Mouhet 2026. Les amours de Piotki
Piotki (photo Didier Kovacs)
22 mai 2026, Festiv’en Marche, Mouhet (Indre),
Résumé de la veille : C’est immuable, chaque édition de Festiv’en Marche débute, loin de son épicentre, dans la commune d’Éguzon-Chantôme, par la finale de son concours. Environ cinquante postulants et, au final – c’est le cas de le dire – trois artistes en lice. Outre une somme d’argent (ils en reçoivent tous une, fait rare pour un tremplin), le lauréat fait, sine die ou presque, la première partie de l’artiste vedette, le lendemain. Trois concurrents, donc : le lyonnais Piotki, le lyonnais Maxime Della Coletta (eh oui, la chanson bouffe du lyon !) et l’oyonnaxienne Séverine Collet. Qui s’adjugera donc les voix du public ? Piotki ! Qui, me semble-t-il, depuis le temps, entre tous collectionne prix et tremplins !
Nous voici donc, le lendemain, sur la grande scène de Mouhet, devant le public venu pour célébrer Yacoub. La veille, le set était de cinq titres ; là, on double la mise.
Piotki, allure de gamin aux tempes argentées, est seul avec pour unique compagne sa guitare. D’abord une chanson très rénaldienne dans l’esprit comme dans la forme, qui dès le premier vers avoue son ADN : « Les chansons de Renaud / Les cailloux dans les godasses / Pierre, feuille, ciseau / La deuxième de la classe / Dont j’étais amoureux / Mais qui l’a jamais su / Les décalcos foireux / Les tubes de colle Uhu… » La p’tite musique nous est d’emblée familière, et nos oreilles réceptives. C’est sur cette note, cette idée que se poursuit le set. « J’ai plein d’histoires à vous raconter » nous assure le lyonnais. D’abord celle d’une fille lettrée pour qui il va lire plein de bouquins, d’une adepte du yoga pour qui il va faire poiriers et chandelles…
Il y a sans conteste du Renaud en lui, en version voix intacte, du Gauvain Sers, du Renan Luce aussi, identiques gènes, semblables nostalgies : « Les émotions, j’en fais des chansons » nous dit encore ce grand émotif : on le croit sans mal.
Presque à la manière d’un Degas, il nous fait récit d’Élia, une qui danse sur « le parquet brillant de cette salle de danse » et dont le cœur bat la chamade : « Et elle tourne et elle tourne / Son reflet dans le miroir / Le silence tout autour… » Chaque chanson a sa dame, sa demoiselle, ses émois, comme ici à Lisboa : « La beauté des villes / Ou la beauté des filles / Les villes / Ou les filles ». Là ou ailleurs.
Il nous fera quand même son blues à lui, Le Blues de Piotki, cru millésimé qui secoue, un peu, son répertoire. Mais revient toujours à ses primes amours, avec la nostalgie d’un tendre baroudeur : « La vie c’est moyen un peu / On rate des filles, des gars, des trains, on fait ce qu’on peut / Le temps passe vite, on vieillit / Penélope Cruz, Monica Bellucci, la nostalgie… »
Ce baladin sans discographie mais à la gueule d’ange s’en tire avec un rien de (sa) philosophie : « La vie c’est des hauts, des bas / Quand elle enlève le haut, y a mon cœur fort qui bat ». C’est gentil c’est touchant.
Le facebook de Piotki, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.



Commentaires récents