc (10 août 1958 – 01 décembre 2023)

Poème Pierre Mac Orlan, mis en musique par V. Marceau (Marceau Verschueren). Extrait de l’album « Juke Box », 2007

Cette chanson surréaliste a été interprétée par Germaine Montero, Catherine Sauvage, Juliette Greco, Monique Morelli, Sanseverino…

Français né d’un père vietnamien et d’une mère française à Suresnes, Nguyen Tan Tai-Luc vient de décéder des suites d’un asthme grave. Bouquiniste depuis 2017, il avait pris une part active à la lutte contre le déplacement des bouquinistes à l’occasion des Jeux Olympiques 2024, qui risque de leur porter un coup fatal, et avait entrepris de déménager chez lui ses livres, vinyles et revues rares underground, celtiques et orientales. L’effort du déménagement a semble-t-il eu raison de l’artiste asthmatique.

Fondateur en 1976 du groupe de rock-punk, incluant au fur et à mesure des influences dub-reggae, soul, jazz, La Souris Déglinguée (ça donne LSD) il publie une quinzaine d’albums tous en français, sur les rapports sociaux, le regard porté sur les étrangers et la révolte de la jeunesse, dont les chansons se nomment Jeunesse de France, de partout et d’ailleurs, Jaurès -Stalingrad, En France, Une cause à rallier, Partie de la jeunesse, Aujourd’hui et demain, La cité des anges (Bangkok), Banzaï et Tambour et soleil (de deux albums éponymes de 1991 et 1995 dénonçant tous les abus, politiques ou sexuels, minant l’Asie)…  À partir de 1996 il mène en parallèle des études linguistiques et devient enseignant à L’Institut national des langues et civilisations orientales. En 2015 le groupe donne un concert à l’Olympia pour leur dernier album de 2014, Les toits du Palace, dont il est possible d’écouter un enregistrement

C’est en 2007 que Tai Luc enregistre en solo un disque très intéressant, reprenant des standards américains (celui d’Hank Williams s’enchaîne à une adaptation d’une chanson traditionnelle birmane), country notamment, avec cinq belles reprises de Lou Reed, Pale Blue Eye, Perfect day, Sunday morning dont deux bilingues, Run Run Run et Femme fatale, une adaptation bilingue également d’Al Dexter, Pistol Packin’Mama, deux instrumentaux dont La Bohème d’Aznavour. Et puis trois pépites de la chanson populaire française de bon aloi qu’il s’approprie avec talent, Julie la Rousse, Le temps des cerises et donc cette Fille de Londres. Enfin cette chanson satirique et désabusée mais pleine de tendresse, sans doute autobiographique, Tu voulais (Grand-Père)  « … que ton petit fils ait des lectures correctes / Pas d’illustrés capitalistes mais seulement Pif Gadget / Tu lui parlais de Vladimir, de Boris et Joseph / Mais jamais des autres, c’était des social-traîtres ».

Toutes les influences tant musicales que littéraires de l’adolescent révolté devenu un sage, voyageur et lettré, sans rien perdre de son indépendance d’esprit. Ça commence par Haine, haine, ça finit par Poussière de la vie, dédiée à une sirène abusée de Bangkok. « Mais dans une prochaine vie tu pourras peut-être choisir ». Et retour à La cité des anges

Entonnons J’aimerai toujours cette musique en sa mémoire… Ça bouge un peu !

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