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Amélie-les-crayons : à nouveau frôler la perfection

Amélie-les-crayons (photo DR)

Amélie-les-crayons (photo DR)

Amélie-les-crayons est décidemment à part dans la chanson, à contre-courant de tout ce qui se fait. À elle seule elle y fait niche. Et singulière et agréable marge. Il y a en elle la résurgence d’une chanson traditionnelle (ça crève l’écran ne serait-ce qu’à l’écoute du Vent dans les éoliennes ou de ce Mille ponts, très « yacoubien » dans le sujet, l’écriture et l’interprétation). Pas tout à fait bien sûr, car pas polie par la transmission, encore que (c’est un de ses thèmes de prédilection), mais qui en a souvent la sagesse, l’inspiration et, au final, l’élégante et superbe patine.

Amélie est légèreté, non dans le propos, certes non (il y a souvent beaucoup de gravité dans ses vers), mais dans la façon de l’exposer. Sa voix est presque danse, les mots font chorégraphie, comme le feraient des farfadets, des étoiles dans le ciel ou ces agroglyphes qui redessinent les épis rebelles « pendant qu’on s’effeuille aux champs ». « L’amour et le courage parfois ne suffisent pas / Alors je danse aux cieux aux esprits et à la force / Alors je fais des vœux je chante de toutes mes forces ». Ne chante-t-elle pas « Je suis avec vous / Au bal des vivants / Et je suis avec vous / Dans un tableau géant / Un manège envoûtant… » ? Ce qu’Amélie chante c’est presque film d’animation au trait d’une fausse naïveté et à la palette sensible (un peu comme ce trait de Samuel Ribeyron, qui toujours illustre les pochettes et livrets d’Amélie), où tournoient les émotions, les beautés et les indignations de ce monde.

amelie mille pontsIl y a en cet album (le quatrième en studio) une énergie qu’on lui connaissait, certes, mais pas à ce point. Ça percussionne et ça rythme à tout va : ce sont les rythmes qui donnent vie aux chansons, non une suite d’accords ou une harmonie comme il en va habituellement. Tout claque, tout cingle, fait son et sens. Car derrière le son s’érigent ou se décodent ceux qui sont et restent les fondamentaux d’Amélie (liens, filiations – on y retrouve sa mère en un superbe et ultime secret –, solidarité, entraide, espoir, environnement…) traités avec la touche d’intemporalité qui accentue plus encore l’impression de chansons tirées de la tradition. « Ce lien qui relie mon cœur à votre âme / Est indestructible madame ! »

Saluons (nous ne le faisons pas souvent mais, là, c’est rarement aussi évident) le bel équipage musical de ce disque : les fidèles Olivier Longre et Bruz, Quentin Allemand (percussions), Olivier Kikteff (guitare) Guillaume Faure (banjo), Sébastien Quencez (ukulélé), Guillaume Clary (flûte et bohran).

C’est un disque qu’il vous faut avoir, non sagement rangé sur votre étagère à disques mais toujours à proximité de votre platine, au nom de l’élémentaire et indispensable droit au bonheur.

 

Amélie-les-crayons, Mille ponts, Néômme/L’Autre distribution 2017. Le site d’Amélie-les-crayons, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là. Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Amélie-les-crayons : à nouveau frôler la perfection

  1. Siméon Kiss 28 juin 2017 à 11 h 30 min

    Lire cet article, ça vous donne furieusement envie d’écouter l’album. J’espère qu’on le trouve partout

    Répondre

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