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Adieu paroles, adieu musiques

C'était au temps où le festival Paroles et Musiques aimait et défendait la chanson

C’était au temps où le festival Paroles et Musiques aimait et défendait la chanson (photo MK)

Il y a vingt-huit ans, Marc Javelle, directeur de la salle Jeanne-d’Arc, créait le festival Paroles et Musiques. C’est à la suite du concert d’une inconnue, qui n’avait recueilli qu’une poignée de spectateurs, que lui est venue cette idée. Plus qu’une idée, une résolution : la farouche volonté de défendre la chanson. L’inconnue en question était Juliette. La première édition, en 1992, sous le parrainage de et avec Léo Ferré, verra la participation entre autres de Leny Escudero, Chanson plus bifluorée, Nilda Fernandez. Bill Deraime, Gil Chovet, Yves Matrat… Le titre du festival est en référence à la revue Paroles et Musique, celle d’avant Chorus.

D’année en année, le festival gagne en réputation, le programme s’étoffe. A la salle d’origine s’adjoint en face un Magic-Mirrors. Y défilent le ban et l’arrière-ban de la chanson, de celle qui n’a pas ou peu accès aux médias. C’est alors, même à son insu, un festival militant. Vous pensez, un festival qui propose l’exact contraire d’une chanson insipide qui squatte radios et télés ! Pour peu, on parlerait d’éducation populaire si on n’avait peur de convoquer un mot désormais hors d’âge.

Mais un beau jour, même si le public fidèle râle, arrivent les premières stars, du rap comme de la variété. Prière de les accepter, sans quoi vous passez pour des cons, pour d’affreux sectaires, des ringards. Le ver est dans le fruit, qu’il va gangrener jusqu’au trognon. C’est toujours le même scénario, jamais on ne retient les leçons.

De Léo Ferré à Orelsan, de l'appel de la chanson à l'appât du gain

De Léo Ferré à Orelsan, de l’appel de la chanson à l’appât du gain

C’est aussi l’histoire de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Dévoyé, le projet associatif est devenu une affaire commerciale, qui plus est familiale : le fils succède au père, comme dans la chanson d’ailleurs où on est star de père en fils, népote toujours. Changement de paradigme, ce n’est plus le projet initial qu’on regarde, mais le chiffre d’affaires. Si Romain Didier, Allain Leprest, Loïc Lantoine, les Wriggles, Chanson plus bifluorée ou Entre 2 Caisses furent longtemps les étendards de ce festival, ce sont désormais Louane, Sexion d’assaut, Vianney, Orelsan… l’exact contraire. Eux font du chiffre ! C’est vrai qu’il n’est plus question de faire vivre la chanson, puisque selon eux elle n’existe plus, mais de créer un « événement » et de faire son bizness. Mais…

Des déficits ont fait que Paroles et Musiques s’est vendu il y a deux ans à la société de production Morgane (celle du Printemps de Bourges, des Francofolies de la Rochelle et d’ailleurs, et de programmes télé avec ou sans l’omniprésent Manoukian). Une société ad hoc a été créée à cet effet : adieu le format associatif, même les bénévoles ont laissé la place à des CDD, l’esprit en est sérieusement altéré. Mais le libéralisme auquel s’est converti Paroles et Musiques aime cependant bien les subventions et les institutions (Ville, Métropole, Département, Région) payent sans être trop regardantes [1]. Au reste, on ne fait plus dans la culture mais dans la com’. La méga édition 2018 sera d’un succès très mitigé, avec un nouveau et important déficit. Cette année 2019, on change de nom (adieu Paroles et Musiques, on prend le stupide nom de Saint-Etienne live !), on change à nouveau de dates (sans aucun respect pour le calendrier des autres festivités, notamment pour l’historique La Rue des artistes à Saint-Chamond qui, lui, en 21 éditions, n’a jamais changé de dates), on réduit la voilure surtout : deux concerts géants en plein-air au musée de la mine, pour dépenser moins et gagner plus. Mais le public, qui peut parfois être moins con qu’on le pense, dédaigne l’offre et c’est deux fois un maigre public qui, pour in extremis réduire les coûts, va finalement trouver refuge ce soir et demain au Zénith de substitution qu’il sera loin de remplir. On a beau lui dire qu’il va retrouver le confort d’être assis et des places de parking… il n’a pas réagi plus. Pire, il semble que nombre de spectateurs se soient fait rembourser leur pass, du fait du changement de lieu.

Peut-on d’ailleurs encore appeler « festival » deux soirées consécutives au Zénith ? Même la double séance de la tournée Age tendre, de ses dix artistes et ses 13000 entrées payantes, n’a pas eu cette prétention. Ni d’ailleurs ne touche de subventions (rien que la subvention municipale pour Paroles et Musiques est de 135 000 euros [2] ! : qui donc se gave à ce point ?).

