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Vive la reprise 2015 : passeport pour une finale

(photo Claude Fèvre)

Au creux de l’A (photo Claude Fèvre)

23 octobre, dernière demi-finale de la 21ème édition du concours Vive la reprise,  Le Bijou, Toulouse,

 

Le Centre de la Chanson, une fois l’an, crée l’événement. Il faut le dire, les prix remis à l’occasion de la finale parisienne, les programmations aussi, offrent  une chance aux artistes, dynamisent  ou même lancent carrément  leur nom. Et pour une fois l’événement réconcilie deux univers de la chanson qui auraient tendance à s’affronter : les partisans du sacrosaint triptyque texte-musique-interprétation et les défenseurs des interprètes qui se sentent oubliés, voire méprisés.

(ph CF)

Guilam (ph Claude Fèvre)

Après Lyon et Ivry, c’est le tour de Toulouse où l’on notera un public sensiblement moins nombreux que l’an passé. Pas de figure reconnue de la chanson toulousaine cette année. Une surprise mais nul ne le sait encore !

Le premier, C’Dric – vague ressemblance avec Omar Sharif – a le charme d’un artiste dont la touche orientale pourrait être un atout. On le verra même s’accompagner à la harpe pour chanter Pierrot de Renaud après une reprise orientalisante donc de Femme du guerrier des Ogres. Les deux chansons dont il est l’auteur surfent sur des thèmes convenus. La crise a frappé, encore… mais la fraternité, même avec un refrain sénégalais, ne suffit pas à convaincre.

107 PRESELECTIONNES, 21 RETENUS, 8 FINALISTES  « Vive la reprise ! » disent-ils... Si c'est le fait de reprendre le patrimoine, reconnaissons que le Centre de la Chanson est dans le mille depuis longtemps, depuis plus de vingt ans : quelques soient les cercles de la Chanson, tout le monde désoramis reprend (sans être nouveau – on reprend depuis toujours –, le phénomène semble s'être accentué ces dernières années).  Si c'est sur une éventuelle embellie de la Chanson, qui reprendrait de la vigueur, de l'audience, du public, on sera là un peu moins optimistes... « Vive la reprise » donc, le tremplin du Centre de la Chanson, vit en ce moment sa 21e édition. 21 candidats retenus (pour 107 présélectionnés). Trois auditions publiques préalables (l'une à Lyon, l'autre à Ivry [photo ci-dessus], la dernière à Toulouse) amèneront les 8 finalistes retenus sur la scène du Centre Fleury-Goutte d'or-Barbara à Paris le lundi 2 novembre 2015. Les premiers lauréats connus, issus de l'audition lyonnaise (à la Salle des Rancy), furent Sarah Mikovsky et Anissa. Ceux issus de la sélection parisienne (au Forum Léo-Ferré, à Ivry-sur-Seine), sont Geneviève Morissette, Zoé Malouvet, Danny Buckton Trio et Gauvain Sers, où, dit-on, les discussions au sein du jury furent agitées. Notons que Gauvain Sers, dont le répertoire coutumier est, on le sait, très lié à l'actualité, y a interprété Mon fils est parti au djihad : cette chanson fit débat... NosEnchanteurs avait noté, aux précédentes éditions, le fort et choquant déséquilibre entre les lieux d'auditions où, pour un nombre identique de concurrents, on avait en certains lieux deux fois plus de lauréats, comme si on valait deux fois plus à Paris et Toulouse qu'au Mans ou à Lyon. Avons-nous été entendus, toujours est-il que la cette faute de calcul, qui sérieusement mettait en doute l'équité de ce tremplin, est corrigée. Sur les trois lieux de cette année, Lyon et Toulouse ont chacun deux lauréats (pour cinq candidats à chaque fois) et Ivry quatre lauréats (pour onze candidats). Le règlement impose pour concourir un enregistrement de trois titres : un titre de l’artiste parrain, cette année le groupe des Ogres de Barback,  une chanson du répertoire et une création originale. Après l’étape de sélection sur CD centralisée cette année au Centre de la Chanson, les artistes se présentent aux auditions publiques en région pour interpréter les trois titres enregistrés et un quatrième titre au choix. Prix décernés par un jury présidé par Claude Lemesle :  - Grand prix Vive la reprise, remis par le Centre de la Chanson (2000€) ; - Prix d'interprétation, remis par l'Adami (2000€) ; - Prix de la meilleure chanson originale, remis par l'Unac (500€) ; - Coup de cœur des professionnels ; - Coup de cœur du public.

