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Les Landes se « Pey » Juliette

 

Juliette (photo d'archives Vincent Capraro)

Juliette (photo d’archives Vincent Capraro)

31 janvier 2026, soirée « des mots à la bouche », salle polyculturelle de Pey (Landes),

 

 

La météo s’annonçait préoccupante : pluie, vent, menace de tornade !

Le spectacle était programmé dans une commune du Pays d’Orthe, un village d’environ 840 Pireutches, ─ ainsi se nomment les âmes de Pey.

La salle polyvalente, qui n’avait pas été prévue pour accueillir des concerts, était apprêtée pour ouvrir la huitième édition de l’Emoi des mots, un festival ambitieux dû au talent et à l’obstination de Jean-Claude Barens, que les amateurs de chansons connaissent pour ses activités de producteur, de directeur artistique et pour sa volonté de déplacer la chanson dans les zones rurales.

Ils furent quatre cents à affronter un climat d’apocalypse pour venir assister à un moment rare : Juliette en piano-voix.

La demoiselle renouait avec ses premières amours. Durant des années, elle a écumé les petits lieux chantant derrière des pianos, plus ou moins performants, tissant ainsi un réseau d’afficionados qui, depuis près de quarante ans, la suivent, album après album, spectacle après spectacle.

Elle entre en scène côté jardin, appuie son bras gauche sur le magnifique piano à queue et goûte l’ovation.

Elle annonce la couleur : elle n’a pas chanté en public depuis plusieurs mois et prévient qu’elle risque avoir quelques trous de mémoire. Elle en aura. Des mots oubliés qui reviendront après plusieurs tentatives et des tonalités qu’elle cherchera en complicité avec les spectateurs.

Mais ceci n’est pas grave.

Elle ne vient pas mener un combat, elle vient vivre un moment de partage. Elle offre, à ce public venu pour elle, son plaisir d’être ici, face à lui, avec la ferme volonté de le séduire, de le surprendre et de le faire voyager entre émotions fortes et franche rigolade. C’est ça le spectacle ! Des centaines de personnes vous regardent en attendant que vous fassiez des prodiges… Et osons le dire Juliette est prodigieuse !

La salle polyvalente de Pey n’a pas d’escaliers ! Elle le souligne et l’apprécie, une façon amicale d’introduire le premier titre : Escaliers.

La suite du concert se déroule un peu comme une soirée entre potes. Entre les chansons, elle raconte, elle se raconte. Elle relate les points communs entre le monde de la marine et celui du théâtre… Préférer guinde à […], sauf lorsque l’on désigne la corde à piano… Ne pas offrir des œillets aux comédiennes parce que c’étaient les fleurs que jetaient à la mer les veuves de marins… En revanche au théâtre on ne dépend pas du temps qu’il fait. Quelque soit l’intensité du grain, on ne risque pas de couler ! Elle en profite pour implorer le ciel de l’accompagner d’une belle averse pour la prochaine chanson : Météo marine. Et le miracle se produit ! A la fin du premier couplet, le toit de la salle résonne de la pluie qui lui tombe dessus. La coïncidence donnera à plusieurs spectateurs l’impression que l’ingénieur du son a lancé une bande son. Alors qu’il n’y était pour rien. En revanche, il était responsable de l’excellente sonorisation de cette salle destinée à d’autres événements.

Juliette, chanteuse engagée, assume un combat très personnel. Alors que beaucoup de ses collègues soutiennent des causes humanitaires, elle en défend une autre, tout aussi noble, la viticulture. Démonstration du geste qui sauve les vignerons : un verre de rouge à la main, elle épaule et jette ! La salle hilare applaudit ce qui lui fait dire : « je m’aperçois que vous êtes prêts à applaudir n’importe quoi ! » avant d’attaquer une œuvre inspirée de Gioachino Rossini, Petite messe solennelle : « Le vin réjouit le cœur de l´homme / Et de la femme, évidemment ! »

Pendant près de deux heures, on rit, on s’émeut et on essuie quelques larmes lorsqu’elle crée pour la première fois sur scène une chanson qu’elle enregistrera sur son prochain album à paraître fin 2026 : Le bal des vieux orphelins.

Juliette et les Landes c’est une longue histoire qu’elle tient à rappeler. Le public, lui aussi, se souvient et des noms de communes fusent…ainsi que celui de Jean Lalonde qui, rappelle-t-elle, la programmait souvent à ses débuts.

Avant de terminer, après une fausse sortie annoncée, elle rend hommage à Anne Sylvestre, Après le théâtre : « On sourit on salue on brille / On garde plus que de raison / Son diadème de pacotille / Et on ramène à la maison / Ce pauvre moi qu’on idolâtre / Y a-t-il une vie après le théâtre ? » Un petit chef d’œuvre qui risque bien de se retrouver sur le seizième album de Juliette.

