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Pierre Lebelâge, chanteur qui [d]étonne

Pierre Lebelâge (photo d'archives DR)

Pierre Lebelâge (photo d’archives DR)

Pierre Lebelâge, Chez ta Mère à Toulouse, dimanche 1er décembre 2013,

 

Rarement ma plume sera restée aussi longtemps hésitante, je l’avoue d’entrée de jeu. Ce concert m’a laissée dubitative, perplexe comme d’ailleurs les enregistrements vidéos.  Quant à l’album, produit par Tacet (excusez du peu : Leprest, bien sûr, mais aussi Enzo Enzo, Jehan, Miravette, Joyet…) annoncé pour 2013, il tarde singulièrement à arriver. Dommage pour l’artiste qui ne cesse d’être interpellé sur cette attente et que des  spectateurs réclament !

Ici même, des mots plus que bienveillants ont été posés sur cette chanson de Pierre Lebelâge, que l’éminent festival de Barjac a accueilli en 2012.  Alors on réfléchit à deux fois avant d’écrire. Et pourtant, c’est vrai, Pierre Lebelâge entendu sur quelques titres en 2009 lors d’une écoute à l’aveugle, pour la sélection du tremplin Festiv’Art, avait déjà laissé cette impression. Que faut-il penser de cette chanson là, aujourd’hui ?

Les mots foisonnent pour tracer des portraits incisifs, décapants, dérangeants : la dame aux caméléons, pas tendre pour un rond, dont les propos prêtent à contusions ( !) et qui offrent ses bons sévices aux dignités, ou bien les locataires de la Tour de Babel évoqués étage par étage – un sacré bordel ! – ou encore ce malchanceux, ce mal peigné, la verrue de la rue Maupassant, ou cette dame pipi qui vous assène ses méditations et dont on devine où ira son vote aux prochaines élections ! Toute cette ménagerie est sauvée de la désespérance par l’humour, souvent l’ironie, plus acide. Quelques textes plus attendris aussi créent un instant d’émotion comme  Je déménage, ou plus encore Ma Métisse, m’amadoue, docile à son cœur doux…

MATIS, UN CHANTEUR EN CACHE UN AUTRE Chez ta Mère, Dimanche 1er décembre 2013, Sous le nom de Matis, nous est apparu hier en première partie un visage connu : Florent Gourault, auteur et  chanteur des Pauvres Martins qui voguent avec lui en ce moment vers d’autres sphères… disons, plus électriques, plus électro… à la conquête d’autres scènes que celles de la Chanson. Ce Matis, qui veut renouer avec une chanson plus intime,  a chanté  en solo cinq titres, accompagné par la guitare électrique de Quentin Daniel, une guitare qui sublime littéralement l’interprétation du chanteur, dont on connaît bien la présence féline, entre slam, déclamation et chanson.  Quant aux textes, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve  la richesse des atmosphères si sensibles aux autres arts. Retenons ce blues, hymne au bleu, celui de Nougaro à sa dernière heure, celui de Picasso à sa première. Nous attendrons avec impatience la suite de cette nouvelle aventure, du doux nom de Matis.

MATIS, UN CHANTEUR EN CACHE UN AUTRE
Chez ta Mère, Dimanche 1er décembre 2013,
Sous le nom de Matis, nous est apparu hier en première partie un visage connu : Florent Gourault, auteur et chanteur des Pauvres Martins qui voguent avec lui en ce moment vers d’autres sphères… disons, plus électriques, plus électro… à la conquête d’autres scènes que celles de la Chanson. Ce Matis, qui veut renouer avec une chanson plus intime, a chanté en solo cinq titres, accompagné par la guitare électrique de Quentin Daniel, une guitare qui sublime littéralement l’interprétation du chanteur, dont on connaît bien la présence féline, entre slam, déclamation et chanson. Quant aux textes, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve la richesse des atmosphères si sensibles aux autres arts. Retenons ce blues, hymne au bleu, celui de Nougaro à sa dernière heure, celui de Picasso à sa première.
Nous attendrons avec impatience la suite de cette nouvelle aventure, du doux nom de Matis.

