Jean-Louis Cadoré « Il faut nous aimer encore et toujours »
Le silence sur tes seins, j’aime bien
Mais l’absence de ton chant, je n’aime pas
La vie qui va, la vie qui vient, j’aime bien
la mort qui rode et le chagrin, je n’aime pas
Ton cœur qui bat contre le mien, j’aime bien
Ton pas qui s’éloigne de moi, je n’aime pas
Le rire de l’enfant qui joue, j’aime bien
Les larmes qui coulent sur tes joues, je n’aime pas
Le vent le sel la pluie le chant j’aime bien
Jean-Louis Cadoré
Paroles et Musique Jean-Louis Cadoré. Extrait de l’album « Ballades au fil des ans » 2024
Chanson un peu atypique de Jean-Louis Cadoré, qui donne plus souvent dans la chanson mélancolique, satirique ou sensuelle, celle-ci a un petit côté amusant et naïf donné par la répétition du J’aime bien, je n’aime pas (très utile pour faire chanter le public). Malgré tout quand on écoute bien les paroles on retrouve ses thématiques principales, l’amour de la nature, l’amour tout court et la méfiance envers les humains, « la mort qui rode et le chagrin »…
Elle est ici chantée le 5 mai 2024 à la Chapelle Marie Madeleine de Villedieu à Valensole (04) accompagné par Jo Labita à l’accordéon avec d’autres chansons de son répertoire qu’Alain Withier a filmées et réunies dans une liste d’écoute de seize titres emblématiques.
Jean-Louis Cadoré écrit des poèmes et des chansons depuis sa prime jeunesse, soit près de cinquante ans, et il est difficile d’en faire le tour, d’autant qu’il les maintient à son répertoire et qu’on peut les retrouver en concert à diverses périodes. Sa voix, ample et chaleureuse, peut parfois prendre des intonations de Brel, Ferrat, Félix Leclerc, même Henri Salvador, se fondant dans l’atmosphère de ses chansons. Tout l’inspire : l’amour, le temps qui passe, les gens, les lieux où il a habité ou voyagé, la nature, le désespoir comme son miroir, l’espoir. Il a publié aux éditions L’Harmattan « Chansons, poèmes et histoires courtes » dans la collection Autres Chants d’Anne Bernard les textes de 60 chansons, 23 poèmes et 6 histoires courtes en 2015, puis en 2024 Les pleurs du mâle (58 chansons de 2015-2024) suivi de Poèmes d’avant, 47 poèmes ou chansons dont les plus anciennes remontent à… quelque 47 ans justement
En CD existent actuellement quatre albums, La solitude au fond des golfes clairs, 2010, 13 titres, épuisé mais disponible en numérique, puis Patchwork, 2015, 15 titres , et en 2019 Un chant, l’album le plus produit, avec la participation de Dyne, Jean Humenry et les arrangements de Renaud Duret.
Son dernier album, Ballades au fil des ans, 2024, réunit 20 titres composés sur plus de 45 ans, enregistrés en guitare-voix à Vauvenargues près de la Sainte-Victoire, réalisé par son complice Christian Avanozian. On y retrouve l’amitié (Les copains, les copines), les aléas de la vie et son fleuve pas tranquille « et soudain, la vie revient, sa beauté », de douces ballades au fil des saisons, À l’aube de l’automne ou Mélodie d’été, la quête de la vie, de la mort avec ou sans Dieu (Epaves), le doute sur la nature humaine (Avec un peu de chance), la passion qui sauve de l’angoisse de vivre « Et dans la lune de tes yeux ivres / Je cache ma peur je n’ai plus froid »(La toile d’araignée des jours), l’effroi de la guerre (Soldats, soldats) et bien d’autres encore…

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