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Barjac 2019. Kapla et Bellamy, autre fragrance et prise de risque

Juliette Kapla (photo Anne-Marie Panigada)

Juliette Kapla (photo Anne-Marie Panigada)

29 juillet 2019, esplanade Jean-Ferrat, festival Barjac m’en chante,

 

« Artiste singulière et complète » lit-on sur sa bio. Complète on ne sait tout à fait à la lueur de ce seul concert (son art est pluriel et sa palette plus large), mais singulière… Voici deux femmes sur la grande scène : Juliette Kapla, chanteuse, et Claire Bellamy, à la contrebasse. Peu ou prou, nul dans l’assistance ne les connaît. C’est une des surprises que Barjac m’en chante sait nous faire autant qu’une utile promotion de la culture occitane (Barjac est dans le Gard, en Occitanie donc). Car, sans perdre le nord (elle est Lilloise), Kapla est aussi d’Uzeste, associée qu’elle est à la Compagnie Bernard-Lubat, tête chercheuse s’il en est dans l’innovation musicale et l’improvisation. Idéal pour sa contrebassiste qui va free.

Kapla est donc chanteuse improvisatrice dont l’imagination se nourrit de l’instant présent, de fulgurances tant verbales que musicales. C’est sans doute vrai mais pour l’heure ce n’est guère probant : deux impros, oui, où elle intègre une fois quatre mots lancés par le public, l’autre fois trois autres, la prise de « risque » annoncée n’étant pas avérée, ou alors très relative. C’est vers les autres titres que nous nous attarderons.

Qu’importe d’ailleurs si le répertoire ici présenté s’apparente à un fourre-tout d’amour et d’humour, un bazar poétique, une quincaillerie du verbe, des « chansons dérangées » selon elles. Qui expose simplement de belles pièces, interprétées d’une voix franche, résolue. Ça peut aller d’une prière à la Terre (« Notre Terre qui êtes aux cieux / Ce que le noyau est au fruit / Notre Terre à l’imparfait arrondi… »), de sa foi en l’Homme (« Combien ça pèse le cœur d’un homme / Combien ça pèse le cœur ou l’âme ? / Combien ça coûte la vie d’un homme ? »), d’une reprise d’une chanson de Michèle Bernard sur Louise Michel, d’un titre sur les exilés, leurs douleurs d’avant et d’après… Chaque fois des morceaux bien écrits, bien sentis, portés par l’instrument de la complice, parfois secondés par la voix de celle-ci. Mais un chapelet de bonnes intentions, d’agréables chansons, et le talent qu’il ne viendra à personne l’idée de contester, ne font pas pour autant un récital convaincant, captivant. Pas de feed-back entre les spectateurs et elles, juste la politesse du public de les accompagner jusqu’à bout de leur prestation, sans plus d’enthousiasme que ça. Et sans rappel.

Les commentaires des festivaliers furent parfois durs sur Juliette Kapla et Claire Bellamy, même et souvent très injustes. Barjac m’en chante ne propose pas qu’un seul et unique format de la chanson, mais la chanson dans toutes ses fragrances ou presque. Le travail de Juliette Kapla en est une, qui plus est d’agréable saveur, peut-être trop rare et trop singulière. Il n’en est pas moins drôlement intéressant.

Le site de Juliette Kapla, c’est ici.

Pas de vidéo de ce spectacle. Par défaut, des images d’un autre, « Fautes de frappe », one-woman-show présenté à Uzeste Musical en août 2013 : Image de prévisualisation YouTube

 

 

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