107 PRESELECTIONNES, 21 RETENUS, 8 FINALISTES
« Vive la reprise ! » disent-ils…
Si c’est le fait de reprendre le patrimoine, reconnaissons que le Centre de la Chanson est dans le mille depuis longtemps, depuis plus de vingt ans : quels que soient les cercles de la Chanson, tout le monde désormais reprend (sans être nouveau – on reprend depuis toujours –, le phénomène semble s’être accentué ces dernières années).
Si c’est sur une éventuelle embellie de la Chanson, qui reprendrait de la vigueur, de l’audience, du public, on sera là un peu moins optimistes…
« Vive la reprise » donc, le tremplin du Centre de la Chanson, vit en ce moment sa 21e édition.
21 candidats retenus (pour 107 présélectionnés). Trois auditions publiques préalables (l’une à Lyon, l’autre à Ivry [photo ci-dessus], la dernière à Toulouse) amèneront les 8 finalistes retenus sur la scène du Centre Fleury-Goutte d’or-Barbara à Paris le lundi 2 novembre 2015.
Les lauréats, issus de l’audition lyonnaise (à la Salle des Rancy), furent Sarah Mikovsky et Anissa. Ceux issus de la sélection parisienne (au Forum Léo-Ferré, à Ivry-sur-Seine), sont Geneviève Morissette, Zoé Malouvet, Danny Buckton Trio et Gauvain Sers, où, dit-on, les discussions au sein du jury furent agitées. Notons que Gauvain Sers, dont le répertoire coutumier est, on le sait, très lié à l’actualité, y a interprété Mon fils est parti au djihad : cette chanson fit débat… Ceux issus de la sélection toulousaine sont Guilam et Au creux de l’A.
NosEnchanteurs avait noté, aux précédentes éditions, le fort et choquant déséquilibre entre les lieux d’auditions où, pour un nombre identique de concurrents, on avait en certains lieux deux fois plus de lauréats, comme si on valait deux fois plus à Paris et Toulouse qu’au Mans ou à Lyon. Avons-nous été entendus, toujours est-il que la cette faute de calcul, qui sérieusement mettait en doute l’équité de ce tremplin, est corrigée. Sur les trois lieux de cette année, Lyon et Toulouse ont chacun deux lauréats (pour cinq candidats à chaque fois) et Ivry quatre lauréats (pour onze candidats).
Le règlement impose pour concourir un enregistrement de trois titres : un titre de l’artiste parrain, cette année le groupe des Ogres de Barback,  une chanson du répertoire et une création originale. Après l’étape de sélection sur CD centralisée cette année au Centre de la Chanson, les artistes se présentent aux auditions publiques en région pour interpréter les trois titres enregistrés et un quatrième titre au choix.
Prix décernés par un jury présidé par Claude Lemesle :
- Grand prix Vive la reprise, remis par le Centre de la Chanson (2000€) ;
- Prix d’interprétation, remis par l’Adami (2000€) ;
- Prix de la meilleure chanson originale, remis par l’Unac (500€) ;
- Coup de cœur des professionnels ;
- Coup de cœur du public.         MK