Enfin, pour dire au revoir à ce public landais enthousiaste et conquis, elle donne sa version grandiloquente de Padam, ce qui lui vaut une ovation debout.

Ils seront nombreux à l’attendre pour lui dire combien ils l’aiment, combien elle compte pour eux, combien elle fait du bien dans cette époque chaotique et ô combien incertaine.

 

La page Juliette sur le site Universal, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.

 

« Météo marine » : Image de prévisualisation YouTube

« Petite messe solennelle » : Image de prévisualisation YouTube

 

Festival « L’Emoi des mots » : les festivités à venir

Samedi 7 février – Heugas, Foyer rural : HK, Poète en cavale (poésie) – Soirée « Des mots à la bouche » avec dégustation de produits locaux ;

Dimanche 8 février – Saint-Lon-les-Mines, Maison Matelot : Antoine Doignon, À la ligne (lecture, en partenariat avec La Scène déménage) ; 

Samedi 14 février – Gaas, Salle Forsans : Lucas Stafiore, Le joyeux cabaret chanson (cabaret) ;

Samedi 21 février – Sorde-l’Abbaye, Salle des fêtes : Compagnie Mmm, La famille vient en mangeant (théâtre, en partenariat avec le Théâtre de Gascogne) ; 

Vendredi 27 février – Estibeaux, Salle Lahaout : Compagnie Ernesto Barytoni, Brother Kawa (théâtre musical) ; 

Samedi 28 février – Labatut, Médiathèque : Eugénie Mérieau, Constitution (rencontre littéraire) ;

Samedi 28 février – Saint-Lon-les-Mines, Salle des associations :Jérémie Bossone & L’Étrangère (chanson) ;

Dimanche 1er mars – Heugas, Foyer rural : Les Goguettes en trio mais à 4, 3ème Quinquennat ! (théâtre musical) ;

Samedi 7 mars – Bélus, Médiathèque : Arbon, Les derniers jours d’Harry Yuan (rencontre littéraire) ; 

Samedi 7 mars – Saint-Lon-les-Mines, Foyer des jeunes :Emmanuel Van Cappel, Le piston de Manoche (théâtre musical) ;

Dimanche 8 mars – Mouscardès, Salle du Quillier : Cécile Perus, Tues mais têtues, récits de celles qui ont osé (conte) ;

Samedi 14 mars – Orist, Médiathèque : Hélène Seguin, Clapotis (conte musical) ; 

Samedi 14 mars – Habas, Foyer municipal : Les décatalogués, La méthode Urbain (théâtre/humour) – Soirée « Des mots à la bouche » avec dégustation de produits locaux ;

Dimanche 15 mars – Saint-Lon-les-Mines, Restaurant Gnac et pause : Compagnie Stéréotandem, Arthur danse sous l’orage (chanson) ;

Samedi 28 mars – Labatut, Médiathèque : Layla Darwiche, La tricoteuse de mots (conte) ;

Samedi 28 mars – Narrosse, Pôle culturel : Pauline Roth chante Barbara (chanson) ;

Dimanche 29 mars – Dax, Village Landais Alzheimer Henri Emmanuelli : Simon Chouf, À l’attaque ! ;

Jeudi 2 avril – Saint-Lon-les-Mines, Restaurant Gnac et pause : Aurélie Bambuck, Mes parents, ce couple de champions (rencontre) ;

Jeudi 9 avril – Pouillon, Cinéma : Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation de Sylvain Chomet (cinémots) ;

Vendredi 10 avril – Cagnotte, Salle de l’abbaye : Marie Coumes et Laurent Cavalié, N’i a pro (conte) ;

Samedi 11 avril – Heugas, Chapelle du Coudaingt : Murielle Magellan, Éloge du tennis (rencontre littéraire) ;

Samedi 11 avril – Heugas, Foyer rural : Omar Hasan, Café tango (cabaret lyrique) – Soirée « Des mots à la bouche » avec dégustation de produits locaux ;

Dimanche 12 avril – Bélus, Salle du conseil : Michèle Bernard & Frédéric Bobin, Balades croisées (chanson) ;

Mercredi 15 avril – Pey, Salle Cabos : Ladji Diallo, Poil noir, plume noire (conte) ;

Samedi 18 avril – Misson, Salle des fêtes : Les grandes bouches, La vie de tempête (félés du vocal) oirée « Des mots à la bouche » avec dégustation de produits locaux.

 

Plus d’informations sur le site de L’Emoi des mots ; le site de Jean-Claude Barens, créateur de L’Emoi des mots, c’est là.

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