Jean Bodart, le saltimbanque des Hauts-de-France
Jean Bodart (photo non créditée)
Il se définit comme « chanteur saltimbanque » et n’est vraiment connu que dans les Hauts de France, natif qu’il est du Pas-de-Calais, où, créateur et animateur de l’association Chansem (« Chanson Expression Musique »), il a longtemps développé des « prestations d’éveil musical et de chansons ». Mine de rien, Jean Bodart est à la hauteur d’une discographie respectable : huit albums (dont quatre pour jeune public) et ce neuvième que voici, composé de six chansons nouvelles et de cinq autres revisitées pour l’occasion, dont trois tirées de son premier album, Parole discrète, en 1987.. « Discrète », le terme lui sied particulièrement, à tel point que nous ne le connaissions pas, honte à nous, avant de recevoir ce Et toujours… autoproduit paru l’an passé. En scrutant le contenu de ses albums, on voit l’étendue de son registre qui – c’est assez rare pour le signaler – n’hésite pas à mettre en valeur des chansons du répertoire traditionnel (A la volette, La p’tite hirondelle…) et – c’est plus fréquent – parfois interpréter des titres d’autrui (d’Anne Sylvestre, Pierre Chêne, Steve Waring, Francis Lemarque…). Il y a du Jacques Douai en lui, dans sa façon d’envisager son amour de la chanson. Comme un humble passeur, qui lui même apporte son bel écot à cet art qu’il sert admirablement.
Jean Bodart c’est toute une vie en chanson. Enchantée. De tout gosse avec cette grand-mère qui chante en se promenant dans son jardin, de ces chansons qu’on reprend lors des fêtes de famille, de cette chorale qu’il rejoint à douze ans à cette première guitare, « achetée après la moisson », à seize ans…
A écouter ce nouvel album, rien que sur onze titres, on ressent ce parcours de chanson qui puise dans l’histoire de celle-ci, dans sa permanence, son intemporalité. « Il y en a eu il y en a eu / De l’eau sous les ponts / Il y en a eu il y en a eu / Des tas de chansons ». Hors de tous effets de modes, de toute possible obsolescence, onze titres qui regardent plus le temps présent et l’horizon que le passé (même si « Aux calendes picardes / Le passé n’est pas l’oubli »), explorent l’amour, la course avec le temps, les retrouvailles… Le genre d’album qu’il est plaisant, reposant d’écouter, à la recherche de racines toujours fertiles de la chanson, à l’écoute duquel on se sent bien, reposé, serein, en complicité. J’ose dire en amitié.
Jean Bodart, Et toujours…, autoproduit 2025. Le site de Jean Bodart, c’est ici.



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