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Namur 2026. Il est où, le bonheur ? Il est là !

Superbus Photo ©Pol de Groeve

Superbus Photo ©Pol de Groeve

Namur, Les Solidarités, 6 septembre 2026

 

Ultime journée de cette belle édition du Festival des Solidarités. Le public est venu en nombre mais la foule est heureusement moins massive que la veille et c’est fou comme on respire mieux. La météo est idéale, aucun risque de pluie et un petit soleil réconfortant. La bière est fraîche et les frites croustillent, tout va bien ! C’est donc en confiance que nous abordons notre marathon de chansons.

Le premier concert qu’il nous est donné d’applaudir nous replonge dans les années 2000. C’est en effet Superbus qui ouvre les hostilités. Plus vraiment un groupe de petits jeunes, mais pas déjà une formation de vétérans. Il faut dire que leur charismatique chanteuse, Jennifer Ayache, n’accuse nullement le poids des années et, dans sa tenue aussi courte que sportive, se donne sur scène comme peu de quadras le font encore. Les chansons pop-rock du band ne révolutionnent certes pas le genre, mais sont d’une redoutable efficacité. On se prend donc, presque malgré soi, à trépigner, remuer et danser, sans pouvoir empêcher le sourire de s’emparer du visage. Leur tube Lola, point d’orgue du concert en sa qualité de « morceau que tout le monde attend », ne fera que confirmer la douce folie qui a gagné peu à peu le public. Comme entrée en matière de ce dimanche, le festival pouvait difficilement faire mieux.

Marguerite Photo ©Jaeden Schiettekate

Marguerite Photo ©Jaeden Schiettekate

Allait-on poursuivre sur cette belle lancée ? Comme l’artiste suivante, Marguerite, est issue du sérail de la Star Ac, avouons que la méfiance est de mise. Trop d’artistes formatées sont sorties de cette émission pour qu’on ne nourrisse d’emblée quelques doutes au moment d’applaudir l’une d’entre elles, même si elle nous est présentée comme une autrice-compositrice-interprète, et non une simple exécutante de la variété française. La (bonne) surprise n’en sera que plus grande. Dès la chanson d’ouverture du set, le charme agit. Une chanson sensible et bien écrite, intitulée La fée, sur le conformisme imposé. Les suivantes abordent les thèmes de l’affirmation de soi (La boss), du chagrin d’amour (Les avions) ou de la peur de la solitude (Snipeuse), avec pertinence et originalité. Des chansons de qualité défendues sur scène par une artiste pleine d’assurance et d’autodérision (elle affiche son regard très sourcilleux en fond de scène, pilosité qu’elle défend par ailleurs dans sa chanson Frida), dont on peut être certain qu’elle ne sera pas un feu de paille télévisuel. Un nouvel exemple du Girl power actuel, si brillamment représenté par Suzane la veille. L’apothéose du concert, avec son célèbre Les filles, les meufs, en sera la démonstration finale.

Ben Mazué Photo ©Annick Delperdange

Ben Mazué Photo ©Annick Delperdange

Autre ambiance avec l’artiste suivant, puisque Ben Mazué semble être l’incarnation même de la douceur, du cool et de l’homme déconstruit. En tournée depuis 2 ans avec son album Famille, l’homme a décidé de poursuivre encore un peu sa rencontre avec un public toujours plus nombreux, séduit par la gentillesse de l’artiste, le charme nonchalant de ses chansons, la qualité du spectacle. Nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire, redisons-le donc pour les distraits et les éventuels récalcitrants : le show de Ben Mazué est une splendide réussite ! Un dispositif scénique poétique et brillant (un jardin verdoyant sur scène, des projections qui envoient le chanteur dans les cieux…), un répertoire sensible mêlant le quotidien, l’optimisme et l’espérance, un chanteur chevronné qui a gardé l’innocence des débutants, une équipe de musiciens et de choristes hors pair… Sa tournée s’achèvera définitivement en décembre. Il vous reste une dizaine d’occasions de l’applaudir, n’hésitez pas.

Christophe Maé Photo©Jean-Pierre Nols

Christophe Maé Photo ©Jean-Pierre Nols

Moins pointu peut-être, plus populaire sûrement, Christophe Maé est venu ensuite prendre possession des lieux, entouré de six solides musiciens. Ensemble, ils vont mettre les rythmes afro-cubains à l’honneur, dans une ambiance endiablée, pour le plus grand bonheur de tous. J’avais eu l’occasion de l’applaudir aux Francofolies de Spa en 2024 et avait alors conclu mon compte-rendu par ces mots : Au sortir de cette belle soirée, je ne me précipiterai peut-être pas chez mon disquaire pour acquérir l’œuvre complète de Christophe Maé. Mais pour aller le revoir sur scène, je signe des deux mains, c’est certain. En 2026, je confirme totalement mes dires : ce chanteur est un pur pourvoyeur de plaisir qu’il serait bien bête de snober.

Gaëtan Roussel Photo ©Jean-Pierre Nols

Gaëtan Roussel Photo ©Jean-Pierre Nols

Enfin, le bouquet final de ce beau dimanche nous a été offert par l’artiste chouchou des Solidarités, tant elles l’ont déjà invité à maintes reprises, seul ou en groupe. Il faut dire que Gaëtan Roussel n’a pas son pareil pour mettre le feu. Comme il était particulièrement en forme ce soir, nous avons eu les bouchées doubles. Il débute par la chanson-titre de son dernier album, Marjolaine. Profitons-en, c’en sera le seul extrait. Et par ailleurs, le seul moment calme du concert également ! Pour le reste, il va puiser un peu – trop peu ? – dans son répertoire propre (avec un Help Myself en final apocalyptique) et emprunter à Bashung une chanson qu’il lui a écrite (Résidents de la république). Mais surtout, il appelle Louise attaque à la rescousse, avec ses incontournables (Léa, Ton invitation, Amours…) et ses perles plus cachées (incroyable version tranchante de La frousse !). Cinq musiciens le secondent, un vidéaste filme tout ce petit monde pour en reproduire les images simultanément sur les 18 écrans tapissant le fond du plateau, c’est énergique en diable, rock à tout berzingue ! En une grosse heure, le match était plié : le public a fini K.O. debout, même s’il aurait volontiers repris un peu de rab.

 

Le site de Superbus, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.
Le site de Marguerite chez Sony, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.
Le site de Ben Mazué, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.
Le site de Christophe Maé, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.
Le site de Gaëtan Roussel, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.

 

Superbus, « Lola », Culture box, 2025 Image de prévisualisation YouTube
Marguerite, « La fée », Ronquières Festival, 2026 Image de prévisualisation YouTube
Ben Mazué, « Famille », clip vidéo, 2025 Image de prévisualisation YouTube
Christophe Maé, « Adieu mon amour », Live session à la Fabrique, 2025 Image de prévisualisation YouTube
Gaëtan Roussel, « Marjolaine », le Live Musique du Figaro, 2026 Image de prévisualisation YouTube

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