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Valentin Vander, dix louches de douceur

Valentin Vander Photos ©Yeshé Henneguelle

Valentin Vander Photos ©Yeshé Henneguelle

On sait bien Valentin capable (coupable?) d’une plume aiguisée dans ses goguettes, impliqué dans de multiples projets collectifs performants, comme ce clip de La tendresse qui a fait un tabac international avec 6 millions de vue pendant la pandémie, engagé avec ses condisciples tendres et révoltés pour « La lutte est belle », ou apportant sa douceur indocile à Vissotsky en duo avec Lise Martin.
Mais on se souvient aussi de ce bel album de 2019,
Mon étrangère, où les émotions balançaient entre piquant et tendresse, après son premier en solo en 2015, L’audace ou la timidité. Valentin ressent aussi le besoin de s’exprimer d’une façon plus intime.

La pochette de
La Consolante, sorti en 2025, où il est assis tout de blanc vêtu dans un parterre de fleurs qui réussissent à être de couleurs vives et chaudes tout en donnant une tonalité générale pastel, donne le ton. L’album écrit et composé par lui, sauf mention contraire, produit par Pierre-Antoine Piezanowski, est richement orchestré, avec des musiciens que l’on a déjà remarqué.e.s comme Chloé Girodon au violoncelle, ou Paul Roman à la guitare sur Si je traîne, en duo avec  Mélissende, une des chansons de l’album où se questionnent les amours. Tout comme Avant, (un texte de Louise Thiolon) quand « Y’avait nous deux et rien autour », ou Les grands lacs, cette ballade caressante nuancée d’envols « Cœur en vrac / Coupé en deux / Où est passée ta joie ». Autre jolie déclaration que celle d’un amour qui aurait pu naître d’un plaisir passager, la mélancolie des occasions ratées, tout en pudeur de sentiments, À deux doigts de le dire, bercée par les cuivres de Baptiste Germser.

VANDER Valentin 2025 La Consolante 500x500La tendresse de Valentin sait tout particulièrement s’exprimer pour ces oubliés, cet aventurier du coin de la rue, ce Flibustier « Toute une vie à l’abordage / C’est ici qu’il a fait naufrage », ou ce Drôle d’oiseau perdu dans son addiction à l’alcool, chanté justement avec Gauvain Sers. Quant à ce Chemin, c’est un voyage mélancolique vers l’enfance disparue dans une ville qui se meurt peu à peu.

Antépénultième de l’album,
Les Ardennes, longue épopée poétique, de celui arrivé d’un autre monde, resté par ce mauvais hasard, « Et c’est ici que l’on t’enterre », est un des sommets d’émotion de l’album. Les arpèges de piano de Clémence Monnier, compositrice de ce morceau, déroulent ces derniers instants de vie, arrêtée « dans l’herbe tendre » tel le Dormeur du Val de Rimbaud, et chantée comme en observance de ce « Berce-le chaudement » du poète. Que l’on soit en 1870, en 1945 ou en 2025, « Quelquefois on se bat pour / Des raisons que le temps éloigne »…

À la bienveillance il faut se réhabituer. On est tellement soumis à la violence, à la dictature de la punch-line, de la compétition, de la concurrence, aux Untel détruit ou humilie Machin, aux Trucmuche balance… Les gens doux et gentils nous paraissent louches, ou a minima faibles. Alors se prendre comme ça d’un coup dix louches de douceur, ça vous agresse, même si l’écoute se fait vite addictive, tant l’écriture est fine et les mélodies mémorables. Une mélancolie consolante, comme il l’a nommée. 
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Valentin Vander, « La Consolante », Contrepied Productions 2025.
Le site de Valentin Vander, c’est ici. Ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, là.


« À deux doigts de le dire » clip Image de prévisualisation YouTube
« Les Ardennes » audio Image de prévisualisation YouTube
« Le flibustier », audio Image de prévisualisation YouTube

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