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Marie-Paule Belle, 1946-2026


Un-soir-entre-milleBien sûr, pour tous et pour toujours, elle restera La Parisienne, ce titre de 1976 qui nous l’a révélée, s’est insinué de partout sur les ondes et lui vaudra logiquement un disque d’or. Tribulations de la niçoise qu’elle fut à son arrivée dans la Capitale, drôle, de bon sens et qui fait fi de tout snobisme. Succès mérité. Mais que l’arbre ne cache pas la forêt, qu’un train n’en cache un autre, le répertoire (l’œuvre) de Marie-Paule Belle, dont la carrière a débuté bien plus tôt dans des cabarets parisiens tels que L’Échelle de Jacob ou L’Écluse (comme Barbara), est autrement plus ample et plus riche que ce titre-là, dont du reste elle n’a pas à rougir.

Il y a huit ans, Marie-Paule Belle fut programmée au festival Barjac m’en chante, temple s’il en est d’une chanson plus exigeante qu’ailleurs. Elle y avait sa place. Des festivaliers plus sectaires que d’autres, des puristes, ignorants et enferrés dans leurs certitudes, boycottèrent cette soirée au château, décrétant que la Belle ne méritait pas d’être là, que par elle l’affreux showbizz faisait son entrée, façon cheval de Troie sans doute. Ont-ils su qu’ils venaient de rater un très grand rendez-vous de la chanson, par une de ses plus fameuses interprètes ? Est-ce grand crime d’avoir accepté, au temps où la chanson y était largement conviée, des invitations à la télé ? 

Marie-Paule Belle, ce fut longtemps le nom générique d’un trio fait de la chanteuse elle-même, de Michel Grisolia, un ami d’enfance, et de l’écrivaine Françoise Mallet-Joris dont Marie-Paule sera, plus d’une décennie durant, la compagne. Elle eut aussi d’autres paroliers tels Serge Lama, Isabelle Mayereau, William Sheller et, entre autres, Pierre Delanoë. Que des amis, des très proches, en osmose. Avec de telles plumes, étonnez-vous qu’il n’y ait pas de déchets dans le répertoire de Marie-Paule : ses chansons couvrent le spectre de son talent : de la fantaisie certes, de l’absurde, du baroque même. De la raison, de la mélancolie, de la tendresse. Jamais elle n’enfonça le même clou. Citer quelques titres en guise d’illustration est quasi vain, tant ils sont nombreux et puisent dans des inspirations et humeurs fort différentes. Mais quand même : La Petite écriture grise, Antonio Carlos Maria Brésil, Où est-ce qu’on les enterre ?, Wolfgang et moi, Chez Pivot, Je veux pleurer comme Soraya, Celles qui aiment elle… De bien belles pages de la chanson furent écrites pour elle, par elle.

Elle fut aussi cette belle – je n’ose dire remarquable mais le pense – interprète de la Longue dame brune, d’abord par le spectacle De Belle à Barbara, où elle mêlait les deux répertoires, puis à l’auteure du Mal de vivre par un récital entièrement consacré, dont par bonheur il reste le disque Marie-Paule Belle chante Barbara.

Marie-Paule Belle a chanté dans toutes les plus belles salles, avant de faire ses adieux à la scène en mai dernier, au Théâtre de Passy, à Paris. Au micro de Robert Migliorini, pour un entretien exclusif à NosEnchanteurs, elle nous disait « Au revoir et merci à tout le bonheur que j’ai eu de chanter, de donner de la joie. Que d’échanges merveilleux avec les auteurs, le public et tant d’autres encore.

C’est en ce jour de grands incendies que Belle quitte les feux de la rampe. Sa petite flamme brillera longtemps en nous.

 

 Le site de Marie-Paule Belle, c’est ici  ;  ce que NosEnchanteurs a déjà écrit sur Marie-Paule Belle, c’est là

 

« La Petite écriture grise » : Image de prévisualisation YouTube

« Où est-ce qu’on les enterre ? » : Image de prévisualisation YouTube

« Celles qui aiment elles » : Image de prévisualisation YouTube

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