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Ça va, Saravah !

Pierre Barouh (photo DR)

Pierre Barouh (photo DR)

C’est tout autant un livre qu’un dossier, fort complet au demeurant. Sur la première décennie de Saravah (son déroulement précis, sa philosophie), la plus belle œuvre de Pierre Barouh. Par son fils, Benjamin, né au presque début de cette décade prodigieuse.

On connait l’histoire, que Pierre Barouh ne s’est jamais lassé de relater. Comment le supposé insuccès d’un film va faire naître Saravah : « Alors que Claude  Lelouch cherche des fonds pour terminer le tournage d’Un homme et une femme, Francis Lai et Pierre Barouh qui ont écrit les chansons du film, proposent leur bande originale à un grand éditeur, afin d’obtenir une avance. Face au refus et au scepticisme rencontrés, les trois amis fondent leur propre société d’édition musicale, le 1er janvier 1966 ». Comment une palme d’or providentielle et l’incroyable succès d’une chanson, la chanson-titre du film Une homme et une femme (en duo avec Nicole Croisille), va modifier le destin d’un homme, lui donnant soudain l’argent, véritable corne d’abondance, pour réaliser ce qui encore maintenant apparaît comme pure folie.

saravahAutre chanson sur cette bande originale, la Samba Saravah, enregistrée sur un magnéto Revox, arrivée à Paris dans la valise de Pierre Barouh. Saravah : la raison sociale est toute trouvée. Le sous-titre de le société ressemble à Barouh : « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire ».

A la recherche de ses plus vieux souvenirs, en partie vécus dans le fameux studio de la place des Abbesses, voulant compléter, ajuster sa mémoire familiale, éclairer les zones d’ombre, Barouh junior s’est lancé dans l’enquête, a rencontré tous les acteurs et témoins ou presque de cette aventure : collaborateurs, techniciens, musiciens et artistes, parmi lesquels Areski Belkacem, Francis Lai, Claude Lelouch, David McNeil, Raphaël Caussimon, Dominique Barouh… Tout pour nous permettre de comprendre, presque de participer à ces années où l’utopie fut le maître-mot, le quotidien.

Par Saravah, c’est bien sûr le portrait de Pierre Barouh, disparu en décembre 2016, qui se dessine ici.

En fin d’ouvrage, outre le volet Cinéma de ce livre (et le synopsis du film de Pierre Barouh « Ça va, ça vient »), le catalogue de toutes les productions Saravah de cette décennie : de Brigitte Fontaine à Jacques Higelin en passant par Jean-Roger Caussimon, Aram, Champion Jack Drupree, Pierre Akendengue, Steve Lacy, David McNeil, Majhun, Jack Treese (…) et Pierre Barouh.

 

Benjamin Barouh, Saravah, c’est où l’horizon ? 1967-1977. Le Mot et le Reste 2018. 304 pages, 22 euros. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Pierre Barouh, c’est ici ; le site des éditions Le Mot et le Reste, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

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