L’Argentière 2026. Bressy, ce coutumier du festival
25 juillet 2026, Festival « Autour de Brassens », L’Argentière-la-Bessée (Hautes-Alpes),
On ne présente plus Jean-Sébastien Bressy, l’auteur compositeur interprète bien connu des festivals de chanson française. Le public de l’Argentière l’a entendu plusieurs fois mais aime le voir, l’entendre et le ré-entendre car ses chansons se savourent et sans cesse recherchent des trouvailles, de nouveaux jeux sur les mots et les sonorités.
Cela n’a pas manqué hier au soir : le premier titre (une nouveauté) délivrait déjà ce message : « Je cherche des mots qui doucement s’immiscent sous les écailles du cœur ». Tout tranquillement au début puis dans un déluge de notes qui va crescendo, Jean-Sébastien part en quête de « mots qui flambent comme des torches au vent ».
Le récital composé d’anciennes et nouvelles chansons ainsi que de reprises du poète sétois a suivi ce fil directeur et nous a conté de jolies histoires. Le public s’est baladé en « Espadrilles et deux chevaux », belle ode à l’épicurisme : « L’important quand on voyage / c’est de poser ses bagages / à l’heure de l’apéro…. ». Il a également eu droit à une jolie histoire d’amour entre une docteure remplaçante et un musicien, « entre stéthoscope et diapason » : « elle déclamait mes vers, je lisais ses ordonnances ».
Jean-Sébastien a ensuite raconté son amour pour Un vieux japonais noir : « son ami de toujours, son compagnon de galère » qui charmait de sa voix les belles : « combien de seins gonflés se sont frottés à toi ? ». Son piano (vous l’avez deviné) est comme Cyrano : c’est lui qui séduit mais c’est le musicien qui récolte…. Il a également interprété un nouveau titre consacré à l’intelligence artificielle : « c’est chic et c’est cool, ça charme la foule, mais ça n’est qu’un leurre (…) mieux vaut être bête, la carcasse faite de chair et de sang ». Chez Bressy, ce qui importe c’est l’humain, (titre d’un de ses albums), mais pas que…. : les animaux ont aussi leur place et il y a beaucoup à apprendre d’eux : « Toujours du ciel tombent des évangiles / Les grands sermons des maîtres et leur mafia / Il faut trimer pour ces escrocs-codiles / Il faut saigner pour leur empire-anha ».
Encore et toujours, ce qui saute aux yeux ou plutôt aux oreilles, c’est cette recherche lexicale : savoureux néologismes et textes précis. Bressy, ardent défenseur d’une chanson littéraire, sculpte les mots et invite à davantage d’humilité envers les animaux et la nature : « Le chaud, le froid, la pluie (…) Tout nous menace et tout nous pousse à bout / Si c’est la fin qu’on nous prédit-nosaures / Sautons par-dessus les volcans-gouroux ».
Pour finir avec ce florilège, le public retiendra un savoureux hommage à Bach (l’interprète et le musicien partage le même prénom) : « il fugue avec moi / il est partout où je suis ». Bressy se place également dans la lignée de Brassens dont il interprète plusieurs titres : Le Fantôme, Les Copains d’abord très jazzy. Il n’oublie pas non plus de parler des copains qui sont partis : Bruno Brel, Jean-Pierre Laurant : « mes potes, mes amis, mes frères, qui avez franchi la barrière (…) vos âmes bienveillantes m’escortent ». Il rend également un vibrant hommage à un lieu qui lui est cher, un village du Sénégal, Djilor (dont Senghor est originaire) où catholiques et musulmans coexistent en toute harmonie : « Quand le monde explosera / Que soit sauvé ce village / Où tout recommencera ».
Le profil facebook de Jean-Sébastien Bressy, c’est ici. Ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, là.
Quelques vidéos enregistrées par Alain Withier :
« Je cherche des mots », Villedieu 2025 
« Lettre aux copains », festival « Poésie et chansons au Pays des Lavandes » 2026 
« Djilor », Villedieu 2022 


Commentaires récents