CMS

Dany Nicolas, l’endommageur de Gary

Dany Nicolas

Dany Nicolas (photo non créditée, prélevée à sa page facebook)

Durant toute une saison, l’ami Rémo Gary fut bien malmené, cassé, cabossé, endommagé, irradié, cause à la maladie. C’est désormais à conjuguer au passé : « On m’a renouvelé mon permis de séjour / On a payé pour moi la prime de retour / Le droit de séjourner quelques années encore / Je connais mieux la vie, je la connais par corps » écrivait-il dans son Petit journal de début d’été. Entre deux traitements, on dit que la période fut propice à l’écriture, et qu’un album et deux livres pourraient bientôt voir le jour…

Y’a pas que la chimio qui sait endommager. La chanson aussi, si si. Pour peu qu’un fou chantant s’en mêle, un olibrius pas configuré comme un autre, un qui s’amuse avec la chanson comme il ferait d’un jouet meccano : à le démonter, à la remonter pas tout à fait pareil.

C’EST P’T’ÊTRE ÇA L'BONHEUR   Ça s’immisce entre je et nous Un chat grimpé sur les genoux Le soleil qui s’pointe de bonne heure Sous la pluie un trottoir qui brille Le souv’nir des jeux de billes Aucun mort sur les champs d’honneur C’est p’t’être ça l’bonheur   Le bonheur c’est pt’être ça Des fils barbelés qu’on cisaille Les fers qu’on retire au forçat Les soirs où croulent les murailles Le bleu du ciel, des yeux, de l’eau Du rouge qu’on boit au goulot Des beignets de fleur d’acacia Le bonheur c’est p’t’être ça   Des pas qui craquent dans la neige Pour l’enfant un tour de manège Le sang que donne le donneur Cent mille pour un jour de manif Donner des grands coups de canifs Dans l’injustice et le malheur C’est p’t’être ça l’bonheur Le bonheur c’est p’t’être ça Les dictatures qu’on renverse A pied un ruisseau qu’on traverse C’est rien et à la fois tout ça C’est faire le monde mieux-égal Jusqu’au Yémen au Sénégal Idem au Congo-Kinshasa Le bonheur c’est p’t’être ça

C’EST P’T’ÊTRE ÇA L’BONHEUR
Ça s’immisce entre je et nous
Un chat grimpé sur les genoux
Le soleil qui s’pointe de bonne heure
Sous la pluie un trottoir qui brille
Le souv’nir des jeux de billes
Aucun mort sur les champs d’honneur
C’est p’t’être ça l’bonheur
Le bonheur c’est pt’être ça
Des fils barbelés qu’on cisaille
Les fers qu’on retire au forçat
Les soirs où croulent les murailles
Le bleu du ciel, des yeux, de l’eau
Du rouge qu’on boit au goulot
Des beignets de fleur d’acacia
Le bonheur c’est p’t’être ça
Des pas qui craquent dans la neige
Pour l’enfant un tour de manège
Le sang que donne le donneur
Cent mille pour un jour de manif
Donner des grands coups de canifs
Dans l’injustice et le malheur
C’est p’t’être ça l’bonheur
Le bonheur c’est p’t’être ça
Les dictatures qu’on renverse
A pied un ruisseau qu’on traverse
C’est rien et à la fois tout ça
C’est faire le monde mieux-égal
Jusqu’au Yémen au Sénégal
Idem au Congo-Kinshasa
Le bonheur c’est p’t’être ça

Lui se double-prénomme Dany Nicolas, il est Québécois. Connu là-bas par Royal Caniche, par Sagapool et Kleztory aussi, avec lesquels il voyage autour du monde depuis plus d’une décennie. Dany nous raconte la genèse de cette étonnante déconstruction-reconstruction : « Il y a des artistes que l’on croise au hasard et qui, par la force de leur parole, nous frappent et nous marquent à jamais.C’est ce qui m’est arrivé la première fois que j’ai entendu le poète français Rémo Gary au festival de la chanson de Tadoussac, il y a de cela quelques marées. Après de bons échanges dans un café de Paris, c’était évident, je devais endommager son œuvre ».

Un mois avant la sortie officielle de l’opus (un EP qui a pour titre Dommage à Gary, parce que dommage est tout aussi vrai qu’hommage et que c’est plus joli et, peut-être, un peu vrai), ce Dany Nicolas est venu en exclusivité le présenter à Bourg-en-Bresse, au théâtre Artphonème, un des antres au Gary.

A l’écoute de ce Dommage à Gary, on est étonnés et c’est bien la moindre des choses, des effets. Des chansons de Gary avec moins d’accords, plus de rugosité. Pas décapées ni retapées, non, mais vivifiées autrement. Un peu comme ce qu’avait fait le Suisse Thierry Romanens de Brassens, il y a longtemps. Un habillage peut être plus propice à porter les mots de Gary sur d’autres scènes, de musiques actuelles sans doute.

Dany Nicolas chante en apparence de façon plus détachée, distanciée, moins impliquée mais il ne faut pas croire ce qu’on entend : il porte des textes qu’il aime farouchement. Et défend. Cinq titres sont ainsi passés au gant de crin : Balai de crin, C’est p’t'être ça l’bonheur (co-écrite par Gary et Nicolas, lire extrait ci-contre), Quand le monde aura du talent, Le petit matin et Avec la tristesse. Chansons auxquelles Dany Nicolas adjoint une des siennes : Le rubber à clou.

La réaction de l’endommagé : « Comme il le dit lui-même, il a désarrangé mes chansons. Parfait ! Elles en avaient pas mal besoin ».

 

Dany Nicolas, Dommage à Gary, Poisson à tiroir/Bonzaï 2019. La page de Dany Nicolas, pour commander ce disque, c’est ici ; celui de Rémo Gary, c’est là. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Rémo Gary, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Archives