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Mouhet 2026. Volubiles Voluptueuses

Nathalie Miravette, Amandine Roques, Dorothée Daniel et Clélia Bressat-Blum (photo Didier Kovacs)

Nathalie Miravette, Amandine Roques, Dorothée Daniel et Clélia Bressat-Blum (photo Didier Kovacs)

24 mai 2026, Festiv’en Marche, Mouhet (Indre),

 

Certes, Balmino a ouvert le bal. Que Bossone a clos. Deux mâles. Mais entre les deux, nous avons eu, fait inédit, un festival uniquement, ostensiblement féminin. Avec Agnès Bihl en star (on lit l’article ici). Et Les Voluptueuses pour épicentre : ce fut d’ailleurs le record d’affluence pour ces quatre nanas adeptes de tant de volupté, les Nathalie Miravette, Dorothée Daniel, Amandine Roques et Clélia Bressat-Blum. Des Voluptueuses qu’on ne connaissaient pas, ou pas ainsi, qui n’ont jamais bourré le Stade de France, n’ont pas squatté à outrance les ondes, ne se sont jamais serrées sur le canapé rouge de Drucker. Inconnues au bataillon et pourtant victorieuses. J’ai dans l’idée que ça doit être l’intitulé qui a ameuté les foules. Vous pensez : volupté, aaah… Consultons d’ailleurs ce qu’en dit la rousse du dico :

Volupté. Nom féminin (latin voluptas). Plaisir sensuel, intense et raffiné ; vive jouissance, délectation : Boire avec volupté. Synonymes : bonheur – délectation – délice – joie – jouissance.

Convenez qu’avec une telle définition, ça doit travailler les esprits et nourrir quelques fantasmes… Sauf que là, tout est féminin, propos et interprétation, et que ma foi ces dames renversent la table, s’arrogent l’élémentaire droit d’agir et de jouir comme bon leur semble.

Comment vous le dire ? Ce fut comme un commando, un putsch, un vent de liberté nouveau. Ravageur et, pour tout dire, joyeux. Tout un répertoire sur la séduction, la sexualité. Mais tout écrit par des femmes, rien que par elles (Juliette, Anne Sylvestre, Océane Colom, Clarika, Anne Vassivière, Sage Lahorie, Mylène Farmer… et nos Voluptueuses qui ne donnent pas leur langue au chat), qui prennent la chose en main (« on n’est jamais mieux servies que par soi-même… »), contrôlent leur désir, affranchies des mâles. Ainsi Miravette qui, dans son authentique robe de mariée (si, si !) parodie Belle en une Clitoridienne : « Mais je ne mouillais pas, je n’m’masturbais pas / J’étais bourrée de complexes… / J’ai beau m’titiller la touffe, c’est pas ouf… » puis fait l’éloge du cunnilingus.

Il y a – c’est dans l’air du temps – la jouissance de l’auto-suffisance féminine, avec ce « ça suffit des mecs » en arrière-plan. Le public féminin applaudit à tout rompre ; à observer plus que jamais celui masculin aux moments des applaudissements, on détecte de l’abstinence : est-ce objection ou arthrose ?

Tout est bien ici, les textes savoureux, les interprétations habitées, provocantes à souhait, Miravette est à son point zénithal, au sommet de son art (avec son habituel cheveu sur la langue, sauf qu’on est en droit de se demander si c’est bien un cheveu), et ses collègues ne donnent pas leur part aux chiens… Oh, ces chœurs faussement grégorien dont je ne retiens que le titre (Ma Chatte) ou le seul refrain : « Tailler la pipe ! ». Et ce nouveau détournement des Nuits d’une demoiselle… Seule la mise en scène est un peu vieillotte (normal, c’est à un mec qu’on la doit) et l’espace scénique de toute façon trop étriqué pour que celle d’origine s’y déploie vraiment. Ça donne une succession de chansons hautes en couleurs en solo, duo, trio ou toutes ensemble, au vocabulaire oscillant entre raffiné et trivial (et l’utile réhabilitation de termes précis et précieux comme le gamahuchage [se faire sucer la praline] que même mon correcteur orthographique – l’ignare – ne reconnaît pas : il devrait se le mettre en bouche, le réhabiliter).

« Je soulève les interdits, ah / Étienne Étienne Étienne / Hmmm tiens le bien / Affolé, affolant / Il glisse comme un gant / Pas de limite / Au goût de l’after beat / Reste allongé / On va te rallumer… » Nos dames savent y faire. On pourra longuement disserter sur ce réjouissant recueil érotique qu’elles rendent particulièrement vivant. Mieux vaut le voir en vrai. A défaut acquérir le CD-DVD paru chez EPM. Mais attention messieurs : jamais sans leur consentement.

 

Le facebook des Voluptueuses, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elles, c’est là.

 

« Mousse » : Image de prévisualisation YouTube

« L’éternel féminin » : Image de prévisualisation YouTube

« La Clitoridienne » : Image de prévisualisation YouTube

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