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Paroles & Musiques 2017. Gauvain Sers, usiné chez Renaud

Gauvain Sers (DR)

Gauvain Sers (DR)

Son ADN ? Gavroche, Aristide Bruant, Gaston Couté sans doute, Alain Souchon… Allain Leprest, il y tient (« Pourvu qu’elle sache qui est Leprest… »). Et, difficile de ne pas le savoir, Renaud Séchan.

Dès l’entame de son tour de chant, il glisse entre deux vers « Société, tu m’auras pas », levant ce qu’il pouvait rester d’ambiguïté. De toute façon, c’est un peu faussé. On sait que Gauvain Sers sort de 85 premières parties forcément populeuses de Renaud : de quoi se faire un nom, un prometteur et mérité début de réputation. De quoi attirer à lui – et sans condition – le showbiz : son premier album est pour dans quelques jours dans les bacs. Même à la Fnac, c’est dire, entre aspirateurs et cafetières. Alors, le timbre de sa voix, sa façon de chanter, d’écrire, de musiquer, ses émotions et ses indignations, tout en nous juge à l’aune de son mentor, de son apport, de sa survivance.

ZIM, LE LYONNAIS QUI DÉPOTE «  J'ai le verbe plombé, le coeur lourd et la gorge serrée. Les premières notes me rassurent à peine... » Suffit de l'entendre uns fois pour retenir son nom : Zim. On pourrait l'étiquetter « slam » ou « rap » que ce serait juste mais notoirement insuffisant. Il est bien plus, comme un pont entre les genres, le no man's land où vers et notes se rencontrent, s'accouplent et nous donnent d'intéressantes propositions. Il y a en lui tout autant du rap que de la chanson. Si parfois il vous rappelle Anis (à l'écoute de Requin, c'est évident !), Bill Deraime même parfois, ce ne sera pas étonnant, il est sur de telles pistes. A un moment il vous fera un bras de fer avec son complice et musicien Rémi Videira à qui beat-boxe le plus loin : à un autre il vous réinventera la chanson de reportage, là sur Madagascar. La chanson se nomme Veloma Vasa et c'est un bijou qui presque mériterait le Pulitzer, plongée sensible dans un bidonville, là où la vie est fragiel : « J'ai vu un peuple se débrouiller / Pour ne pas finir affamé / Et le lendemain recommencer ». « Dis-moi, comment c'est la France ? » D'une chanson l'autre, d'un genre l'autre, on ne s'ennuie pas de Zim, de ses alitérations, de ses rimes. Qui se permets même de répondre à Moustaki, de réfuter sa Liberté, sa prison d'amour : « Si la vie est une prison / Toi t'es ma liberté / J'aime te surprendre / Liberté d'entreprendre ». En plus, c'est joliment bien dit. Du slam, il en fait. Du rap, aussi, même si c'est auto-dérisoire. Tout est pétri d'une vraie culture chanson, avec références, avec révérence. Et une énergie qui ne connaît pas de fin. Au terme de la prestation dans la salle du Pax, il se sont invité en apéritif du repas festivalier. A la vôtre, les gars !

ZIM, LE LYONNAIS QUI DÉPOTE
« J’ai le verbe plombé, le coeur lourd et la gorge serrée. Les premières notes me rassurent à peine… » Suffit de l’entendre une fois pour retenir son nom : Zim. On pourrait l’étiqueter « slam » ou « rap » que ce serait juste mais notoirement insuffisant. Il est bien plus, comme un pont entre les genres, le no man’s land où vers et notes se rencontrent, s’accouplent et nous donnent d’intéressantes propositions. Il y a en lui tout autant du rap que de la chanson. Si parfois il vous rappelle Anis (à l’écoute de Requin, c’est évident !), Bill Deraime même parfois, ce ne sera pas étonnant, il est sur de telles pistes. A un moment il vous fera un bras de fer avec son complice et musicien Rémi Videira à qui beat-boxe le plus loin : à un autre il vous réinventera la chanson de reportage, là sur Madagascar. La chanson se nomme Veloma Vasa et c’est un bijou qui presque mériterait le Pulitzer, plongée sensible dans un bidonville, là où la vie est fragile : « J’ai vu un peuple se débrouiller / Pour ne pas finir affamé / Et le lendemain recommencer ». « Dis-moi, comment c’est la France ? »
D’une chanson l’autre, d’un genre l’autre, on ne s’ennuie pas avec Zim, de ses allitérations, de ses rimes. Qui se permet même de répondre à Moustaki, de réfuter sa Liberté, sa prison d’amour : « Si la vie est une prison / Toi t’es ma liberté / J’aime te surprendre / Liberté d’entreprendre ». En plus, c’est joliment bien dit.
Du slam, il en fait. Du rap, aussi, même si c’est auto-dérisoire. Tout est pétri d’une vraie culture chanson, avec références, avec révérence. Et une énergie qui ne connaît pas de fin. Au terme de la prestation dans la salle du Pax, il se sont invités en apéritif du repas festivalier (photo ci-dessus). A la vôtre, les gars !