Le duo guitare-voix de Robinsonne lui succède. Malgré la force de conviction de l’interprète – du métier c’est évident – le choix des chansons qui font une large place au sort des femmes, d’abord avec le titre des Ogres « Petite fille d’Algérie, belle femme d’Arménie, je me veux de votre pays » (Peuple du moment), puis avec Anne Sylvestre Je chante, excuse-moi, on reste sur une interprétation surannée de la Chanson. On note pourtant l’effort pour harmoniser la courte prestation, lui donner une unité, car les deux chansons originales font écho aux précédentes. C’est Guilam qui termine cette première partie. Quelle bonne idée cette interprétation délicate, en acoustique, ponctuée de quelques accords au ukulélé, de Rêver c’est déjà ça de Souchon ! Deux valses donneront un aperçu de son propre univers, accompagnées à la guitare pour l’une, au piano pour l’autre, une nouvelle chanson et une ancienne que nous avons le privilège de bien connaître (Limites). Le choix de la chanson des Ogres Coups d’poids dans la gueule, son interprétation sans emphase suffisent à nous laisse penser que cette fois-ci est la bonne pour cet artiste dont nous avons été plusieurs ici à  approcher l’univers.

Cette demi-finale s’achève sur la confrontation de deux approches divergentes de la chanson. La pianiste Cécile Veyrat propose d’abord une étonnante version du texte de Jean Richepin, célèbre chanson de Brassens, Les oiseaux de passage. Une recréation qui ne manque pas de panache, une interprétation où s’affiche un fort tempérament de chanteuse et de musicienne. On attend la suite avec grand intérêt, voire impatience. Cécile Veyrat propose deux chansons de sa composition, la seconde plus intimiste déroule un paysage intérieur. Complexité du texte, interprétation sophistiquée, peut-être trop de théâtralisation ? Elle termine avec la chanson des Ogres, Solène de Grenoble, un choix qui a tout pour emporter la mise.  

Mais c’était sans compter sans doute (nous ne sommes pas membre du jury et le revendiquons) avec le duo au nom mystérieux et jusqu’ici inconnu de Au creux de l’A. Deux très jeunes filles, jeunes filles en fleurs – oui, quelque chose de proustien dans le vêtement d’Alice Benar, les cheveux librement relevés, la petite robe vichy, collants framboise – leur beauté gracile font souffler sur la scène du Bijou un air pur, une fraîcheur au moment où elles entonnent Avril et toi des Ogres. L’accompagnement d’Elisa au Banjo n’a rien qui pèse… Elle suit du regard chaque mouvement des lèvres d’Alice. On saura plus tard que leur duo est en train de naître. Cette fragilité-là ajoute à la beauté minimaliste qui va se confirmer au gré des morceaux. La chanson de Piaf Fais-moi valser en est une si délicate illustration : « Berce-moi doucement comme un oiseau blessé. » Quand Alice se met au violoncelle ou bien s’accompagne seulement du rythme d’un papier frappé sur ses genoux alors qu’Elisa est au cavaquinho brésilien, on reste suspendu à son souffle. Et c’est pour ses propres chansons. Alors sans contestation possible on se réjouit de les revoir le 2 novembre, confrontées d’ailleurs à d’autres beaux tempéraments féminins, au Centre Fleury-Goutte d’or-Barbara.

 

Le site de Guilam, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

Le site de Robinsonne, c’est ici ; ce que NosEnchateurs a déjà dit d’elle, c’est là.

Le site de Cécile Veyrat, c’est ici.

Une réponse à Vive la reprise 2015 : passeport pour une finale

  1. Norbert Gabriel 25 octobre 2015 à 12 h 47 min

    Une précision pour Ivry, les 11 artistes étaient la sélection Ile de France et Nord. Donc en gros, le tiers Nord de la France. Je ne sais pas si L’Est et l’Ouest ont envoyé des maquettes, mais dans cette sélection de 11, il y avait aussi quelqu’un de La Réunion.
    Les discussions ont été animées, mais je suppose que c’est pareil ailleurs.

    Répondre

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