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Maurane, tu verras, nous verrons

Mauranne (photo Bertrand)

Maurane (photo d’archives Bertrand Guay)

Festival de la Chanson française du Pays d’Aix. salle du Bois de l’Aune, 6 octobre 2015,

 

Celle qui doit son nom de scène au metteur en scène de Starmania (un certain Morane) est une star et entend nous le faire savoir, le faire entendre. L’orchestre est talentueux, avec parmi les meilleurs de leur catégorie, le solaire guitariste marseillais Louis Winsberg, le bassiste belge Evert Verhees, le batteur et compositeur Stéphane Huchard et le claviériste Philippe de Cock.
Seulement, tant sur cette sensuelle chanson d’ouverture (Tant c’était bon, on aimerait bien avoir quelques détails sur ce « Dieu que c’est bon quand il m’emmène / Dans les derniers refuges de l’obscène »…) que sur d’autres, tout talentueux qu’il soit, l’orchestre couvre les paroles et la voix de l’artiste. Adieu volupté. Tant que c’en est douloureux à l’oreille. Ajouter à ça des intermèdes parlés anecdotiques et lourds, parfois quelque peu méprisants pour le public. Et longs, trop longs… Il nous faut attendre Ouvre (chanson-titre de son récent album) pour, au son d’un solo de clavier, retrouver cette voix profonde qui domine enfin l’orchestre, même quand batterie et guitare la rejoignent. C’est tout de même mieux de comprendre des « Je voudrais que tu m’ailles / comme une écharpe au vent  / sur les dentelles de Montmirail » et autres Tu verras (de Nougaro, l’adaptation de la bossa nova de Buarque), L’un pour l’autre ou Sur un prélude de Bach qu’elle nous dit avoir à nouveau envie de chanter.

UN FESTIVAL POUR L'AMOUR DE LA CHANSON    Ce festival créé en 2003 par des passionnés de chanson, Jean Castarède et Patricia Pélissié, son actuelle déléguée générale, à l'origine sous le parrainage de Serge Reggiani et les conseils éclairés de Jean-Michel Boris, se veut ouvert à toutes les expressions musicales francophones. Depuis treize ans il s’attache à faire vivre la Chanson en accueillant une vingtaine d’artistes émergents ou confirmés, essentiellement dans des lieux de Chanson de proximité, de la Bastide en campagne aixoise aux nombreux Caveaux de l’Aix souterraine, en passant par le Château médiéval de Trets, le club Korigan (royaume du métal) ou, pour un plus vaste public, la Salle du Bois de l’Aune à Aix-Jas de Bouffan. Je me suis ainsi perdue au Cagnard sur la route du Tholonet, à la recherche de cette bastide au bout d’un sinueux chemin privé sous la pinède. J’y ai découvert le talentueux Alain Sourigues, à mi façade de d’Artagnan et Don Quichotte, voix bien placée à la diction sans faille et au savoureux accent, faux airs de Nougaro. Dès qu’il paraît sur scène on est tout de suite sous le charme de cet histrion et troubadour génial, de ce personnage surréaliste tendre et poétique, drôle et caustique, à l'exceptionnelle virtuosité langagière. Concert suivi d’une table conviviale dressée sous un simple auvent : audacieux un lendemain de grand déluge. De belles rencontres, un public emballé de sa découverte. Nous, nous savions déjà. J’ai plongé dans ce caveau aixois qui accueillait  le concert intime et ultime d’Olivier Béranger. J’ai enchaîné les ronds points du quartier périphérique du Jas de Bouffan pour me rendre au concert de cette grande dame de la chanson qu'est Maurane… Il y avait encore bien à découvrir, entre prometteuses chanteuses,  jeunes groupes pop ou hip-hop et vieux routiers du rock, ou dans le Off aux femmes dédié.

UN FESTIVAL POUR L’AMOUR DE LA CHANSON
Ce festival créé en 2003 par des passionnés de chanson, Jean Castarède et Patricia Pélissié, son actuelle déléguée générale, à l’origine sous le parrainage de Serge Reggiani et les conseils éclairés de Jean-Michel Boris, se veut ouvert à toutes les expressions musicales francophones.
Depuis treize ans il s’attache à faire vivre la Chanson en accueillant une vingtaine d’artistes émergents ou confirmés, essentiellement dans des lieux de Chanson de proximité, de la Bastide en campagne aixoise aux nombreux Caveaux de l’Aix souterraine, en passant par le Château médiéval de Trets, le club Korigan (royaume du métal) ou, pour un plus vaste public, la Salle du Bois de l’Aune à Aix-Jas de Bouffan.
Je me suis ainsi perdue au Cagnard sur la route du Tholonet, à la recherche de cette bastide au bout d’un sinueux chemin privé sous la pinède. J’y ai découvert le talentueux Alain Sourigues, à mi façade de d’Artagnan et Don Quichotte, voix bien placée à la diction sans faille et au savoureux accent, faux airs de Nougaro. Dès qu’il paraît sur scène on est tout de suite sous le charme de cet histrion et troubadour génial, de ce personnage surréaliste tendre et poétique, drôle et caustique, à l’exceptionnelle virtuosité langagière. Concert suivi d’une table conviviale dressée sous un simple auvent : audacieux un lendemain de grand déluge. De belles rencontres, un public emballé de sa découverte. Nous, nous savions déjà.
J’ai plongé dans ce caveau aixois qui accueillait le concert intime et ultime d’Olivier Béranger.
J’ai enchaîné les ronds points du quartier périphérique du Jas de Bouffan pour me rendre au concert de cette grande dame de la chanson qu’est Maurane… Il y avait encore bien à découvrir, entre prometteuses chanteuses, jeunes groupes pop ou hip-hop et vieux routiers du rock, ou dans le Off aux femmes dédié.

