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Eskelina joue avec le feu

Eskelina Photo Frank Loriou

Eskelina Photo Frank Loriou

Ce qui fait tout le charme d’Eskelina (Svanstein), c’est ce mélange d’innocence secrète  et de totale liberté, presque de licence. Ce que symbolise bien cette photo de couverture, cheveux dans le vent ne laissant voir au mieux qu’un quart du visage. Une glace brûlante sous un doux et léger accent. Drivée par Florent Vintrigner aux textes, dont on connaît la verve poétique et même épique, et Christophe Bastien qui l’épaule à la musique,qui lui donnent son envol. Avec aussi Nans Vincent, un nouveau jeune auteur qui prête sa plume sur deux chansons et ses notes sur le final. Un album presque entièrement consacré aux sentiments, l’amour bien sûr, mais surtout l’urgence de vivre. Une chanson évoque cependant la menace que les humains font courir à l’équilibre de la terre et de son climat, à la mer qui pourrait bien se venger. C’est qu’en fille sauvage, un peu druidesse, un peu indienne, Eskelina est proche des éléments qu’elle paraît incarner, c’est bien elle, la mer qui pleure, « Le jour où la terre nous aura dit bon vent / Il faudra en payer le prix mais que faire de notre argent ? », et se venge : « Vous êtes prévenus : je monte ». 

ESKELINA 2021 le sentiment est bleu BDL’album démarre fort avec cette longue chanson d’une gravité inhabituelle, d’une douceur presque tragique : « vide-moi, vide-moi du vide / Vide-moi, vide-moi les poings  / Que je puisse enfin les ouvrir / Je ne garderai que mes mains / Et mon cœur peut-être /  Pour les remplir » avant de s’évader dans un électro-rock progressif qui épanouit le texte dans un vide… habité.

Habillés d’un style musical assez souvent folk, voire country, s’évadant dans des riffs évocateurs d’une liberté très rock, subtilement électro, les arrangements doivent leurs vibrations à Sébastien Collinet (Alexis HK, Florent Marchet, Monsieur Lune…).  Les thèmes s’attaquent à un road trip de sentiments plus sulfureux que ne le laisse penser la cavale sauvage « sur la route, sur le chemin », incitant à trouver la lumière dans l’obscurité : « Ne rejette pas l’enfer / Par lequel passe ton âme /  Trop de lumière éteint la lumière / Les ténèbres révèlent la flamme ». Eskelina y devient une héroïne bravant les conventions, telle cette Calamity Jane faisant rêver les audacieux.ses, chevauchant un cheval nommé Satan, qui pourtant confesse au moment de perdre sa vie « Je ne suis pas aussi noire que l’on m’a dépeinte ». Différente, nue comme tout un chacun, elle joue avec les genres, «  À cheval sur ce que nous sommes / Manquerait plus qu’on en parle / Et que je sois un homme / Pourvu que / Tout parte en vrille / Moi en garçon et elle en fille ». Joue avec le feu, dans cette ballade où la douceur de la cerise cache sous le masque bien des surprises : « Oui j’avoue tous mes crimes / Je les revendique même mieux / Je veux bien en être digne / Je fais ce que je veux ».

Comme dans chaque album, la nostalgie de son pays et de sa prime jeunesse surgit soudain, au coin de La maison de Bernes, entre mer et forêt, dans un printemps gonflé de rêves et de désirs, dont elle écrit le texte confié à la mélodie de Diego Gernais. Pour grandir à deux, ou revenir à la maison quand on n’a plus rien à perdre.

Eskelina, Le sentiment est bleu, L’atelier du pélican, 2021. Le site d’Eskelina, c’est ici. Ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’Eskelina, là

 

Sur la route Image de prévisualisation YouTube
Eskelina aux Beaux jeudis d’Astaffort le 11 mars (Vide, Sur la route, Calamity Jane) Image de prévisualisation YouTube

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