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Off Avignon 2026, Stan Mathis, entre rêve et rage

Stan Mathis Trio ©Catherine Laugier

Stan Mathis Trio Photos  ©Catherine Laugier

16 juillet 2026, L’Arrache-Cœur, Avignon,

Dernier jour en ce samedi 25 juillet pour écouter le rockeur lyonnais Stan Mathis à l’Arrache-Cœur, salle Barbara Weldens. Un rocker qui chante en français ? Un qui ne fait pas de la pop électro, ou du rap, ça existe encore ? Un artiste élégant qui combine recherche de musique parfaite et texte non seulement compréhensible, mais puissant et poétique avec du fond… C’est cela, le rock en français, et s’il n’est plus sur le devant de la scène, il devient de plus en plus un genre privilégié pour ceux qui recherchent de la qualité, une musique qui a du sens, presque une nouvelle musique expérimentale. D’ailleurs le vivier lyonnais, qui a donné Kent, Hubert Mounier de l’Affaire Luis trio, Buridane et bien d’autres en est un dernier refuge. Rock not dead !

Stan Mathis Trio ©Catherine Laugier 850x638 203526255Stan Mathis Trio ©Catherine Laugier 201324266 490x368Stan Mathis Trio ©Catherine Laugier 203257203490x368Quand on a goûté au perfectionnisme de cet album-concept dont je vous parlais récemment, tant sur la musique que sur les textes et leur sens, on se demande ce que pourra donner ce spectacle sur scène en formation restreinte. On aurait pu reproduire les séquences cinéma, avec projections sur les synopsis samplés. Stan Mathis a préféré revisiter son album pour en faire un vrai concert cohérent, où la part symphonique de l’album est toute entière concentrée dans le jeu extraordinaire de la violoncelliste Léa Cointet, tandis que la partie électro-rock est assurée par lui même, guitare et pédale, et par Brice Milliat aux claviers, samples, soundesign. Aux chansons de l’album se mixent de plus anciennes telles des préquelles comme celle qui ouvre le concert : « Pousser un long et joyeux cri…La rage au ventre / Le cri du cœur / À l’intérieur », ou Excuse my french pour la colère, Masculin féministe pour l’interrogation sur les clichés de genre, que j’avais évoquées lors de la chronique de l’album. Ou encore La réponse, à l’ambiance plus intime, faisant pause entre les chocs émotionnels des chansons les plus noires, tandis que Kurt #67 #94 évoque sa jeunesse « On ne change pas le monde / On ne change que soi / C’est déjà ça ». 

La chanson la plus cinématographique est sans doute cette Imola (à Ayrton Senna)  qui m’avait impressionnée dans l’album, qui se fait encore plus confession intime sur le sens que chacun peut donner à sa vie.
« Il est vrai que dans ce monde nous respirons mal… ». La pédale d’effet de la guitare donne une touche très aérienne, empilant des effets, rejoignant subtilement les claviers et machines de Brice Milliat pour créer une nappe atmosphérique qui colle totalement avec cette mélopée mélancolique, ce rêve éveillé
« quand les lumières s’éteignent ». On peut d’ailleurs souligner le soin apporté aux lumières, aux fumées et à la qualité du son qui contribuent à cette atmosphère envoûtante.

Stan Mathis Trio © CatherineLaugier 210305975 490x368Du rêve aux dures réalités Stan Mathis nous emporte aussi avec cette colère intense de Début de siècle, soutenue par le violoncelle qui donne à la fois la rythmique avec la piste lead aux fréquences assez basses, harmonisée dans les aigus par l’électronique, ce qui donne une sonorité proche d’un ensemble de cordes violonesques. « La maison est en feu / Et l’on reste interdits …Interdits… / Union, partis, drapeaux / Après moi le déluge / Derrière les idéaux ». La guitare se marie intimement au violoncelle qui amplifie l’atmosphère dramatique, vous donnant la chair de poule jusqu’à l’orgasme du « Je suis vivant ! »
La richesse de la musique se retrouve à l’intérieur même des chansons qui peuvent passer de l’exquise douceur à la plus pure intensité rock, celle qui fait vibrer Stan Mathis et nous avec lui.

Et lorsque Stan Mathis nous dit Je n’oublie rien : « Ces moments suspendus entre force et faiblesse », on comprend aussi que le futur nous appartient : « [Il]n’est rien d’autre / Que ce qu’elle en fera / Car la jeunesse a tous les droits ». On sort de ce concert un peu plus vivants !

 

Le site de Stan Mathis, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là

 

Au Festival d’Avignon en Trio jusqu’au 25 juillet  à 22h10 au Théâtre de l’Arrache-Cœur 13-15, rue du 58° Régiment d’Infanterie, salle Barbara Weldens 

« À l’intérieur » Image de prévisualisation YouTube
« Excuse my french » Image de prévisualisation YouTube
« La réponse » Image de prévisualisation YouTube

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