Namur 2026. Usé, sauvage et dans le noir
Sam Sauvage (photo Annick Delperdange)
Namur, Les Solidarités, 4 septembre 2026,
Les Solidarités namuroises étaient l’ultime festival de l’été, toujours bookées le dernier week-end du mois d’août. Elles ont décidé d’être dorénavant le festival de la rentrée et se sont donc déplacées au premier week-end de septembre. Pourquoi pas ?
On peut se rassurer toutefois, rien n’a changé, ou si peu. Le festival reste un lieu de rassemblement familial (beaucoup d’enfants, qui ont accès gratuitement) et citoyen (toujours des débats en marge de la musique et des stands tenus par diverses ONG). Les concerts sont répartis en 4 scènes de toutes tailles, le passage de l’une à l’autre ayant été repensé pour assurer la meilleure fluidité possible. Comme en plus, en ce vendredi, la foule est loin d’être compacte, c’est tout bonheur pour le spectateur, même si probablement un peu moins pour les organisateurs (spoiler : ils retrouveront un large sourire avec la foule du week-end !).
Tous les éléments étaient donc réunis pour une belle première journée, et même la pluie, débarquée en force sur le coup de 18 heures, n’aura pas réussi à calmer les ardeurs.
Skip the Use (photo non créditée, tirée du site des Solidarités)
De toutes manières, il ne fallait pas compter sur Skip the Use et son irrésistible meneur, Mat Bastard, pour la jouer moderato. Devant un écran rouge frappé d’un cœur en barbelés, la bande de cinq nous a offert une heure de rock en anglais énervé, mâtiné de reggae, avec une énergie et une générosité telles que ne pas y succomber relevait de la mission impossible. Tout en short et marcel, dreadlocks au vent, le chanteur connaît son affaire et entraîne sans forcer le public dans sa ronde musicale, le houspillant quand il le faut, le faisant rire à l’occasion, distribuant de la sympathie et du plaisir à tour de bras. Nombreux étaient ceux qui ne connaissaient pas le groupe au départ, personne ne l’oubliera à l’arrivée.
Pour succéder à ce concentré de dynamite, un autre cheval fou : Sam Sauvage. Le petit jeune échevelé en costard-cravate qui monte, qui monte, qui monte et fait l’unanimité sur son passage. Il faut dire que ses chansons sont bien tournées, enlevées le plus souvent, graves parfois, sincères toujours. Il accompagne son chant d’une improbable chorégraphie souriante et personnelle, tenant à la fois de la performance gymnique et de l’hommage à Zébulon. Comme l’homme inspire en plus naturellement la sympathie, on se dit que la voie du très grand public lui est ouverte et que le meilleur est à venir. En attendant, qu’il est bon de faire partie des gens qui dansent avec lui !
Orchestral Manœuvres in the Dark (photo Thomas Jadin)
La grande scène accueillait ensuite une formation plutôt blanchie sous le harnais, mais qui atteste de la véracité de l’adage sur les vieux pots et les bonnes soupes. Ce sont en effet les vétérans d’Orchestral Manœuvres in the Dark qui se sont emparés de la place pour un show nous replongeant direct dans les années 80, celles de la popularisation de la musique électronique, quand les groupes-phares se nommaient Depeche Mode, Eurythmics, Pet Shop Boys… Deux claviers/synthés, une batterie, la voix puissante du chanteur Paul Humphreys, quelques projections en fond de scène et hop, la machine à remonter le temps se met en route. Durant une heure, le groupe va nous démontrer qu’il en a encore sous la pédale et que leur musique n’a guère pris de ride, en précurseurs qu’ils étaient de cette scène électro dominante aujourd’hui. Inutile de préciser que les chansons les plus connues (Joan of Arc, Electricity, Souvenir…) soulèvent le public et que le final, avec l’inévitable Enola Gay, mettra le coup de grâce. A votre synthé !
Le facebook de Skip the Use, c’est ici.
Le facebook de Sam Sauvage, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là.
La page O.M.D. sur le site Universal, c’est ici.
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