Les paroles ne sont certes pas très profondes, ni les sujets bien variés (c’est passion amoureuse tout le long du récital), mais le talent d’interprète de Maurane nous y fait croire, surtout en son vibrant « Toi c’est différent.» Le sommet de l’émotion est pour quand Elle oublie, dédié à Annie Girardot, qui évoque la maladie d’Alzheimer. Son jeu de scène où elle chante assise et finissant de dos « comme un soleil couchant », est terriblement efficace. Pour la richesse d’un texte, comptons sur Brigitte Fontaine et sa fascination-répulsion : « Bijoux, parfums, fourrures, affolantes parures / J’aime autant que je hais vos barbares attraits… » Et la sincérité de son aveu à sa fille Lou, dans ce texte qu’elle ose enfin signer : « Tu es mon amour, mon sang /Mon grand fou rire indécent /Mon regard fougueux ou indolent. »

Cet aveu de victoire comme de souffrance, J’suis trop forte, elle le prend à son compte, nous l’envoie en pleine figure. Mais parfois la voix passe avant l’émotion, comme dans ce duo virtuose avec son amie la chanteuse Victoria, sur les Yeux fermés.

De Dans ta gueule de loup à L’autruche (« Toutes les nuits, avec mes copines / On s’amuse en chantant du Gershwin ») la fin du concert développera toutes ses qualités de chanteuse de jazz proche de Toutes [ces] mamas mythiques, par l’ampleur de sa voix de velours et ses talents au scat.

Dans les multiples rappels, nous retiendrons cet intéressant télescopage de chansons célèbres enchaînées avec humour, a capella.

Et regretterons toutefois que Maurane ne daigne venir dédicacer ses livres et albums en vente à la sortie.

 

Le site de Maurane, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là. Nos articles sur Alain Sourigues et sur Olivier Béranger. Image de prévisualisation YouTube

5 Réponses à Maurane, tu verras, nous verrons

  1. Sylvie Lamy 20 octobre 2015 à 19 h 52 min

    Je m’aperçois que je n’ai pas posté mon commentaire au bon endroit. J’espère que vous veillerez à le remettre à la bonne place pour qu’il soit lu. D’avance, merci.
    Sylvie Lamy

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  2. Danièle Sala 21 octobre 2015 à 15 h 05 min

    Eh oui, quelquefois, on peut être déçu en voyant sur scène un ou une chanteur ( teuse) que l’on aime et que l »on idéalise . Au delà du talent et d’une voix exceptionnelle, il y a le comportement envers le public . Et ça peut faire d’autant plus mal quand il s’agit d’un chanteur que l’on suit depuis des décennies avec une certaine vénération, comme il m’est arrivé d’être déçue par Jacques Bertin, ien juillet 2014 à Blanzat , et je n’était pas la seule .

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  3. Joel Luguern 5 novembre 2015 à 0 h 37 min

    Maurane doit son nom d’artiste au metteur en scène de Starmania? Ah bon… J’ai toujours entendu dire que son prénom est Claude et son patronyme :Maurane. Et que  » ‘la petite Claude’ est devenue irrésistiblement ‘Maurane’  » comme l’écrivait Pierre Barouh sur la pochette d’un des premiers disques de Maurane. C’est en effet en produisant ses premiers 45 tours que le patron de Saravah a fait entrer l’inconnue Claude Maurane dans le circuit de la chanson francophone.

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    • NosEnchanteurs 5 novembre 2015 à 9 h 18 min

      Désolé, Joël : Claude Maurane est née Claudine Luypaerts. Son pseudo de Maurane est décliné de celui du metteur en scène Francis Morane. Avant de prendre le pseudo de Maurane, elle avait pris celui de Claude Malva puis celui de Claudie Claude.

      Répondre
  4. Joel Luguern 9 novembre 2015 à 1 h 11 min

    Merci Nosenchanteurs pour cette information. Décidément ce site est une véritable encyclopédie. C’est donc le prolongement utile et nécessaire de la revue Chorus (dont je possède tous les numéros…) Bien amicalement.

    Répondre

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