Gauvain Sers nous vient de la Creuse (il ne cesse de nous le rappeler, même au creux de ses chansons ; il devrait reprendre ce vieux tube de Pierre Billon, La Creuse, ça lui irait bien), porte casquette côtelée marron et, comme Renaud, ses chansons se partagent entre l’intime (Dans la voiture de mon père, Quand elle appelle sa mère…) et, sinon les barricades, au moins la sinistre réalité d’aujourd’hui. Si, par Manhattan Kaboul, Renaud chanta les attentats du 11 septembre, Gauvain Sers chante ceux de Charlie-Hebdo (Entre République et Nation, sur la manifestation monstre du 11 janvier) et du Bataclan (Mon rameau, pas chantée hier). Il restitue aussi avec un réalisme saisissant l’effroi d’une famille désemparée dont [le] fils est parti au Jihad (« croyant aider des jeunes malades »).

Il nous faudra le temps pour voir en ce jeune homme épatant un artiste à lui tout seul. Depuis déjà longtemps, Renaud et nous-même, parfois nous-même contre Renaud, cherchons son successeur. Benoît Dorémus, Marie Cherrier, Renan Luce (le gendre), Govrache…

Là, dans le confort de la petite salle du Pax, avec Martial Bort à la deuxième guitare, c’est presque concert collector, l’un des derniers, pour Gauvain, dans une si petite jauge : le succès désormais programmé affiche pour bientôt d’intéressantes dates. Pour autant, ici, ce n’est pas encore un public de fans mais un autre, très exigeant, de chanson française. Certes, le public ne lui fera pas, au terme du concert, une ovation debout. Mais l’écoute est attentive et les applaudissements sincères. Regard critique sur celui qui est appelé à poursuivre sinon une œuvre au moins un genre, une subdivision de la chanson, presque une école. D’autres que moi parleraient d’une régie : la régie Renaud. Ce p’tit gars laboure un genre (qui me souffle qu’il le creuse ?), les graines devraient prendre. À la suite du roi Renaud, il y a désormais, sinon un prince, au moins le dauphin désigné.

 

Le site de Gauvain Sers, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Le site de Zim, c’est là ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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3 Réponses à Paroles & Musiques 2017. Gauvain Sers, usiné chez Renaud

  1. Gallet 6 juin 2017 à 10 h 21 min

    Le titre de l’article me gêne… déjà que le nom de Sers se prête à tous les bons et mauvais jeux de mots…nous prononcerons donc le « S » final.
    Je suis gêné par ces réticences.Si le chanteur a plus que décuplé son audience, nous nous plaignons assez de l’absence de diffusion de la chanson par les médias pour le regretter. Je n’avais jamais vu autant de jeunes dans un concert de « chansons de paroles » qu’à Guéret, salle remplie, et il n’y avait pas Renaud avec lui mais Pierre Paul Danzin, autre chanteur creusois dont on ne parle pas assez cette fois . Gauvain n’y est pour rien.
    Cette présence de la jeunesse me semble primordiale, on compte suffisamment de cheveux gris et blancs aux spectacles pour ne pas trop faire la fine bouche. Nous avons entendu Gauvain Sers avant que Renaud le soutienne et l’émotion de ses chansons était déjà portée, comme sa casquette .

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    • Michel Kemper 6 juin 2017 à 11 h 06 min

      « Usiné chez Renaud » ne veux pas dire « usiné par Renaud ». Je suppose que si le nom de Gauvain Sers, jeune chanteur en tout point estimable, a été porté, suggéré, à l’oreille de Renaud, ce n’est pas par hasard. Le répertoire de Gauvain Sers (on parlera d’oeuvre au bout de quelques albums, il faut attendre) porte en lui l’ADN de Renaud. Dans les thèmes, la façon d’écrire, de mettre en musique, de chanter. Ecoutons cette superbe chanson « Quand elle appelle sa mère » : au mot près, Renaud aurait pu l’écrire et la chanter. On se doute bien qu’avant de faire connaissance, Renaud était l’inspirateur, peut-être pas unique mais prépondérant, de Gauvain Sers. Dans le futur, Gauvain s’éloignera peut-être de son modèle de départ. Reste que ce disque qui nous arrive dans trois jours est à l’évidence un petit bonheur. Il nous ramène au Renaud des années 80 et nous console de celui, actuel, qui nous déçoit. Et s’il peut ramener à une certaine idée de la chanson que nous partageons vous et moi, c’est bingo. La chanson compte beaucoup de jeunes chanteurs porteurs d’espoir. IL faut favoriser le rencontre entre ces artistes et le jeune public. Pour Gauvain, c’est fait. Tant mieux. Restent les autres.

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  2. Gilles 7 juin 2017 à 23 h 43 min

    Si Gauvain est le « fils » de Renaud,
    Zim ne serait-il pas celui de Thomas Pitiot?

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