Certes ces chansons là sont savamment écrites : inventions, jeux de mots fourmillent, s’accumulent même au point qu’il est difficile de tous les percevoir à la première écoute. Peut-être est-ce la justification du soutien que ce jeune auteur a pu recueillir auprès des « anciens », à commencer par Allain Leprest ?

Mais j’en viens au motif de ma perplexité. Outre que l’accompagnement à la guitare lasse un peu, ne me paraît pas chercher vraiment la diversité des ambiances sonores, l’interprète reste assis sur son tabouret haut et n’en bouge que pour quitter la scène. On peut trouver sans doute son compte dans cette intimité, ce  dépouillement, dans quelques mots prononcés entre les chansons, avec un rien de gentillesse et cet accent du Sud assez irrésistible, mais est-ce aujourd’hui suffisant pour un jeune artiste ? Je m’étonne vraiment moi qui suis de la génération de ceux qui ont été bercés par cette chanson dont on rapproche Pierre Lebelâge. N’est-il pas un rien égaré dans cette chanson d’aujourd’hui, ne lui manque t-il pas un petit grain de folle jeunesse pour conquérir les diffuseurs ?

Le site de Pierre Lebelâge, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

     

35 Réponses à Pierre Lebelâge, chanteur qui [d]étonne

  1. Danièle Sala 4 décembre 2013 à 10 h 00 min

    Pierre Lebelâge, c’est la révolte tranquille …Il faudrait juste qu’il réveille un peu sa guitare .

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  2. Michelle Moinard Naudin 4 décembre 2013 à 11 h 59 min

    Nostalgie, Nostalgie… J’aime cet artiste qui ne fait penser à Brassens dans l interprétation comme sur scène.

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  3. Norbert Gabriel 4 décembre 2013 à 12 h 00 min

    Je partage en très grande partie ce qu’écrit Claude, (sur l’écriture très travaillée, mais très accessible à mon sens) récemment j’ai vu Pierre Lebelâge 2 jours de suite, la première fois avec un guitariste partenaire, (guitare électrique) ce qui transformait complètement sa prestation. C’était dans l’exercice d’une première partie, 4 ou 5 chansons, j’en connaissais 3, et la présence de ce musicien leur donnait « des pleins et des déliés » et des couleurs plus brillantes. Je ne sais pas ce que sera l’album, mais j’attends avec curiosité. L’autre question qu’on peut se poser, n’est-il pas un peu tôt pour un album complet ?
    Et salut à ce guitariste (ici à l’Alhambra, aux côtés de Pierre Lebelâge)
    c’est Eliott Weingand , merci Danièle ….
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  4. Chris Land 4 décembre 2013 à 15 h 41 min

    C’est étrange ce grief fait à Pierre Lebelâge concernant la monotonie de son accompagnement. C’est quasiment mots pour mots, le reproche qui était fait à Brassens…
    Je lui souhaite le même chemin !
    Et si des occasions plus nombreuses de se présenter devant un public plus large, plus diversifié lui étaient proposées, peut-être aurait il envie de quitter son tabouret, équivalent de la chaise sur laquelle Brassens posait le pied (différence anatomique de taille !). D’ailleurs, son jeu de guitare me semble plus « performant » que celui du Tonton Georges… mais, bon…
    Les douze titres du CD mythique tant attendu ne me semblent pas prématurés, le bonhomme a de la ressource. Artistiquement, j’entends…
    Alors, à qui la faute ?
    Parenthèse : JeHaN n’est plus chez Tacet. Excusez du peu.

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    • Christian camerlynck 4 décembre 2013 à 15 h 48 min

      Un peu de patience… Je suis sur qu’il sortira le CD . Encore faut-il qu’il se vende… Et par les temps qui courent prudence…. Je ne parlerai pas de faute.

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    • Michel Kemper 10 décembre 2013 à 18 h 30 min

      Je souhaite aussi beaucoup de bonheur à Lebelâge. Si je te réponds, Christian, c’est que dans ton message il y a comme une piste cachée, un non dit, des allusions pour initiés, et c’est forcément malsain, c’est ce que je ne souhaite pas sur ce site sauf à faire