Mais ça ne marche pas plus, la billetterie est en berne, carrément dans le rouge, on sent l’affolement. Alors on téléphone au « copain » Matthieu Chedid, qui n’a sans doute rien à refuser à Morgane prod, et notre -M- viendra faire son concert de soutien (« Lui n’a pas oublié d’où il vient » déclare Simon Javelle, patron d’un festival qui semble avoir oublié d’où il vient). Et puis comme ça ne fait encore pas, on agrège ces derniers jours deux soirées programmées par autrui à la salle de musiques actuelles de proximité, pour étoffer un peu, pour faire comme si c’était encore un festival, pour masquer l’indigence et déjà préparer sa défense. Paroles et Musiques se meurt dans une pitoyable comédie qui n’a plus aucun alibi artistique.

LA RUE DES ARTISTES, A SAINT-CHAMOND . Le même weed-end, à vingt kilomètres de Saint-Etienne, on gagnera à nettement préférer le festival La Rue des artistes à Saint-Chamond. Théâtre de rue, cirque et concerts. Avec, le vendredi 14 juin : Broussai, Mon Coté Punk, The Mitchi Bitchi bar, Leonid ; le samedi 15 juin : Groundation, The Fat Bastard gang band, Tracy de Sa, Chez Remomes ; le dimanche 16 juin : Sinsemilia, Les Tit'Nassels, Pop 119. Précisons que le billet d'entrée est de 5 euros le vendredi ainsi que le samedi, gratuit le dimanche.

LA RUE DES ARTISTES, A SAINT-CHAMOND (42)
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Le même weed-end, à vingt kilomètres de Saint-Etienne, on gagnera à nettement préférer le festival La Rue des artistes. Théâtre de rue, cirque et concerts. Avec, le vendredi 14 juin : Broussai, Mon Coté Punk (photo ci-dessus), The Mitchi Bitchi bar, Leonid ; le samedi 15 juin : Groundation, The Fat Bastard gang band, Tracy de Sa, Chez Remomes ; le dimanche 16 juin : Sinsemilia, Les Tit’Nassels, Pop 119. Précisons que le billet d’entrée est de 8 euros (5 en location) le vendredi ainsi que le samedi, gratuit le dimanche.

Le public d’origine a depuis pas mal d’années déserté ce festival, cause à la rupture de confiance, aux coups de canifs successifs dans le pacte qui le liait à ce festival. Quant au public actuel, celui d’une chanson commerciale, il est moins fidèle, moins impliqué. Et va voir ailleurs, là où le rapport-qualité prix est plus favorable.

Fin de ce festival ? C’est probable. Les amateurs de chanson ne pleureront pas : ça fait depuis longtemps qu’ils l’ont fait, rangeant Paroles et Musiques au rayon des souvenirs, à mesure que la chanson qu’ils défendaient en a été boutée hors des murs, pour faire place à l’exact contraire de ce qu’ils ont soutenu.

C’est triste parce que, voyez-vous, putain qu’il était bien ce festival. Mais ça, c’était avant.

 

Saint-Etienne live, Zénith. 14 juin : Orelsan, Kery James, Berywam, Zed Yun Pavarotti et RK (+ concert de soutien avec -M- à la salle Jeanne-d’Arc) ; 15 juin : Boulevard des airs, Hubert-Félix Thiéfaine, Radio Elvis et Nazim.

 

[1] La subvention municipale pour Saint-Etienne live, entreprise privée, est de 135 000 euros, hors aide technique. A titre de comparaison, la budget total du festival municipal Les Roches celtiques (plus de 12000 spectateurs l’an passé, 22 concerts) est de 117 000 euros, hors services techniques. Autre comparaison, la subvention de la Ville pour le Théâtre Libre (un vrai travail culturel au quotidien et une programmation d’importance) vient d’être réduite à… zéro euro.

[2] Selon le quotidien La Tribune/Le Progrès du 16 mai dernier, les subventions publiques sont au total de 251 000 euros (135 000 de la Ville, 55 000 de Saint-Etienne Métropole, 11 000 du Département, 50 000 de la Région) ce qui représenterait « environ 25 % du budget planifié de l’événement » soit, si on calcule bien, environ 1 million d’euros, sans compter les aides supplémentaires de dernière minute de la Ville (mise à disposition de personnel, possible gratuité du Zénith) ; ça fait très très cher pour deux soirées !

7 Réponses à Adieu paroles, adieu musiques

  1. Francois Gonnet 16 juin 2019 à 15 h 07 min

    Merci pour ce triste tableau malheureusement bien réel.

