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Chants Ouverts 2026. La Baronne : réinventer le feu !

 

La Baronne sur la scène de Chants Ouverts (photos Jonas Graphiste)

La Baronne sur la scène de Chants Ouverts (photos Jonas Graphiste)

Vingt ans d’exil au Québec nous ont fait un peu, beaucoup, oublier Sylvie Cobo, notre Baronne, la flamboyante. Qui jadis s’est taillé dans l’Hexagone une réputation enviable, grandissante, dévorante.

Revenue au pays, la ripagérienne (native de Rive-de-Gier, dans la Loire) est désormais relativement inconnue. On ne sait plus rien d’elle, surtout pas son grand talent. Si on peut déchanter à voir certains artistes, avec elle on se réenchante. Ici comme ailleurs, en l’occurrence dans cette petite salle de mariage de Saint-Vincent-de-Durfort, ce fut flamboyant hymen entre la chanteuse-batteuse et le public qui ne la connaissait pas l’instant d’avant. Elle a clos ce festival d’un indescriptible tourbillon d’amour. Indescriptible ? Tentons quand même quelques mots, forcément dérisoires.

Dans cette salle étroite, à la jauge modeste, voir sur scène une batterie est incongru. Que surgissent des fumées en fond l’est tout autant. Mais, pour avoir vécu en deux jours tant d’émotions si différentes, on peut s’aventurer dans l’inconnu, dans l’étrange, dans l’incroyable qui nous arrive.

La Baronne 3Elle, c’est Sylvie Cobo. Elle nous expliquera l’origine de ce surnom devenu son blase, qu’est La Baronne. « Ta beauté électrique / Rouge comme un cirque / C’est du venin / Contre lequel on ne peut rien / Ta beauté admirable / Ta beauté détestable / Comme un point lumineux / Un poing sur la table... » Ses longs cheveux ondulés lui sont parure, sa beauté, son sourire en feraient presque une sirène : « À la poursuite des mécréants amers pour les jeter dans l’abîme / Les sirènes crient des cris de guerre arrachés aux barbares… » À l’entendre chanter c’est autre registre, nouveau bestiaire : c’est un fauve que voici !
Ce sera ce soir répertoire de chansons d’amour. Étrange et fascinant de débuter ce récital par une reprise de Thiéfaine : « Les joyeux éboueurs des âmes délabrées / Se vautrent dans l’algèbre des mélancolies… » Superbe. Bien sûr La Baronne chantera Cobo, mais peu (avec cependant, au final, le fameux, car incontournable, Les P’tits bars, sans quoi La Baronne ne le serait pas tout à fait), privilégiant d’autres auteurs qu’elle : Robert Desnos, Charles Baudelaire (Réversibilité, musiqué par Murat, extrait de l’album Dolorès), ses amis Pierre Grosz et Pascal Mathieu*. Et Brassens pour une succulente mise en bouche de La Complainte des filles de joie. Mais aussi des auteurs québécois : Julien Gagné, Antoine Marquet, Sophie Périard, « des jeunes absolument remarquables que j’ai coaché à Montréal ».

La Baronne 4Si vous ne connaissez pas La Baronne, imaginez : une chanteuse à la voix enivrante et forte, fluide autant que ténébreuse, complètement dans son texte et tout autant, baguettes en main, dans sa batterie, incroyable machine qui toujours oscille entre pure poésie et rythme quasi industriel, certes secondée par son (excellent) pianiste de circonstance, Jean-Pierre Caparossi, qui remplaçait au pied levé le titulaire de la charge. « Réinvente le feu pour souder nos envies / J’ai rien perdu, promis / Je s’rai courageuse / Réinvente le feu » (paroles de Julien Gagné). Et La Baronne, attisant le feu, sort des flammes des mots d’amour incandescents, lumineux comme il se doit. C’est ce cœur-volcan qui consume les derniers instants de ce festival magique. Elle en sera la brillante incarnation. 

 

Le site de La Baronne, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

 

C’est ce même récital que La Baronne donnera le mardi 16 juin salle Daquin à La Ricamarie (Loire) à l’occasion de la Commémoration de la fusillade du Brûlé.

* Sylvie Cobo : « Pascal Mathieu était un très bon pote, malheureusement décédé cet automne. On a beaucoup travaillé ensemble, joué ensemble. Je participerai en novembre à un hommage à La Rodia, scène nationale à Besançon. Il y aura entre autres lors de cet hommage : Romain Didier, Florent Marchet, Enzo Enzo, Sarclo, Nicolas Jules, Louis Arti… »

« Les sirènes » 2011 Image de prévisualisation YouTube
« Les p’tits bars » 2016 Image de prévisualisation YouTube

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