Claudine Lebègue : tournez manèges !
Pierre Luquet et Claudine Lebègue (photo non créditée)
Sur son précédent album, Quand il fait chaud, de 2021, quatre des seize titres étaient déjà composés par Pierre Luquet, le fameux Pierrot de la Rue Kétanou. Depuis, Claudine et Pierrot ont fait leur chemin, tracer la route, tant qu’ils on fait tout un récital à deux, peuplé de chansons libres, virevoltantes, valsantes parfois, dansantes toujours. Et désormais un album, sorti il y a quelques jours sur la toile avant de bientôt vivre sa vie sur votre platine. C’est prévu pour ce printemps.
Sixième album donc. Le premier, Zelda cœur de vache, était sorti en 2000 ; le suivant, Des Roses et Roger, alors produit par Anne Sylvestre, sortira cinq ans après. Puis ses A ma zone et Un camion dans la nuit dont elle reprend ici la chanson-titre… Un tous les cinq ans, Claudine Lebègue tient son rythme, même si tout ses récitals ne font pas systématiquement l’objet d’un enregistrement (c’est dommage d’ailleurs).
Pour ce nouvel opus, elle dit avoir eu envie de revenir à ses origines musicales, avec l’accordéon. Sauf que c’est Pierre qui tient l’instrument à bretelles : « Vous les branleurs de poumons / Vous les pousseurs de chansons / Ouvrez le feu, ouvrez le bal, ouvrez le cœur, ouvrez les vannes / Place au bonheur ».
Amours premiers qui nous donnent un superbe disque musette d’une fraîcheur qui laisse baba les habituelles ritournelles du genre qu’on peut trouver quelque peu surannées. Ici, ça pète le feu, ça feu d’artifice ! Si ce n’est le flux musical, rien ne rapproche une chanson d’une autre : quatorze titres lutinent ici sur des notes joyeuses, parfois nostalgiques. Il y a un peu toutes les facettes de la Lebègue : la tendre et la gouailleuse, la ludique et la mutine. La consumériste pratique qui s’interroge sur les ouvertures faciles pas si aisées qu’on le dit, celle qui s’escrime au jeu du Mikado, celle qui se prend pour un pingouin « les pieds dans la glace » qui voudrait s’ach’ter des godasses. Celle qui, concrète, solidaire et dans l’urgence, veut des sous, pas pour elle mais « Des pépettes pour ceux qu’y ont que des miettes / Des caillasses pour conjurer la poisse / D’la mitraille pour tous les sans travail / Des radis pour tous les sans abris ». Celle qui, en des paysages marins, nous conte le vent de l’Ouest qui nous décoiffe. Celle qui, dès l’entame du disque, cherche à nous connaître et nous invite : « Montre moi ».
Après de longues années à se présenter, elle-même, de sa zone à désormais, nous la connaissons sur le bout des doigts, sur le bout du cœur, notre Claudine. Ces nouvelles chansons sont comme un complément, du rab pour les gourmands que nous sommes, qui plus est dans l’extrême simplicité, l’absolue complicité, d’un accordéon-voix.
De la chanson pur jus, qui plus est dansante, sans chichi : du plaisir d’offrir, et pour nous la joie de recevoir.
Une version collector existera bientôt de cet enregistrement, numéroté, entièrement fait maison, en faisant appel à deux artistes plasticiennes qui lui sont chères, Delphine Brouchier et Sabine Li. Promis, on vous tiendra au courant.
Claudine Lebègue avec Pierre Luquet, Ouf, dès à présent sur toutes les plateformes. Le site de Claudine Lebègue, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.



Commentaires récents