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  2. javelle marc 24 juin 2019 à 17 h 45 min

    article de reglement de compte d,un pseu do chroniqueur aigrit et haineux paroles et musiques sur les 4 dernieres années ( je mets de coté 2019) a coté des tétes d’affiches exécrées ont été programmés: albin de la simone,matieu boogarts,gael faye,clara luccianni, eddy de pretto,gauvin sers,pierre lapointe, alhexis hk,chloé lacan,benoit dorémus, pomme, feu chatterton,didier super, joyeux urbains…. et des dizaines d’autres, tous d,ailleurs chroniqués sur ce site! il ne faut pas vivre sur le passé, celui des chanteurs morts ou chiants comme le font encore une poignée de tristes passéistes du style »c’était mieux avant »!!
    quand à M’ il et venu soutenir le festival et cette « népotique « famille javelle! et certainement pas avec l,appui de morgane prod!

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    • Michel Kemper 25 juin 2019 à 14 h 04 min

      Comment tenter de décrédibiliser un article (et son auteur) en ne voulant y voir qu’un « règlement de compte d’un pseudo chroniqueur aigri et haineux »… L’argument est pitoyable, minable.
      Fort de dix ans d’expérience et d’expertise, de plus de 6000 articles publiés (5480 sont consultables en ligne), d’une équipe d’une quinzaine de journalistes parmi les meilleurs (en France, Belgique et Québec), d’une solide réputation dans le métier, d’un grand respect que les artistes nous portent, NosEnchanteurs ne saurait se prêter au jeu d’un quelconque règlement de compte. Règlement de quel compte, d’ailleurs ? !
      Nous avons précédemment porté un regard critique sur d’autres festivals, parfois par de longues enquêtes. Nos lecteurs le savent ; ces articles (notamment sur Montauban et sur Barjac…) sont toujours en ligne. Il n’y a, a priori, pas de raison que nous ne portions pas, surtout en de telles circonstances, un regard avisé sur ce Saint-Etienne live en péril, mutation indigeste de ce que fut Paroles et Musiques.
      Je suis sans doute le journaliste qui a le plus écrit sur le festival Paroles et Musiques, qui l’a le plus suivi, souvent de très près, parfois d’un peu plus loin. Et le « pseudo chroniqueur » que je suis (comment peux-tu être aussi vulgaire et haineux que ça, Marc ?) n’a aucune leçon à recevoir de quiconque à ce sujet. Et surtout pas de toi.
      A lire les papiers de ces derniers mois sur Saint-Etienne live (ce quels que soient les titres et supports, presse papier ou internet), je constate qu’aucun autre journaliste que moi n’a vécu le passé de ce festival. Moi, si. Avec d’ailleurs souvent ton entière satisfaction, Marc (mais pas toujours, j’ai parfois payé pour quelques articles indociles, comme quoi la liberté de la presse est un combat de tous les instants). Mais, à tes yeux, on n’est un bon et vrai journaliste qu’à la condition de ne pas critiquer ton action ; si on ose le faire, on est donc « aigri et haineux ». Le raisonnement est aussi con que simpliste.
      Je dis et redis que ce festival a été perverti, dévoyé. Que de festival de défense de la chanson il est devenu un des relais serviles du showbiz. Pourquoi ?
      Pour être complet sur ton commentaire, je ne préfère pas la chanson « morte ou chiante » (chiante, je pense que tu veux parler d’Orelsan ou de Vianney ce qui, entre nous, n’est guère respectueux d’eux) et n’ai aucunement l’impression de visiter Chauvet ou Lascaux en fréquentant assidûment certains festivals de taille certes plus modeste. Je vis la chanson telle qu’elle existe et crée aujourd’hui (c’est en partie la définition du terme « musiques actuelles » que je sache) et dont d’ailleurs NosEnchanteurs est un agréable et utile reflet. Je sais la caricature de ton propos : ton mépris pour la chanson que tu as jadis défendue et qui a fait naître Paroles et Musiques est consternant. Comment peut-on se renier à ce point ?

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  3. Javelle 26 juin 2019 à 12 h 10 min

    Minable et pitoyable était ton article Michel! Et la liste d s artistes d’ailleurs non exhaustive des artistes invités sur les 5 dernières années prouve que le festival a toujours soutenu la chanson et les artistes emergeants .simplement on ouvre un peu plus les yeux sur la nouvelle génération et les tendances actuelles de la chanson liées à un renouvèlement du public. Et puis il faut t’habituer au fait que les personnes incriminées de façon aussi violente dans ton article puisse te répondre … après tout nul n’est intouchable. Point final pour ma part!

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    • Michel Kemper 26 juin 2019 à 14 h 46 min

      Heureusement que nul n’est intouchable, Marc. J’en déduis – et ça me fait plaisir de le savoir – que Paroles et Musiques n’est pas intouchable, qu’il est donc possible de porter un regard public sur ce festival même si ce regard diffère du discours officiel. C’est ce qui m’importe.
      Quant à NosEnchanteurs, il a toujours été possible de commenter, de répondre. Seuls les commentaires insultants peuvent, le cas échéant, ne pas être validés.

