Sam, un cocktail Sauvage
Comme pour la quasi-totalité de ses dates, Sam Sauvage a fait salle comble et comblée, lors de son passage au Grand Mix de Tourcoing, le 28 mars 2026.
Fin août 2025, le découvrant aux Solidarités à Namur, Pol De Groeve lui prédisait déjà dans Nos Enchanteurs un bel avenir, pensait-il que cela irait si vite ? Révélation masculine bien méritée aux dernières victoires de la musique, de belles premières parties (1), programmé sur un nombre important de festivals (2) et deux Olympia quasi complets les 14 et 15 décembre 2026.
Pourquoi autant d’engouement pour cette nouvelle étoile qui a mis dix ans – de Condette à côté de Boulogne sur Mer, en passant par Lille – avant une installation parisienne, pour atteindre cette mise en orbite à seulement 26 ans ? Tout simplement parce qu’il représente à lui seul, dans son style personnel, son personnage, un cocktail de grands noms de la chanson française généreux avec leurs publics.
Il est naturellement l’héritier de son grand-père, responsable d’un camping et son premier fan, qui vendait ses enregistrements dans un hall d’accueil du camping semblable à une fan zone. Ce grand-père simple et attachant tient une grande place dans la vie de l’artiste, au point d’être le héros de la chanson au centre de ses concerts, Mon grand-père à moi, écrite quand il « n’avait pas une tune pour lui acheter un cadeau ». Un instant où il se pose, en profite pour parler au public derrière son piano. Des moments intenses tels ceux qu’entretenaient CharlElie Couture ou plus encore le regretté Jacques Higelin. Tout au long du concert on retrouve cette spontanéité qu’on aimait tant chez Higelin, avec qui il partage (mais pas que !) sa coupe de cheveux en bataille.
Côté énergie et talent de danseur, il rejoint le déhanché célèbre de Bénabar à ses débuts…
Quand Sam Sauvage chante, fermez un instant les yeux : vous pourriez croire par moment écouter Marc Lavoine ou même Bashung, avec ce timbre de voix. Pour l’écriture, on pense justement à Jean Fauque, ou à Miossec… Il vous saisit rapidement et vous entraîne assez loin pour déclencher dans le public un coup de chaud (show ?). Si sa performance sur scène peut rappeler Jacques Brel, surtout lorsqu’il interprète ce SDF dans Un cri dans le métro, il garde toute sa lucidité et son empathie pour s’interrompre et s’assurer que la personne va bien, avant de repartir avec la même énergie.
La boucle pourrait alors se refermer mais la session acoustique finale renvoie à s’y méprendre à une autre époque qu’il n’a pu vivre vu son jeune âge : les sessions guitares-voix de Jean-Jacques Goldman, accompagné dans ses ultimes tournées par Carole Friedricks et Mickael Jones.
Sam Sauvage semble prendre le meilleur de ceux qui l’ont précédé et vient faire l’unanimité des générations. Mais attention comme tout bon cocktail, il faut désormais le savourer, lui laisser prendre de l’âge, le laisser souffler pour qu’il garde toute son authenticité. Pour ma part, et pour ce public serré mais ravi de la grande salle du Grand Mix, nous avons bien profité de cette ultime répétition avant son concert de La Cigale, toujours disponible sur la plateforme France Télévision. Parions que vous aurez envie de le voir sur scène près de chez vous.
(1) Eddy de Pretto, Benjamin Biolay, Feu Chatterton ou encore Clara Luciani
(2) Printemps de Bourges, Paroles et Musiques, Francofolies d’Esch sur Alzette et de La Rochelle, Solidays, les Nuits Secrètes, la Semo, Paléo Festival, Festival du Bout du Monde, etc.
Le site de Sam Sauvage chez Uni-T Productions, c’est ici ; sa page facebook, là. Ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, ici. En tournée de concerts et de festivals, dates sur son site.
« Les gens qui dansent (j’adore), live Victoires 2026
« Mon grand-père à moi », Intramurock 2024 
« Un cri dans le métro », clip 


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