Festival Jean-Ferrat 2026, couleur d’orange
Mathilde (photo non créditée tirée du site L’Insoumission)
Bien sûr on espère pour eux que la canicule, forcément couleur orange sinon rouge, ne viendra pas gâcher les festivités et que la préfecture de l’Ardèche, sur injonction lecornuesque, n’ouvrira pas outrageusement son parapluie (en ce cas précis ça se nomme une ombrelle, au pire un parasol). Le programme 2026 du Festival Jean-Ferrat s’annonce somptueux, avec des artistes qui font honneur à une chanson poétique et d’engagement. « Le festival a pour objectif, lit-on sur le site officiel, de perpétuer l’esprit de Jean Ferrat en poursuivant l’un des combats pour lesquels le chanteur, poète et humaniste, s’est mobilisé toute sa vie : la chanson française dans sa diversité culturelle et sa liberté d’expression ». L’objectif est une fois de plus rempli. Bravo !
On pourrait se dire qu’HK est du déjà vu. Qu’il a fait le fastueux final de Barjac l’an passé. Sauf que, à plus forte raison à quelques mois des présidentielles, on ne se lasse pas de son chant mobilisateur, fédérateur. Il est un de ceux qui redonnent du faste et de la joie à la chanson politique. Sur la place de la Résistance d’Antraigues, comme ailleurs, son On lâche rien va plus encore résonner, raisonner. Résister.
Lui et ses confrères présents. Ainsi Mathilde. La chanson ne connaissait, il y a peu encore, de Mathilde que par celle de Brel (« Ce soir je repars au combat / Maudite Mathilde, puisque te v’là ») ; on en connaîtra désormais une autre, de poids : un chant libre, sans entrave, féministe et tout aussi révolutionnaire, une dame impressionnante dont les chansons ne peuvent faire place à l’indifférence. Ce sera l’autre très grand moment de ce festival, sur la grande scène.
Paule-Andrée Cassidy, Mehdi Krüger, Bonneville, Hector ou Rien, Leora, Boucandata, La Brebis verte, Évasion (un de leurs derniers concerts avant dissolution de cet excellent quatuor féminin), Marion Roch et Claire Elzière, celle-ci dans son récital Alain Leprest, tel est le reste de ce menu gargantuesque (sans compter le banquet final) qui fait de ce (grand) festival une étape essentielle des festivals estivaux, de ceux, bien trop rares, qui célèbrent encore cette chanson-là, cette chanson de combats.
Le détail, jours et horaires des rendez-vous sur le site du Festival Jean-Ferrat.
Notons la conférence sur « Jean-Ferrat, un chanteur témoin de son temps » par Ivan Perey, auteur du livre éponyme paru l’an passé aux éditions Le Bord de l’eau. Et l’intéressante et très actuelle Causerie sur « les Politiques et pratiques culturelles » animée par Laurent Fleury, agrégé de sciences sociales et par la docteure en sociologie Danielle Bellini.
Notons enfin qu’aux avant-postes de ce festival se dérouleront un concert « Brel à l’orgue » le mardi 7 juillet au temple de Privas et un récital « Michel Avalonne chante Ferrat » le mercredi 8 à l’hôtel de ville de Viviers.
Comme Barjac, ce Festival d’Antraigues aime à se choisir chaque année une phrase-slogan, chaque fois issue d’une chanson de Ferrat. Cette année, c’est « Un jour pourtant, un jour viendra couleur d’orange ». Si l’orange est couleur d’espoir, fasse qu’elle se substitue à celle brune (ce « bruit des bottes » que chantait Ferrat…) qui plane bien trop sur l’avenir de la nation.
Festival Jean-Ferrat, 10, 11 & 12 juillet 2026, Antraigues-sur-Volane. Le site du festival, c’est ici.



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