CMS

France-Inter : esprit, es-tu là ? (l’été seulement et encore, grâce aux défunts !)

Jean-Louis Foulquier (photo DR)

Jean-Louis Foulquier (photo DR)

Je ne savais pas que Didier Varrod faisait dans le spiritisme, à faire bouger les tables dans le studio en psalmodiant « Esprit es-tu là ? » Monsieur Varrod, directeur de la musique sur Inter, cherche esprit désespérément. C’est vrai que ce n’est pas avec Nagui, le tout-terrain opportuniste de l’animation radio-télé, qu’il risque de le trouver. Alors on convoque les anciens, les morts qu’on refait bosser après leur trépas : ça doit être ça la relance consécutive à la loi Macron.

C’est la rentrée chez France-Inter, qui déjà nous fait regretter les vacances. Non pour les sex, sea and canicule, non. Mais pendant quelques semaines, nous nous sommes crus sur une radio de service public, qui respecte le public, qui a du goût, qui a du sens pour qui aime en avoir entre les oreilles. Qui de plus apprécie la chanson. Quarante-cinq minutes chaque fois, qui avec Jacques Brel, Jean Ferrat, Joe Dassin, Dalida, Charles Trenet mais aussi Fernandel, Jeanne Moreau et Brigitte Bardot qui furent aussi un peu beaucoup chanteurs (et, de René Goscinny à l’abbé Pierre, d’autres personnalités culturelles) : ce fut le retour de la Radioscopie de Jacques Chancel, par Chancel.

Et celui de Jean-Louis Foulquier par de multiples extraits en renfort de Didier Varrod pour L’Esprit d’Inter (il faut comprendre « l’esprit Foulquier »). Dites, Varrod n’en a-t-il pas ? Quitte à faire, au lieu de parsemer une émission d’extraits de Foulquier, on aurait pu rediffuser quelques de ses émissions en intégral, comme avec Chancel. C’était gênant ? C’est vrai que Foulquier fut naguère jeté comme un malpropre, du jour au lendemain, au prétexte un peu fumeux de son âge (chez Inter quand on veut se débarrasser de quelqu’un, on l’accuse d’être vieux). Je ne sais pas, là où il gît, ce que Jean-Louis en pense : ils n’ont pas mis de micro dans son cercueil, les ballots.

Jacques Chancel (photo DR)

Jacques Chancel (photo DR)

Bon, Chancel, Foulquier, en plus Juliette une fois par semaine en juillet. Et le feuilleton sur Robert Charlebois : c’est donc qu’Inter aime de nouveau la chanson ? Non, non. La nouvelle grille est tout aussi indigente que celle de l’an passé. Bien sûr on me fera objection en me citant Philippe Meyer, l’exception culturelle donc, à qui on n’a toujours pas supprimé sa tranche du samedi midi (accrochez-vous, Philippe, ça viendra…). Bien sûr Varrod et Manoukian nous causeront encore de Chanson, ou plutôt nous parlerons de celle des grandes majors de la variété, de la « musique ». Et n’iront pas dénicher le reste, immense, de la Chanson. Ce que faisait, un peu, beaucoup, passionnément, l’ami Foulquier.

L’esprit Inter, comme il existait autrefois, ce serait de se bouger, de se retirer les doigts du cul, d’aller sur le terrain, de prendre le pouls de la Chanson, de ne surtout pas attendre que Pascal Nègre rédige la playlist à votre place. Ce serait faire son métier, tout simplement, être curieux, être passionné, pas simplement se montrer tout souriant aux caméras, mais hanter les coulisses sans se faire voir. Avoir l’humilité de la recherche, de la découverte.

Et si franchement, cher Didier, vous n’avez pas le temps, lisez NosEnchanteurs chaque jour (et partagez-le).

