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LOU, y es-tu, que fais-tu ?

LOU (photo Lartsenic Blogzine / Catherine Deylac)

LOU (photo Lartsenic Blogzine / Catherine Deylac)

Précaution préliminaire. L’artiste dont il va être question dans cette chronique n’a qu’un lointain rapport avec la dénommée Lou, jeune adolescente finaliste de Voice-Kids, produit estampillé TF1, qui vient de sortir son 1er album et qui sera bien entendu bien plus médiatisée. Souhaitons-lui la plus belle carrière qui soit et passons à autre chose.

Or donc, voici LOU (son nom s’écrit en majuscules), auteure-compositrice-interprète, qui nous offre son 4ème album seulement en 18 ans. Le seul moment, c’est son titre. Neuf chansons suspendues. Comme une parenthèse dans le mouvement perpétuel. Un disque nocturne, à savourer le soir tombé, en s’y abandonnant, en se laissant bercer par cette ambiance douce et mélancolique. Un disque qui réchauffe l’âme.

Pourtant, si l’on s’en tient aux seuls textes, rien de bien joyeux de prime abord. Le deuil s’y est fait un nid. La mort rôde, omniprésente, latente. Celle que l’on attend et espère (« Vite, pourvu que ça aille vite / S’il vous plaît / Le couteau dans la plaie« ), celle qu’on subit (« Tu danses avec elle / Mon père éternel »), celle qu’on surmontera cependant (« Ce n’est qu’une pierre / Que le soleil chauffe / La main qui la serre / Fort… plus fort que la mort »). Car la vie est là, toujours recommencée, jamais inassouvie (« Rien n’est plus beau / Que cette vie de chien / Et rien ne vaut / Ce jour qui vient »). Une vie qui nous voit prendre comme confident un arbre dans la forêt (« C’est ma bouche  / Qui le touche »). Une vie venue des limbes, auxquelles on retournera (« Au milieu / Dans le creux / Là où on est bien / Dans le pli / Infini / Là où on revient »). Une vie qu’on quittera apaisé, pour rejoindre l’autre bord du fleuve, passager de l’antique Charon (« Sur la rivière / Il y a une barque / Un jour on la prendra »).

digi LOU FAB mpo 31-08.inddToutes les paroles citées semblent venir d’une même chanson. C’est que l’album a une remarquable unité de ton. Réalisé avec la complicité de Dominique Mahut, vieux partenaire de Lavilliers et de Higelin, les claviers et synthés s’y taillent la part du lion, mettant en valeur la voix doucement rauque de LOU. Son chant sobre tient du psaume, de la litanie, de la transe. Envoûtant pour qui accepte de lâcher prise.

Le seul moment est un disque catharsis. On y devine les peines et les douleurs qui ont assailli l’artiste, qu’elle aura su transcender pour changer cette ivraie en bon grain. La plante qui en a poussé est de celle qu’on chérit, qu’on a envie de garder jalousement pour soi, comme un secret qu’on craint de divulguer. Ce serait là faire preuve d’un égoïsme bien mal placé pour une chanteuse qui s’ouvre si généreusement à nous.

 

LOU, Le seul moment, ADCA/L’Autre distribution 2017. Le site de Lou, c’est ici 

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