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Renée Claude, 1939-2020

Détail de la pochette de On a marché sur l'amour, 1994. Renée Claude chante Ferré

Détail de la pochette de On a marché sur l’amour, 1994. Renée Claude chante Ferré

Renée Bélanger, dite Renée Claude, n’est plus, emportée le 12 mai par le vorace virus. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant ce fut une des plus grandes dames de la chanson francophone au Québec dans les années 60-70, qui a marqué son époque jusqu’à l’orée des années 2000. Née en 1939, elle s’est fait connaître dès les années 50-60 en interprétant les grands de la chanson, Ferré, Brassens, Brel, Bécaud, puis Jean-Pierre Ferland, reconnue par l’émission télévisée  « Chez Clémence » de Clémence Desrochers, autre grande dame de la scène québécoise, actrice, écrivaine et humoriste.
Une interprète exceptionnelle, une voix claire avec des inflexions graves, une intensité dramatique sans jamais surjouer, elle n’a pas écrit ses chansons ni composé ses musiques bien qu’elle ait une formation de pianiste, et a pourtant laissé son empreinte à la chanson de qualité.

Tu trouveras la paix, album 1971

Tu trouveras la paix, album 1971

Dès 1969 elle interprète des textes et compositions entièrement québécoises, le plus souvent de Stéphane Venne. Les années 70 se font plus pop, sur des textes qui sont autant d’hymnes à la liberté de la femme : Tu trouveras la paix, Le début d’un temps nouveau : « Les femmes font l’amour librement / Les hommes ne travaillent presque plus / Le bonheur est la seule vertu ». Dans la même veine le jeune Luc Plamandon lui écrit plusieurs titres comme Ce soir je fais l’amour avec toi, ou en 1973, sur une musique de Christian Saint-Roch, la bouleversante Le monde est fou, inspirée du tragique suicide de la poétesse Huguette Gaulin, composée comme un opéra rock planant. La fin de cette chanson sera reprise par Diane Dufresne sous le titre Hymne à la beauté du monde. Renée Claude devient incontournable au Québec, remplissant les grandes salles de la Place des Arts, et tourne aussi en Europe.

Les années 80 voient le retour d’un répertoire plus poétique, avec l’enregistrement de disques hommage, à Clémence Desrochers en 1981, à Brassens en 1983. Elle n’hésite pas à le faire orchestrer, et l’interprète avec une rare justesse dès 1981, en faisant ressortir l’émotion que peuvent produire ses chansons, écouter Il n’y a pas d’amour heureux, sur le poème d’Aragon. Le spectacle sur Brassens tourne pendant une dizaine d’années, et en 1991 elle sera invitée à participer au dixième anniversaire de la mort de Brassens au Casino de Paris et à Milan. Bref retour à la chanson populaire en 1986 avec l’auteur Marc Desjardins, avant de renouer avec son rôle de comédienne dans l’opéra Nelligan de Michel Tremblay (textes) et André Gagnon (musique), création de l’Opéra de Montréal en 1990. On la verra aussi à la télévision et au cinéma.

En 1993 elle consacre un spectacle à Léo Ferré dont la première est donnée quelques jours après sa disparition. Pour couronner ce spectacle qui obtient un grand succès au Québec et à l’international (France, Suisse, Italie), le double album sorti en 1994 est récompensé en 1996 du Grand Prix de l’Académie Charles-Cros. On y trouve des pépites telle La lune. Suivent des rééditions de ses albums, dont un très complet double-album en 2006 de ses chansons de Luc Plamandon, et on la voit encore sur scène au début des années 2000 au Studio -Théâtre, l’actuelle salle Claude-Léveillée, ou à la télévision.

Les dix dernières années de sa vie sont altérées par une maladie d’Alzheimer. Son compagnon de trente ans, Robert Langevin, initie le projet de reprise de sa célèbre chanson Tu trouveras la paix par la crème des interprètes québecoises, de Louise Forestier à Marie-Elaine Thibert en passant par Diane Dufresne, Ginette Reno, Céline Dion, Isabelle Boulay ou Catherine Major. Hommage à Renée Claude, elle est donnée en  concert en novembre 2019 à la Maison Symphonique de Montréal, au profit de la recherche contre la maladie d’Alzheimer.
« Tu trouveras la paix dans ton cœur / Et pas ailleurs, et pas ailleurs / La seule vraie tranquillité / Le grand repos, l’immobilité ».

Le site de Renée Claude, c’est ici. 


(C’est) le début d’un temps nouveau (Stéphane Venne), version 1999 Image de prévisualisation YouTube
La ronde des jurons (Brassens, adaptée par Plume La Traverse) Image de prévisualisation YouTube
L’indifférence (Gagnon /Tremblay), de l’opéra Nelligan Image de prévisualisation YouTube
Avec le temps (Ferré) 1999 Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Renée Claude, 1939-2020

  1. Christian camerlynck 13 mai 2020 à 19 h 55 min

    Immense interprète. Je suis triste. Le disque Ferré de 1994 avec Philippe Noireaut au piano est juste un chef d’œuvre de complicité, sensibilité , intelligence.

    Répondre

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