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Francœur : à cœur vaillant, rien d’impossible !

Francœur lors du Prix Moustaki 2020 (photo Vincent Capraro)

Francœur, lors du Prix Moustaki 2020 (photo Vincent Capraro)

Oui c’est bien elle sur la pochette du disque. Elle qui, pour seul instrument, s’accompagne d’une harpe portative. Sauf que, pour la photo, cette harpe celtique n’y est point. Mais des gestes, des postures qu’on dira être de la gymnastique comme tout un chacun la pratique en Chine. Elle, c’est Francœur, dont nous avons parlé il y a peu, trop brièvement, lors du Prix Georges-Moustaki, où cette jeune femme s’est adjugé le prix du public. Bravo.

Cette Parisienne nous vient de l’Yonne, en Bourgogne. Francœur est son pseudo. Son vrai blase c’est Vanessa Burel. Francœur c’est depuis un sérieux accident où elle s’est retrouvée sur le carreau, dans le 18e : quand elle a rouvert les yeux, elle a vu la plaque de la rue. Rue Francœur vous avez compris.

La harpe aussi lui est tombée dessus, elle qui composait ses musiques comme tout le monde ou presque : au piano. Depuis elle ne saurait s’en passer : « Ça donne un petit supplément d’âme à mes chansons ». Petit ? Bien plus en fait, ça ouvre d’autres portes : « C’est un instrument très propice au rêve, à l’imaginaire. C’est ce qui me nourrit et ce que j’utilise pour écrire. C’est comme si j’avais reçu des ailes d’un coup grâce à la harpe ».

francoeur« Ferme les yeux / Danse encore un peu pour moi / Dessine-moi / Monstre que je suis / Animal de ta vie / Qui court toujours ». Les chansons de Francœur baignent dans ce halo presque surréaliste que confère la harpe : les mystères de l’enchanté Merlin et des forêts magiques ne sont forcément pas loin, pouvant donner une autre lecture encore à ces six titres-là. Ça les frappe d’intemporalité : étonnant dans une chanson où un titre chasse l’autre, où un artiste peut se faire oublier en moins de temps qu’il ne faut pour lire un EP. Y a du conte populaire qui se love au sein des vers de la blonde Francœur, au mitan de sa couche, Cendrillon ou Blanche-Neige, belle endormie que seul l’amour… : « Si un jour, par mégarde / Tu trébuches sur mon cœur endormi / M’emportera-tu avec toi / Ou devrais-je rester plantée là ? ». Il y a l’amour, surtout. La peur de l’amour, la peur de plus d’amour : « Je rêve encore de toi, moi… » Musique éthérée, propice aux rêves comme aux tourments de l’âme, voix claire et franche (le pseudo est loin d’être usurpé, voyez-vous…), sentiments et histoires bien troussés, tout y est. Avec, pour dernier titre de ce disque, une histoire de loups qui, par l’ambiance sonore plus encore soignée, par « la peur au ventre » qui la parcourt de toutes ses rimes, clôt l’album avec superbe.

« Je ne tombe pas / Je vole au dessus des autres » chante-t-elle encore. De fait, ce n’est pas faux.

 

Francœur, D’où vient le nord, ep Budde Music France 2019. Le site de Francœur, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

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