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Ziako, embarquement immédiat

Ziako (photo DR)

Ziako (photo Sylvia Vasseur)

Ziako. Un patronyme étrange aux senteurs d’exotisme. Sur son site, nous apprenons que son nom signifie « Musique guérisseuse à partager » en malgache. Ce qui nous permet de conclure deux choses. Primo, la langue malgache brille par sa concision ! Secundo, l’adoption d’un tel pseudo sonnant comme une véritable profession de foi, préparons nos valises pour un voyage musical, avec la guitare et le swing pour tout passeport.

Son premier véritable album (après deux EP) confirme l’impression première. Rien que le titre nous emporte : Né en voyage. Album qui s’ouvre sur une chanson porteuse de rêve : Mon île. Quoi, vous êtes encore là ? Alors que vous attend cette île comblée de merveilleux, où l’on danse à petits pas ? Comme pour le glorieux jardin extraordinaire du père Trenet, il suffit d’un peu d’imagination. Imagination qui nous fait prendre la place d’un tatouage (« Toi qui m’as dans la peau / Tu peux compter sur moi ») ou nous fait rencontrer la femme de nos rêves (« Welcome belle comme / La cerise sur le gâteau »). Et quel meilleur guide pour ce périple exotique que Corto Maltese (« Je voudrais faire comme Corto / Partir en bateau, voyager de jour comme de nuit / Bourlinguer avec la soif et l’envie ») ? Maître à penser imaginaire, comme d’autres artistes, bien réels, auxquels Ziako rend un vibrant hommage (Dick Annegarn, Allain Leprest, Romain Didier, Tryo et François Corbier : rien que du bon !).

27857903_10213590202023358_2284982402148487186_nOn y ajoute une vignette pleine d’humour sur un radin pique-assiette pas piqué des vers (« Est-ce de ma faute si mon frigo / Est toujours vide quand vous passez ? / Je vis de riz et d’un verre d’eau / Même si j’adore votre cassoulet »), une chanson d’amour aux accents d’Yves Jamait (un peu trop !), un bilan mélancolique (« J’veux pas me prendre la tête, je tombe le masque / J’ai juste envie d’être libre, envie d’être bien ») et le trop court album s’achève déjà sur le revigorant portrait d’une vieille emmerdeuse de première, une Tatie Danielle mâtinée de Calamity Jane, terreur de la maison de repos. Que le ciel nous préserve de croiser un jour le chemin de cette Mamy Gisèle !

Toutes ces paroles troussées avec bonheur s’égrènent sur des rythmes tropicaux et ensoleillés, caribéens ou sud-américains. Ukulélé, cajón, saxophone, accordéon, percussions… Tous les instruments concourent à vous faire la courte échelle pour un nuage de félicité. De la vraie chanson populaire, légère et joyeuse, avec des refrains à reprendre en chœur, des la la la et des diguidi guidi guidam dam à entonner, des paroles à la simplicité et à la naïveté assumées… Comme un Philippe Lavil revisité pour notre plus grand plaisir.

Je laisse le mot de la fin à ma charmante consoeur Catherine Laugier : « Ziako, c’est un vrai soleil en ces moroses périodes. Allez l’écouter si vous voulez vivre vieux, avec la jeunesse éternelle au cœur. »

Que voulez-vous que je dise après cela ???

 

Ziako, Né en voyage, MCA/EPM/Universal 2018. Le site de Ziako, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

2 Réponses à Ziako, embarquement immédiat

  1. Catherine Laugier 20 mars 2018 à 12 h 41 min

    Il ne se prend pas au sérieux, pourtant il le fait avec sérieux, son boulot, avec tendresse…
    Ici un mini concert à Châteauroux : https://www.youtube.com/watch?v=kVMM4oKqTrU

    Répondre
  2. Rétrolien fête de la musique – LE COMPTOIR

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