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  4. A.S.D 21 novembre 2019 à 18 h 20 min

    Retour sur le début d’été 2019, (lire l’article ci-dessous) : Effectivement, on a perdu un chouette festival à Sainté… Cf. l’article de Michel Kemper.

    Mais cela est juste retours de bâtons : Quand on finit par ne plus faire son métier, quand on en vient à mépriser la création réellement indépendante, locale ou nationale, et, quand on trahi son meilleur ami, son public et cette fidélité QUI a fait la réputation, Ici & Ailleurs, de Paroles & Musiques ; un jour, une ennuit, c’est trop : Après en avoir fait une affaire familiale, et pris le tournant facile fait de programmations copier-coller de ce qui « marche « , (puisque tout le monde », (entendez les Professionnels de la Profession !… (sic!), « programme » quasi la même chose) ; ce festival qui donna le ton de la chanson underground, localement puis à l’échelle d’une Région, (celle de la révolte, de la culture, de la poésie par les Motslodies), devint l’ogre qui dévore ses petits en prenant le virage du Spectacle bigbuzz-bigbiz et ses grosses caisse enregistreuses amphigouriques ; en muant en un festival à prétention nationale, et fini, fort logiquement, par se vendre au moins disant culturel… RIP&M…

    Finalement c’est peut-être tant mieux !.. Qui sait, la sérendipité de la vie saltimbanque, fera peut-être de sa moche mort, une opportunité à qui saura savoir saisir, un nouvel espace alter culturel de la chanson… A Saint-Etienne, ou ailleurs !.. Chanson qui a su , elle, garder ses gardiens du temple, qui eux, voient bien que les générations d’artistes qui l’ont renouvelée et qui l’a renouvelle chaque jour, ont les Paroles et les Musiques, mais plus, ou peu, de moins en moins, de vrai lieux pour la livrer à des esgourdes qui n’en attendent pas mieux…

    L’air du temps, s’il avait la parole, dirait : « En reculons, la Zizique ! »… Car, oui certes, Saint-Etienne a perdu un festival aimé, et Saint-Etienne, a perdu et perd encore, beaucoup d’autres choses… Plus rien en Ville, et sur de nombreux sujets : pour la musique vivante, à part les « à bout de bras » porteurs générationnels émérites de café-concert, bars associatifs, et autres lieux privés, comme Le Clapier, (qui en son temps faillit devenir plusieurs fois, d’Arlésienne Entretenue, LA « Salle rock » Stéphanoise… Mais c’est une autre histoire !…) ; tout ce qui reste, et pas que le meilleur, est périphérique !… L’histoire de Paroles & Musiques c’est surtout l’histoire d’un homme qui s’est pris pour le pape des flonflons ronronnants, et qui en oublié grâce à qui et pourquoi ce festival a connu la gloire qu’il méritait, qui a perdu la fibre chansonnière, passéiste en diable pour mieux se défendre de ne pas aimer, par exemple, la nouvelle chanson française, un directeur programmateur en charentaise qui n’allait jamais voir un concert, qui allait encore moins lui-même découvrir des talents, en vrai !… Je me demande si ce vieux monsieur en écoute encore de la chanson, je me demande depuis combien d’années, il ne l’aime plus, la chanson ?… La Chanson, celle qui l’a pourtant si bien nourrit !?… Celle qui nous manque, cette chanson là, exprimée de proximité, à l’échelle de la garantie d’un ressenti jubilatoire et d’une accessibilité où mêmes les sans-dents pouvaient claquer des mains ! A.S.D

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    • NosEnchanteurs 22 novembre 2019 à 10 h 50 min

      Nouvel épisode dans la saga « Paroles et Musiques » de Saint-Etienne. Après plus de quatre mois de silence, le festival annonce son retour, sous son nom d’origine (adieu donc le très vilain « Saint-Etienne live »), du 12 au
      17 mai 2020. « Retour aux fondamentaux » avance, sans grande prudence, le quotidien régional La Tribune/Le Progrès. « Les premiers noms seront communiqués début décembre. Mais pas de collection de têtes d’affiche. Sans doute qu’il y aura quelques valeurs sûres invitées mais rien de grandiloquent comme il y a deux ans. » NosEnchanteurs reviendra sur cette annonce. Pour que Paroles & Musiques retrouve une audience, il faudrait que ce festival retrouve la confiance du public. En ce qui concerne la confiance du public plus « chanson » (rappelons que les « fondamentaux » de ce festival, c’est quand même la chanson), il faudrait faire très fort. Le proche avenir nous le dira.

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