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Chants Ouverts 2026 : l’immense beauté par Gyslain N

 

Gyslain N sur la scène de Chants Ouverts (photos Jonas Graphisme)

Gyslain N sur la scène de Chants Ouverts (photos Jonas Graphisme)

2 mai 2026, festival Chants Ouverts, mairie de Saint-Vincent-de-Durfort,

 

Nous reprenons le récit de ce petit et exemplaire festival de Saint-Vincent-de-Durfort, en Ardèche. C’était le week-end du premier mai, deux jours denses où se sont succédés scène ouverte, spectacle jeune public avec Zouick, conférence (sur l’étonnant aventurier de la chanson qu’est Bernard Lavilliers) et concerts (trois par jour), tant sous le chapiteau que dans la salle de la mairie. Et une déception, qui s’est muée sur l’instant en une surprise de taille…

 

Sur le programme – on s’en faisait joie – était annoncé « Mehdi Krüger ». Patatrac, fâcheux contretemps, empêchement, et voici que le festival, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, doit changer de fusil d’épaule, se dégoter un autre artiste. Qui donc a suggéré le nom de Gyslain N. à Robinsonne, la programmatrice, qui a eu si belle et lumineuse idée ? Elle même ne le connaissait pas.

Bravo au public qui est venu pour Mehdi et sans sourciller a accepté le troc, sans nullement connaître en quoi que ce soit Gyslain, le remplaçant. Que voici sur scène, bandana bleu, tee-shirt blanc et béret rouge, bel élan patriote pour celui dont le dernier album (la critique de ce CD est ici) s’intitule Rois de France. Rémi Tchango, son fidèle partenaire, est au piano.

Il vient à peine d’entrer en scène que la salle l’adopte, l’adoube, lui et son constant et incroyable sourire à faire jaillir de l’eau, ses yeux émerveillés, ses mains… Et sa poésie d’enthousiasme, si bien servie par une diction parfaite, par des mots d’encouragement, d’engagement, de concorde.

C’est mi slam mi chanson que Gyslain N. dit son amour à douce France et chante sa citoyenneté. « Chère terre de France, tu m’habites depuis l’enfance / J’arpente ton pavé, jonché d’une histoire où lutte et joie font face à violence et souffrance ». Et soupèse cette chance : « Si j’avais grandi en Afrique, est-ce que je serais devenu un de ces migrants qui coulent dans les eaux de la Méditerranée ? »

Gyslain N 2Et s’en va chercher dans le passé comme au présent, dans le regard d’autrui aussi, l’histoire et la réalité de sa couleur de peau. « Je suis un étrange étranger, dans une époque étrange / Je charrie des rêves esseulés que le réel dérange… » Sans haine, avec le recul de l’historien et du poète qu’il est. Son propos est passionnant, qui captive l’assistance, jusqu’aux gamins au premier rang qu’il fait même chanter. Nous sommes comme lui, à chercher « un pays idéal pour mes émotions, mes vagues à l’âme, mes convictions, mes bonnets d’âne, mes consécrations, mes rêves d’enfants, mes abandons… » C’est dire si ses mots nous touchent, si chacun de nous peut y prélever ce qu’il pense être dû, ou doute. Si nous aussi nous sommes ce « Petit humain [qui] cherche paradis perdu »

Gyslain N a ce don de réveiller en nous une affirmation et des désirs, des rêves peut-être : ça doit être ça, un poète…

Seule reprise de ce récital, le fameux Pata Pata de Miriam Makeba, superbe interprétation que le public reçoit comme un cadeau tiré d’un patrimoine commun.

Gyslain N n’aura fait qu’une brève apparition à ce petit festival. Le temps de nous enchanter au-delà des mots, de signer quelques disques dès la librairie rouverte que le voilà reparti. Il restera dans la mémoire du festival.

 

Le site de Gyslain N, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

 

« Tout à l’amour » : Image de prévisualisation YouTube

Gyslain N, reportage sur France 24 : Image de prévisualisation YouTube

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