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Cabiac 2026. Leonard Cohen in french, par Antoine Fetet

Antoine Fetet à Cabiac (photos Ghislain Debailleul)

Antoine Fetet à Cabiac (photos Ghislain Debailleul)

1er août 2026, festival Bonjour les humains, Espace Monique et Bernard Haillant à Cabiac (Gard),

 

L’actuelle tendance est aux reprises toutes, comme si on éprouvait le besoin de se réfugier sur ses acquis, de s’y figer presque. Opportunisme ou non, encore que ça dépende de la démarche. Aux antipodes de toute logique commerciale, celle dans laquelle se lance Antoine Fetet, artiste par nature discret (qui a précédemment repris Bernard Haillant), mérite plus que toute autre notre attention.

“ Don’t really have the courage / To stand where I must stand / Don’t really have the temperament / To lend a helping hand… ” Bien que site de chanson francophone, ce n’est pas à ses lecteurs que NosEnchanteurs va présenter l’immense Leonard Cohen. Sauf que… Inconditionnel et fin connaisseur du chanteur, romancier et peintre canadien, Antoine Fetet transforme les vers de Cohen in french, dans la langue d’Hugo et de Leprest, nous permettant d’enfin bien comprendre ce canadien dans le texte. Par tout un récital basé sur un seul album (Ten New Songs, son dixième, sorti il y a vingt-cinq ans) dans l’ordre exact de la tracklist. Traduisons donc les vers ci-dessus comme les chante Fetet : “Je ne me sens guère le courage / De tenir ici mon rôle / J’ai pas assez de grandeur d’âme / Pour offrir mon épaule…” (The Land of Plenty).

Et c’est ici, dans l’intimité et le silence de Cabiac, dans l’absolue modestie, qu’il nous livre sa (brillante) copie.

C’était une première. Certes il a déjà interprété quelques-uns de ces titres, dans un récital commun avec Sarclo : l’helvète y chante Dylan, lui Cohen. Et semble-t-il se chamaillent parfois sur qui aurait du recevoir le Nobel de littérature. Je ne vous cache pas que, pour Antoine Fetet, Cohen le méritait plus que son confrère étasunien…

fetet-02Donc un album unique pour récital presque d’exception. Par quatre artistes : Fetet, Jack Haigh, un guitariste (un type prodigieux !) venu spécialement de la perfide Albion, l’excellent violoncelliste et saxophoniste Patrick Leroux… Et la choriste Sophie Fresse, car on ne saurait tout à fait écouter de Cohen sans choriste.

L’écoute est curieuse, respectueuse, la public tente à la fois de suivre des textes très denses, des chansons qui, l’une après l’autre, donnent parfois l’impression de se ressembler. Respectueuse : en d’autres circonstances, sur un autre artiste que Cohen, j’aurais dit “religieuse”, mais… Seule exception à l’album ici chanté, Fetet nous gratifie en guise de rappel du fameux Hallelujah en général si mal, si malmené, mais cette fois-ci en français, là encore dans une traduction au plus proche de la version originale, bien loin de tous les avatars honteux, si instrumentalisés, qu’on connaît (on se rappelle récemment de « l’adaptation » en tout point scandaleuse – une captation religieuse de circonstance – de Vianney lors de la réouverture de Notre-Dame de Paris). A l’écoute du texte exact, on s’aperçoit combien cette chanson est éloignée de toute idée religieuse. Et que les proxis du Vatican font de ce chef d’œuvre de piètres avatars cléricaux : “Peut-être qu’il y a un dieu là-haut / Mais l’amour m’a juste appris qu’il faut / Tirer sur celui qui dégaine plus vite que toi / C’n’est pas une plainte que je chante ce soir / Ni un cantique empli d’espoir / Il est glacial, il est désolé cet Alléluia…”.

Qualité d’écoute exceptionnelle pour ce récital qui nous dévoile un Cohen que, forcément et à moins d’être de parfaits anglophones, nous ne connaissons pas vraiment, ou pas bien. Une heure en apnée, à re-découvrir l’artiste. Et découvrir ce Fetet qui s’apparente à un bienfaiteur de la chanson.

 

Le site d’Antoine Fétet, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

 

Présentation du spectacle : Image de prévisualisation YouTube

« Hallelujah » : Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Cabiac 2026. Leonard Cohen in french, par Antoine Fetet

  1. Catherine Laugier 17 août 2026 à 20 h 41 min

    La personnalité de Léonard Cohen et ses relations avec la religion sont complexes, lire le livre de Pascal Bouaziz. Le texte d’Hallelujah a d’ailleurs été réécrit plusieurs fois.

    Répondre

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