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Stan Mathis, symphonie rock des temps modernes

Stan Mathis en trio Photo prélevée au compte facebook

Stan Mathis en trio Photo prélevée au compte facebook

« Et pourtant… Je suis vivant ». Stan Mathis, le rockeur lyonnais, n’a jamais choisi la facilité de cette musique formatée qu’on oublie sitôt qu’écoutée. Il est bien de ce Début de siècle, qui n’est déjà plus un début, qui flambe tout en nous glaçant d’effroi. Il nous en fait rude inventaire, pourtant c’est en dessous de la vérité. Les guitares sont saturées, la voix s’essouffle de colère et de désespoir, reprend la rage de son Excuse my french, de quelques années. Et garde ses rêves et sa sensibilité.

Ce cinquième album est conçu comme un voyage cinématographique. Baptisé Synopsis – un schéma de scénario pour le cinéma, généralement en court récit – Ici, comme nous sommes dans un disque rock, mais aussi chanson à texte signifiant, le synopsis est uniquement musical, parfois un simple piano, mais aussi des citations, des bruits, des voix « Elle a peur que rien ne change jamais ». Il se fait multiple, un pour chaque chanson, comme autant de courts métrages.

Stan Mathis 2025 Synopsis ©SoleneMillon

Stan Mathis 2025 Synopsis ©SoleneMillon

Cet album, c’est un palimpseste : un trio basse batterie enregistré aux mythiques studios Abbey Road, sur lequel il a superposé ses arrangements, des sonorités et les parties de cordes orchestrales du Budapest Symphony Orchestra avant de ciseler ses textes, sans cesse sur le métier… puis de soigner l’interprétation, sous la direction de Pierre Jacquot. Le tout mixé par Bénédicte Schmitt et masterisé par Dominique Blanc-Francard. Chanté, parlé, joué. Riche autant textuellement que musicalement, avec toute une équipe de musiciens qui ont donné le meilleur des cuivres, des cordes, des rythmes, des guitares sauvages (écoutez le somptueux Je n’oublie rien et ses quelque sept minutes de MUSIQUE !) Variations d’atmosphères, du bruitisme à la symphonie, de la mélopée au cri, avec d’incroyables montées de tension, ça vous prend aux tripes.

Stan Mathis Synopsis Tour ©SoleneMillon

Stan Mathis Synopsis Tour ©SoleneMillon

Le Masculin féministe dont il se réclamait il y a sept ans est avant tout un être humain sensible, doté d’empathie, « Le regard apaisé et le sourire tranquille / Sûr de tes forces, pas dupe de tes faiblesses … Et lorsque tu échoues tu recommences encore / Comme un équilibriste  ». À la jeunesse, « Affamée, intrépide » tous les droits, il y croit pour construire l’avenir. Aux femmes aussi, son espoir, tout donner pour quelques jours, pour toujours peut-être, d’elle attendre l’amour, si dense qu’il en tire stridence, silence, évidence, et quand il chante si doucement, avec cette guitare arpégée, c’est simplement beau. Élégant, disait Michel Kemper à chaque nouvel album, et c’est vrai, aussi fort que d’une efficacité naturelle, évidente… jusqu’à incarner à la première personne cette femme délaissée, « Comme la veuve d’un homme vivant », il sait recréer ce désert, ce brouillard de l’esprit de l’abandonnée, et l’on se noie dans les vocalises déchirantes de la voix féminine finale.

Je garde pour la fin ce morceau précieux qui apparaît au premier quart d’heure de cette symphonie fantastique : Imola. Même si l’on suit de loin les courses automobiles, on sera ému au plus profond par ces six minutes de tragédie où le temps, loin de s’accélérer, semble s’étirer, pour le héros des temps modernes, fauché dans sa jeunesse (1) « Mourir c’était la preuve / Que j’étais vivant / A toute vitesse… »

Écoutez-le, avec cette voix sincère, convaincante « Y’aura des rêves, Y’aura des cris… » il pourra peut-être, en douceur, vous redonner du cœur à l’ouvrage, pour « construire [votre vie], pour protéger la flamme ». Et que dire de ce merveilleux musical qui vous emporte à la fin, sur des roulements de tambour… Une guitare qui parle… Des murmures venus de la ville… Quand ce sera fini, vous ressentirez le besoin de réécouter cet album, c’est tout le bien que je vous souhaite.

 

(1) La mort, jeune, prix d’une vie intense : le pilote brésilen Ayrton Senna en 1994, au circuit d’Imola (Grand-Prix de Saint-Marin), déjà précédé du décès d’un autre pilote autrichien, après un grave accident d’un autre pilote brésilien ; en synopsis, les samples de la voix de Gaspard Ulliel, des suites d’une collision au ski, et celle de Françoise Sagan, réchappée par miracle d’un grave accident de voiture

Stan Mathis, Synopsis, Stardust 2025. Le site de Stan Mathis, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là
Au Festival d’Avignon en Trio jusqu’au 25 juillet (sauf les mercredis 8, 15 et 22 juillet) à 22h30 au Théâtre de l’Arrache-Cœur 13-15, rue du 58° Régiment d’Infanterie avec Léa Cointet au violoncelle, et Brice Milliat aux claviers, samples, soundesign



« Quelques jours avec toi » Image de prévisualisation YouTube 
« La jeunesse a tous les droits » Image de prévisualisation YouTube

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