9 Réponses à France-Inter : esprit, es-tu là ? (l’été seulement et encore, grâce aux défunts !)

  1. Isabelle Dhordain 28 août 2015 à 10 h 01 min

    (commentaire publié sur facebook)

    C’est à dire que varrod a viré des producteurs comme moi parce qu’ils faisaient de la vieille radio selon lui, et il se fait un plaisir de présenter des émissions de producteurs morts ! Il aime les morts ce garçon ! Il ne sait pas bien accompagner ceux qui vont mourir, mais quand ils sont morts, c est le meilleur.

    Répondre
  2. M. 28 août 2015 à 13 h 07 min

    Sans rentrer dans la polémique, douloureuse à plus d’un titre, un salut affectueux à vous, chère Isabelle Dhordain. En espérant que vous vous portiez au mieux.

    Répondre
  3. Gallet 1 septembre 2015 à 10 h 25 min

    Et encore faut-il être un bon mort… déjà, Leprest ne l’est qu’à moitié. D’autres, ne font pas de bons morts…Tel Pierre Louki, qui de son vivant n’intéressa la radio que parce qu’il lui permettait d’approcher Brassens. Et maintenant la vivante Claiire Elzière peut bien les chanter, elle intéresse bien peu nos radios. Dommage !

    Répondre
  4. Joel Luguern 2 septembre 2015 à 12 h 05 min

    En effet, en écoutant les chansons diffusées sur France Inter au cours de toutes les émissions, on se demande si l’on est vraiment sur « France » Inter. On a de plus en plus l’impression d’être sur Angl’Inter.
    Quelle évolution depuis quelques années! C’est plus que décevant. C’est consternant.
    Joël Luguern

    Répondre
  5. Jerry OX 7 octobre 2015 à 14 h 08 min

    France Inter que j’écoutais beaucoup dans les années 90 et 2000 a beaucoup changé depuis l’arrivée de Philippe val et cela ne s’est pas arrangé depuis …Une radio devenu (selon moi) trop élitiste et moins populaire au sens noble du terme comme elle put l’être à l’époque de jacques Chancel, du jeu des mille francs ou encore de jean-Louis Foulquier. Quel dommage pour une station de service …public !

    Répondre
    • Norbert Gabriel 7 octobre 2015 à 18 h 08 min

      Les changements ont commencé avant Val , Foulquier a été viré par Schlesinger qui était directeur de France Inter, et qui est aujourd’hui conseiller du PDG pour Radio France en général. Et cette année, l’émission d’Arielle Butaux a été supprimée, c’était une sorte de Pont des Artistes sur France Musique.

      « L’émission accueille des musiciens (jeunes talents à découvrir ou musiciens confirmés) qui jouent sans cachet ni défraiement, la régie étant assurée par des techniciens maison dont le salaire est de toute façon dû par France Musique : le coût de la production est donc maintenu à un niveau plus que raisonnable pour ce format. » Arielle Butaux en juin 2015.

      Répondre
  6. Jp Gleize Bourras 5 novembre 2015 à 0 h 57 min

    Un message affectueux et dans l’air du temps…
    D’Yves Jamait à Jean Louis Foulquier « J’ai appris… » sur son
    nouvel album : « Je me souviens… »
    « Il va quand même me manquer Un essentiel… »
    Et si nous les gardions,que pour nous, ces jeunes (!)chanteurs pour nos vieilles (radios)oreilles…
    Je déc…..bien sur.
    Aujourd’hui il a plu!

    Répondre
    • NosEnchanteurs 5 novembre 2015 à 11 h 40 min

      Le hasard a voulu que votre commentaire soit reçu au moment même où nous mettions en ligne la chronique du nouvel album d’Yves Jamait, son sixième opus, entre nous une pure merveille.

      Répondre
  7. Jp Gleize Bourras 5 novembre 2015 à 17 h 41 min

    Ah! « Bun diù » je l’ai cherché ce qualificatif et aucun ne m’a convenu( splendide,magnifique,unique ).
    Grandiloquents à souhait,et ne reflétant pas ce que j’ai ressenti en l’écoutant.
    Et vous l’avez trouvé!
    « Une pure merveille! »
    Et il continue de pleuvoir!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives