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Gérald Genty, trop rigogogogogogogogogogolo !

Gérald Genty (photo DR)

Gérald Genty (photo DR)

Dans la grande famille de la chanson française, il est un genre peu couru : la chanson très très courte (ou chanson-flash, selon l’appellation quasi contrôlée et très explicite d’un de ses plus dignes émissaires, François Corbier). Dame !, c’est que l’exercice est difficile et demande d’avoir un sens aiguisé de la formule, pour ramasser en quelques secondes ce que l’on pourrait dire dans les 3 minutes habituelles… Pratiqué principalement à des fins humoristiques, à mi-chemin souvent entre le mini-sketch et la chanson, cet art est essentiellement représenté aujourd’hui par Wally, en sus du Maître Corbier précité.

C’est donc avec un plaisir mêlé de curiosité que nous avons pu découvrir le nouveau CD de Gérald Genty, intitulé Hippopopopopopopopopopopotame, et sous-titré 38 courtes pièces. Ecrit, composé, arrangé, enregistré, photographié, graphistolé et dessiné par l’artiste, qui renoue ainsi avec le côté bricolage qui faisait tout le charme de son premier album, Humble héros. 38 chansons pour 36 minutes en tout, c’est vous dire si cela va vite. De la plus courte (7 secondes) à l’interminable (3 minutes 30). De la chanson d’ouverture (Un peu prématuré, non ?) à celle qui ferme le ban (Trop d’urée).

1540-1Paradoxalement, c’est dans ce format contraignant que la liberté de l’artiste s’exprime le mieux. Qu’on se le dise : tout y est permis pourvu que ce soit drôle ! Avec l’aide de ses deux enfants, intervenants éclairés de 4 et 2 ans (le talent n’attend pas !), Gérald Genty nous livre 38 petits bijoux de calembredaines truffées à la tendresse. Un bestiaire digne de Thomas Fersen peuple l’album, puisqu’il sera question de poulets fermiers (mais à quoi cela sert-il de connaître leur métier si c’est pour les manger ?, nous fait très justement remarquer son grand fils), de chouette hulotte, de lapins fornicateurs, et même de l’oiseau de Michel Fugain… Mais aussi des amish voyageurs (qu’on ne peut saluer qu’à mi-chemin), de frangins télépathes (qui tentent de tuer le temps en voiture en jouant à « devine à quoi je pense »), de guitares de piètre qualité ou d’agent immobilier peu fiable… Interdit bien sûr d’en dire trop pour préserver la surprise des chansons, basées généralement sur un calembour tiré par les cheveux qu’il serait sot de dévoiler. Mais vous aurez compris l’essentiel : dans ce disque jouissif, la folie est autorisée, le loufoque requis, la fantaisie réquisitionnée. Sttellla n’est jamais loin, Boby Lapointe est en embuscade.

Bulle de savon légère, ce disque permet de renouer salutairement avec l’esprit d’enfance que nous ne devrions jamais quitter. Un parfum intemporel de cour d’école traverse l’œuvre, avec ses joueurs de bille, ses marelles et ses terrains de foot délimités par quatre cartables. On fera comme si on était chanteur de variétés. On dira que. On n’est pas sérieux quand on a 42 ans.

 

Gérald Genty, Hippopopopopopopopopopopotame, 30 février/[Pias] 2017.  Le site de Gérald Genty, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

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2 Réponses à Gérald Genty, trop rigogogogogogogogogogolo !

  1. Catherine Laugier 30 avril 2017 à 13 h 45 min

    En te lisant Pol sur NosEnchanteurs, j’ai eu immédiatement envie d’écouter le nouvel album de Gérald Genty. Je vous le conseille, c’est fin, c’est doux, c’est drôle, bref ( c’est le cas de le dire !) c’est ce dont on a besoin en ce moment pour se décrasser les oreilles et les yeux. Le concept peut même faire penser à son compatriote Raymond Devos, recordman de la chanson courte avec « Se coucher tard nuit »

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  2. Antoine Fetet 1 mai 2017 à 7 h 33 min

    Proche de Wally, aussi ? En tout cas ça donne envie de découvrir cet album !

    Répondre

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