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Le Saudade de « Joao-Marco » Sauvagnargues

Jean-Marc Sauvagnargues (photos Geronimo Potier)

Jean-Marc Sauvagnargues (photos Geronimo Potier)

Jean-Marc Sauvagnargues nous prouve avec ce nouvel album que la musique et la chanson ne souffrent aucune frontières et ne se laissent pas enfermer dans des cases. On peut être un excellent batteur de rock d’un groupe à succès et laisser s’exprimer toute sa sensibilité artistique vers d’autres passions musicales. C’est parfois difficile à comprendre pour un programmateur radio/tv mais, pour le public de façon générale et pour les lecteurs de NosEnchanteurs, c’est chose tout à fait normale. Avec l’album Novembre 67 sorti en 2015, Jean Marc avait fait son « coming out ». Oui ! définitivement, c’est un amoureux de la chanson française. Avec Saudade, le bougre nous dévoile en plus sa passion de toujours pour la bossa nova. Un album désiré de longue date et le fruit d’une rencontre avec A Banda, un groupe de cinq musiciens extraordinaires, plus talentueux les uns que les autres (Julien Doumenjou arrangement/réalisation/guitare/piano/voix, Patricia Lestre chant/Yukulélé, Rafaël Meyrier percussions/clarinette, Julien Augier batterie, Philippe Monge contrebasse/flute). Saudade comporte huit titres incontournables et trois compositions originales. Tous les titres nous sont offerts dans une version bossa nova originelle. Il s’agit là d’un réel retour aux sources de cette musique brésilienne qui avait tant inspiré, dans les années 60-70, les plus grands de la chanson française. Jean Marc réussit cette performance de poser une voix suave et profonde qui laisse exprimer toute sa sensibilité très charnelle. Les interprétations incarnées, portées par les cinq musiciens au jeu limpide et envoûtant, mêlent à la fois sophistication et sobriété. Tout en finesse, cet album transcende réellement les titres originaux ; quant aux trois compositions originales (Saudade, Et demain, Le café veloso), elles sont tout à fait dignes du grand Joao Gilberto. On se situe ici très loin de certains projets qui revisitent un style tropicaliste pour en faire des produits de basse consommation à la mode (à bon entendeur, salut !). Saudade est tout le contraire : un travail de passionnés, d’artisans, d’orfèvres, une réelle alternative à la médiocrité que l’on voudrait entendre bien plus souvent sur les ondes.

 

Visuel album SAUDADE pochette face 1475x1475pxL’entretien exclusif

 

NOSENCHANTEURS. Pour la seconde fois tu poses tes baguettes de batteur des Fatals Picards pour une aventure solo. C’est un équilibre nécessaire de mener plusieurs projets en parallèle ?

JEAN-MARC SAUVAGNARGUES. Alors ce n’est pas un besoin par rapport aux Fatals. Certains me posent la question : « Ça ne te suffit pas les Fatals ? » Ce n’est pas la question. Moi je suis batteur dans les Fatals, j’ai la chance d’être manager, d’être à l’origine de plein de décisions. Artistiquement, tout est décidé à quatre. Chacun amène sa pierre étant donné qu’on fait du rock et de la chanson. Quand tu fais un projet solo, t’es un peu tout seul à décider. Cet album là je l’avais en tête depuis huit ou dix ans. Cela fait plus de trente ans que j’aime cette musique. C’était compliqué, surtout en faisant du rock, en manageant des artistes de variété. Il faut trouver du temps pour s’organiser, trouver des musiciens, le financement… mais l’envie était là et je savais exactement ce que je voulais faire dans cet album. Et de quelle façon, musicalement.

Quatre ans après l’album Novembre 67, qui faisait une place d’honneur à l’amour et à la chanson française, avec Saudade on reste dans la nostalgie, la sensibilité, presque charnelle, mais dans univers musical très différent. Toi tu es tombé dedans comment ? par la chanson française ? Moustaki, Distel et d’autres qui ont fait connaître la bossa nova en France ?

J’ai été bercé toute mon enfance par Brassens en priorité. Et Moustaki, Ferrat, Ferré, Brel. Mon père était musicien d’orchestre, ma mère aussi. Mon père était saxophoniste et le disque de Stan Getz et Joao Gilberto (mon disque préféré au monde, en dehors de l’anthologie Brassens) tournait tout le temps sur la platine vinyle chez moi. C’est mon disque de toujours. Je connais toutes les chansons de l’album en portugais par cœur ; je ne parle pourtant pas portugais mais c’est une mémoire phonétique.

 

LIRE L’ENTRETIEN COMPLET EN CLIQUANT ICI

 

Jean-Marc Sauvagnargues, Saudade, 2019. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. En concert à Paris à L’Européen le 11 janvier 2020.

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