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Catastrophe, trop bon, trop gong

Catastrophe (photo © Antoine Henault)

Catastrophe (photos © Antoine Henault)

J’avoue : je n’avais jamais entendu parler du groupe Catastrophe, dont le premier album paru en 2018, La nuit est encore jeune, semble pourtant avoir déjà trouvé l’oreille de la presse branchée. C’est par hasard, au détour d’un surf routinier sur Facebook, que mon attention a été attirée. C’est que leur nouveau disque ne paraît pas sous n’importe quel label ! C’est en effet Tricatel, la maison de disques de Bertrand Burgalat, qui a le plaisir et l’honneur d’accueillir le nouvel opus. Toute production issue de cette niche de talents méritant une écoute, votre serviteur s’est dès lors empressé de se procurer l’œuvre en question.

Catastrophe, c’est un sextet composé de cinq gars sévèrement burnés et d’une blonde diaphane. Je dis ça, mais c’est pour rire, la blonde en question, Blandine Rinkel, par ailleurs romancière, ne semblant guère donner dans la légèreté vaporeuse. Auteure de tous les textes et danseuse émérite, elle s’impose davantage comme le leader du groupe que comme le faire-valoir de ses partenaires masculins. Girl power ? Plutôt une mise en œuvre des idées généreuses mises en avant par le collectif.

Le CD s’intitule Gong ! Il est en réalité la bande-son d’un spectacle de comédie musicale, dont la tournée vient de débuter. Difficile d’en deviner toutefois l’intrigue, tant les chansons ne nous narrent en aucune façon une histoire continue. Annoncé comme le mariage entre Kendrick Lamar et Jacques Demy, le show nous est d’ailleurs présenté comme suit : « L’inquiétude, le rire, la foi, le regard, la colère et l’ennui se retrouvent dans une pièce et se demandent comment arrêter le temps. C’est l’intrigue de cette comédie musicale, qui parle de nos vies, fragiles et ultra-connectées, du monde qui s’accélère et de la musique comme remède ». Vous conviendrez qu’il est difficile de s’en faire une idée, mais que tout cela est diablement mystérieux et excitant.

(pour commander ce disque, cliquez sur la pochette)

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La pochette colorée de l’album laisse présager des chansons chatoyantes. Promesse tenue. Le titre Encore qui ouvre le jeu est un feu d’artifice de chœurs et de rythmes. Hédonisme (Si je devais vivre encore / Si tout recommence après la mort / Je referais l’amour partout) et danse libératrice (Bouge ton corps encore et encore) s’y allient pour nous donner des fourmis souriantes dans les jambes. Comme un Big Bazar ressuscité. Jouissif et revival.

Le ton des autres morceaux n’est pas pour autant à la fête. Course folle dans un monde moderne déshumanisé (Gromit, qu’un Philippe Katerine aurait pu écrire), esclavage des réseaux sociaux (Social Network), recherche de repères (Les méridiens), besoin d’une pause (Le grand vide), fin du monde (Solastalgie)… Des thèmes graves, mais traités sans tristesse aucune. Des chansons qui nous interpellent, qui s’interrogent sur cette frénésie incessante qui forme notre quotidien et nous disent tout simplement : « et si on appuyait sur pause ??? ».

La morale de Gong ! ? Vivons libres avant la mort. Message pas puissamment original, certes, mais joliment emballé dans ces rythmes pop rappelant les grandes heures de la variété 70’s, mâtinés de phrasé rap contemporain, mêlant les ambiances festives et contemplatives… Un joyeux melting-pot de sons et d’humeurs, auquel la scène apportera – supposons-le – cette cohérence qui manque quelque peu au disque.

Catastrophe, un groupe et un projet à découvrir. On y court donc, tous les collapsologues vous le diront.

 

Catastrophe, Gong !, Tricatel 2020. Le site de Catastrophe, c’est ici.

« Encore » : Image de prévisualisation YouTube

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