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Louis Capart, nouvel album, quinze ans après Héritage sénan

Louis Capart cd 2016Certaines chansons doivent faire leur chemin en nous, en nos oreilles, pour oser prétendre devenir un jour des classiques, comme déjà le sont Patience ou Marie-Jeanne Gabrielle. Qui sont ou seront pièces d’importance de tous les chansonniers imprimés entre Quimper et Nantes. Voici le cinquième disque original de Louis Capart, son dernier dit-il avec malice, un dernier énigmatique, laissant l’avenir nous dire s’il s’agit de l’ultime ou non… Cinq, oui, il n’encombre pas les bacs, Capart. Tant qu’il profite de ce nouvel opus pour en faire le second tome de son intégrale, avec en bonus les chansons du précédent, Héritage sénan, distant de quinze ans, et la réédition partielle (huit titres sur seize) de Rives gauches, de Bretagne et d’ailleurs. Deux coffrets (le précédent : à lire ici), de deux disques chacun, pour trente-cinq ans de chansons. Lui n’est dans aucune anthologie, aucun dictionnaire parisien de la chanson. Mais dans le cœur de tout breton, tant que quelques unes de ses chansons sont passées, comme d’autres de Michel Tonnerre, François Budet, Gilles Servat ou de Glenmor, dans le patrimoine commun, au même titre ou presque que des pierres levées, les mystères de Brocéliande ou l’âme de sa région, belle part de la culture celte.

Pourquoi suis-je donc si attiré par les chansons de ce monsieur, que du reste, hors ce qu’il a consigné sur disque, je ne connais pas. Par l’idée d’une Bretagne dont il peut se targuer, moi pas, héritier d’un nom qui n’est pas vraiment le mien, d’une lointaine mais poignante région de cœur, d’un confluent, d’un idéal sublimé. Par l’idée d’une chanson éternelle qui frise la perfection et défrise les poils de mes bras. Par des mots simples, des vers, des rimes, pas même des alexandrins. Il y a, je crois, je vois, l’idée d’un troubadour, d’un barde à la voix précise et chaude, fédératrice, à vous faire chialer tant et plus, à vous faire voyager même en restant sur place. Une chanson « empreinte du breton » qui parle de nous, en notre for intérieur, qui nous situe ici et ailleurs, hier, aujourd’hui et demain. Une chanson proche de nous, qui parle de nous, du populaire, du vrai d’une vie. Et de ses rêves : « Où vont les rêves jeunes gens / Se perdent-ils en vieillissant / Où se cachent les envies / Qui ne nous ont pas suivis… » Une chanson faite de racines, celles qu’on a, celles qu’on se cherche pour se fixer quelque part. Où, même né loin de là, vous vous découvrez breton, ilien, à téter à son Sein. Une chanson de défiance face à ce qui se prétend autorité (« Qui vous a donné mandat pour porter la culture / A l’encontre des braves gens / Et autorise en sous-main qu’une telle imposture / Puisse durer si longtemps ? »). C’est une chanson mélancolique mais pas forcément triste, qui fait le tri de ce qui est important de ce ce qui ne l’est pas, une qui n’a jamais pris le temps de la facilité, de la futilité. De l’Aube au Crépuscule… L’idée doit tenailler Capart qui fait comme si c’était son dernier disque. Alors réécoutons souvent le premier titre de ce nouvel opus, L’Aube : « Notre hiver est encor loin / Aux belles journées des longs étés / A mon aube je veux t’inviter ». Le crépuscule a largement le temps de venir, le temps de nouvelles rasades de chansons.

A noter en ce très bel album quatre titres empruntés à autrui : Aux quais du vieux Lorient (Charles Carteron / Gilles Beuzet), Comme à Ostende (Jean-Roger Caussimon / Léo Ferré), Down by the Salley Gardens (William B. Yeats / traditionnel) et C’est la vie qui passe (Alain Aurenche / A. Breheret).

 

Louis Capart, De l’Aube au Crépuscule, Louis Capart/Keltia Musique 2016. Comprend les albums De l’Aube au Crépuscule (2016), Héritage sénan (2001) et des extraits de Rives gauches de Bretagnes et d’ailleurs (1997). Le site de Louis Capart, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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2 Réponses à Louis Capart, nouvel album, quinze ans après Héritage sénan

  1. Luguern Joël 24 août 2016 à 23 h 19 min

    Je n’ai pas encore écouté ce nouveau disque de Louis Capart mais j’avais particulièrement aimé ses « Rives gauches de Bretagne et d’ailleurs », sorties en cassette audio il y a une vingtaine d’années.
    Je l’écoute toujours d’ailleurs, tellement ce qu’il chante et la façon dont il l’interprète ont une dimension intemporelle.
    J’avais tellement aimé cette cassette que j’en avais acheté une dizaine pour les offrir à des parents et à des amis. Tout le monde avait été enchanté.

    Répondre
  2. Jean Pierre Gleize Bourras 28 octobre 2016 à 23 h 07 min

    Bonsoir Michel,
    J’ai loupé ce « lancer de disque » ,je ne connaissais pas Louis CAPART !?
    Par l’intermédiaire d’un ami, je l’ai contacté et il m’a fort aimablement fait parvenir ce magnifique album.
    « De l’aube au crépuscule »
    Je ne peux que dire à nos amis,courrez l’acheter…c’est….c’est….
    Je n’ai pas la verve des éditorialistes de « nos enchanteurs » pour le qualifier…
    Il chantera au VAUBAN à Brest le Samedi 12 Novembre à 21 heures pour une action caritative de l’association « Halte au Cancer ».
    Prix des places :12€.(voir sur le site de l’asso..)
    Michel,il y a aussi « Je dors en Bretagne de soir » de Gilles SERVAT.
    Une confidence, que cela reste entre nous….
    Je dors aussi en Bretagne, vous vous en doutiez!?
    Je dors aussi en Bretagne

    Répondre

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