Erquy 2026 : Le Chant des Vagues, troisième houle festivalière
Les Goguettes en trio mais à quatre (photo Vincent Capraro)
Il y a dans la chanson française une résistance douce, une obstination à faire vibrer les mots contre les vents contraires. C’est précisément cette étincelle qu’entretient l’association Le Chant des Vagues. Du 9 au 11 octobre 2026, la petite commune d’Erquy (Côtes-d’Armor) troquera le ressac de la mer pour les pulsations poétiques de son 3e festival de la chanson française. Sur la scène du théâtre de L’Ancre des Mots, une quinzaine de bénévoles passionnés réaffirment leur promesse : défendre une chanson artisanale, populaire, exigeante et farouchement vivante. Un esprit de partage qui résonne en écho parfait avec les valeurs de NosEnchanteurs, le quotidien de la chanson, toujours prompt à célébrer la parole partagée et la musique à hauteur d’homme.
Le rideau se lèvera ce vendredi 9 octobre à 20 h avec une ouverture double, promesse d’une soirée riche en contrastes. C’est d’abord Nawel Dombrowsky qui viendra cueillir le public. Cette interprète au tempérament théâtral affirmé incarne cette relève que l’on aime tant suivre : celle qui manie l’ironie, le drame et le swing avec une justesse folle, portant le texte comme un costume sur mesure.
Elle cédera ensuite la place aux incontournables frères Volo. Avec leur nouveau spectacle « Mine de rien », Olivier et Frédéric Volovitch poursuivent leur bonhomme de chemin, armés de leurs guitares acoustiques et de leurs harmonies vocales impeccables. Leurs chansons sont des chroniques du quotidien, tendres, parfois désillusionnées mais jamais amères, qui auscultent les failles de notre société avec une bienveillance désarmante. De la haute couture de proximité.
Volo (photo Yann Orhan pour Slo-Slo)
Le samedi 10 octobre changera de braquet pour plonger dans le vif d’une chanson plus brute, plus ancrée dans les réalités du monde. À 20 h, le poète ouvrier Éric Frasiak investira la scène. Grand habitué des colonnes de NosEnchanteurs, Frasiak, c’est une voix de terre et de roc, un artiste généreux qui chante la vie des gens ordinaires, les colères légitimes et les amours qui durent. Accompagné de son fidèle pianiste Benoît Dangien, il présentera des morceaux de son riche répertoire, notamment issus de son dernier opus, Le tumulte des choses. C’est de la chanson qui palpite, qui transpire l’humanité et la fraternité.
La soirée se prolongera avec l’énergie folk-rock alternative de La Raymonde. Ce groupe apporte au festival une touche festive et insoumise, mêlant des textes affûtés à des rythmiques percutantes. Une belle manière de rappeler que la chanson textuelle sait aussi faire taper du pied et réveiller les consciences par le rythme.
Dans l’après midi, le public aura pu assister, à la bibliothèque municipale Le Blé en herbe, à une conférence audio et visuelle de Michel Kemper, tirée de son livre Les Vies liées de Lavilliers. L’angle de cette conférence n’est pas de restituer toute la vie du Stéphanois (qui a pile quatre-vingt ans ce 7 octobre) mais de retracer ses débuts dans la chanson, de sa première scène à Saint-Etienne jusqu’à son premier Olympia, de revisiter son incroyable et luxuriante légende.
Pour clore cette troisième édition en apothéose, le dimanche 11 octobre à 15 h, la scène appartiendra aux rois de la parodie politique : Les Goguettes en trio mais à quatre. Véritable phénomène de la scène satirique française, le quatuor excelle dans l’art de détourner les grands standards de la variété pour croquer l’actualité politique et sociale avec une acidité réjouissante. Un spectacle libérateur et jubilatoire, attendu de pied ferme par les festivaliers, d’autant que l’actualité électorale et celle internationale est on ne peux plus nourrie. Connaissant l’incroyable réactivité de ces quatre-là, on devrait en savoir bien plus sur les récentes révélations de Médiapart : ça risque de barder, là… Ce concert-là affiche complet.
Du 9 au 11 octobre 2026 à Erquy. Le site du festival, c’est ici.
Les Goguettes « Il répond au nom de Bardella » :



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