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Chorus, et après ?

chorusLa mémoire collective gravera dans le marbre cette soirée-là, cette longue aubade à Chorus (je dis aubade, pas chant funèbre). Merci à Thierry Lecamp et à sa station qui nous rappelle au passage que, par nombre de ses animateurs, Europe 1 a souvent été aux premières loges de la chanson. On pourrait être triste à l’écoute de cette émission (dont l’usage trop fréquent de l’imparfait ruinait la perfection), se dire que si l’hommage est juste plus jamais le facteur ne sonnera trois fois pour déposer dans votre boîte le précieux trimestriel.
L’été fut meurtrier, un sniper a tiré deux balles : l’une dans son pied, l’autre dans le dos de Chorus, mortellement atteint.
Après le coup de semonce, après la collective tétanie et cette insupportable impression de vide, l’émission d’Europe 1, avec son casting de rêve (de Thiéfaine à Moustaki, de Béart à Cali, de Leprest à Clarika…), ses jolis coups d’archet et ses scoops, vient de nous arracher de notre torpeur, de nous fouetter le sang. Thierry Lecamp a parlé d’ « encyclopédie interrompue » à propos de Chorus. Un de ses invités – lequel ? de Bernard Joyet à Carla Bruni, d’Alain Souchon à Charles Aznavour, il y eu tant de témoignages – tenait Chorus pour le prestige et la diversité de la chanson. Ce que manifestement il est.
Au jour d’après cette (formidable) émission, il convient de se poser la question : que fait-on ? On ne peut se contenter d’éteindre les lumières et couper le son. De lever le verre et chanter quelques couplets à la santé du bon vieux temps puis s’en aller, bêtement se quitter sans la promesse d’un après qui pourtant nous tend les bras.
Oui Chorus est unique et sa mort inique. Que faut-il imaginer pour que cette revue renaisse de ses cendres ? Quelle force est en nous, est en vous, pour redonner vie au fleuron de la chanson ? De partout où se crée, se perpétue l’histoire de la chanson d’expression française, on a besoin de Chorus, ce creuset inter-générations qui nous permet de mieux voir encore d’où nous venons, où nous allons, cette mise en perspective, cette anthologie en temps réel qu’est cette revue. Cette pépinière, cette couveuse de talents qui biberonne les artistes dès le premier cri, le premier chant.
Alors c’est quand qu’on va où ?

(On lira aussi et entre autres, sur NosEnchanteurs, l’article Adieu Chorus, on t’aimait bien. C’est ici. Et pour réécouter On connaît la chanson fait Chorus, l’émission de Thierry Lecamp, c’est ).

N’hésitez pas à réagir, sur ce blog ou ailleurs, à imaginer, à proposer. Car seul le silence peut tuer Chorus pour de bon.

Une réponse à Chorus, et après ?

  1. Colin Chloé 17 octobre 2009 à 11 h 50 min

    Salut,
    Il y a des ouvriers qui reprennent leur usine à leur patron voyou et qui s’en tirent aussi bien voire mieux seuls. Pourquoi les chanteurs n’en feraient pas autant?
    Amitiés,
    Colin

    Répondre

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