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Paroles et Musiques 2015. Thiéfaine, puissant, majestueux !

Hubert-Félix Thiéfaine (photo Francis Vernhet)

Hubert-Félix Thiéfaine (photo Francis Vernhet)

Hubert-Félix Thiéfaine, 10 juin 2015, festival Paroles et Musiques à Saint-Étienne, palais des spectacles,

 

« En remontant le fleuve au-delà des rapides / Au-delà des remous, de nos sanglots stupides… » Thiéfaine est devenu au fil du temps un artiste monumental, incontournable, de la scène française. Ce fut guichet fermé pour lui à Saint-Étienne, comme ça l’est ailleurs. Valeur sûre, quasi institutionnalisé même si son art reste ancré dans la marge, à part. Et dans une veine qu’il n’est pas audacieux de qualifier de littéraire, d’une langue qu’il pétrie comme un corps vivant. Avec, si nécessaire, les références que l’Hubert-Félix ne se fait pas prier pour divulguer en scène, apports culturels bien venus.

La bonbonnière qu’est le Palais des spectacles archi-pleine, ça présage pas mal de sucreries à nos oreilles, de ce qu’on est venu entendre et nous va à ravir. Des anciens titres mais, au contraire d’autres artistes, on vient aussi et surtout pour le petit dernier, la dernière livraison en date. En l’occurrence ce fabuleux Stratégie de l’inespoir, (avec ce titre barré ce qui n’est sans doute pas fortuit) dont chaque chanson est pièce d’anthologie. Comme cet Angélus : « & je m’en vais ce soir / Paisible & silencieux / Au bras de la première / Beauté vierge tombée des cieux… » Ou cette Médiocratie qui vaut photographie des insipides temps présents : « Médiocratie… médiacrité ! / ça manque un peu de verbe aimer / De respect, de fraternité. »

Ça, une version déchirante du Syndrome Albatros, l’Affaire Rimbaud, Alligator 427… Tout est Thiéfaine, dans son art, ses apports, dans son élégance. A-t-il vraiment « vendu son âme à un clown » ? Il est saltimbanque et rêveur, marchand de mots et aventurier en son art, presque solitaire en ce métier, unique, isolé dans la beauté.

Avec des chansons qui charrient la mélancolie et souvent abordent les rives de l’autobiographie, sensibles, profondes : « On avait l’âge de nos fêlures et on était conquistadors… » Superbe Ruelle des morts !

Il nous ressort, nous ressert son Errer humanum est de 1986 (« Bourlinger / Errer humanum est / Toujours plus loin / A fond la caisse / Et toujours toujours plus l’ivresse / On the road again men ») qu’une autre chanson, sortie à peu près au même moment [On the road again de Lavilliers, NDLR] l’avait conduit à ranger précipitamment. C’eût été dommage de définitivement l’oublier…

La scène est grande. Cinq musicos avec Thiéfaine et toutes les combinaisons possibles de lumières, qui elles aussi l’habillent et l’habitent : reste que l’Hubert-Félix est souvent dans l’ombre, dans le sombre, et pas que de ses vers paradoxalement lumineux.

Show flamboyant, public captivé au-delà des mots, Thiéfaine restera un des grands moments de cette édition 2015 de Paroles et Musiques.

 

Le site d’Hubert-Félix Thiéfaine, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà écrit sur lui, c’est làImage de prévisualisation YouTube

Une réponse à Paroles et Musiques 2015. Thiéfaine, puissant, majestueux !

  1. Danièle Sala 13 juin 2015 à 14 h 07 min

    Toujours un moment très fort un concert de Thiéfaine , il sera au Zénith de Cournon d’Auvergne , le 27 novembre prochain avec un public fidèle et passionné .

    Répondre

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