Sylvain Fesson « Vert goyave »
La pluie te fait faire grise mine
Et le vent regretter le temps
Où dans une mer d’huile
Tu ne portais que rubis sur l’ongle
Et vois ce ciel mauvais
Contre lequel tu t’énerves
La pluie et le vent
Étaient là avant
Et les arbres se gavent
Du vert goyave
Des gospel larmes
Qui nous désarment
Sylvain Fesson
Paroles Sylvain Fesson, Musique Francis Randriamamonjisoa. Extrait de l’album « Société de malade », sept titres en 2026, autres à paraître.
Après un morceau bonus de son 3eme album Origami, longue plage de confidences de près de 20 minutes, que certains avaient pu obtenir en édition limitée, et cette fois filmé en court métrage, Force avec vous, élaboré sur quelque sept ans, Sylvain Fesson crée ce nouvel album dont il sort les titres, écrits au cours de ces trois dernières années, au fil de l’eau.
Même si Sylvain Fesson se classe en chanson française et en pop, sa manière bien personnelle de traiter ses morceaux (qui comme le nom l’indique font partie d’un ensemble en constante évolution), sa poésie singulière quelque peu surréaliste le classent à part. Sept titres déjà sortis pour ce nouvel album Société de malade, pas besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer le titre, sauf à faire un calligraphie dont il est coutumier. Les volutes de ces textes traceront l’esprit et l’émotion de son expression. Il part de Nihiliste, ode aux activités humaines qui deviennent dérisoires dans notre monde chaotique : aller au cinéma, prendre son temps pour rencontrer d’autres humains, jusqu’à ce Vert goyave si lo fi qu’il n’en est presque plus chanson. C’est ainsi qu’il nous le présente (extrait de son calligramme) :
En terme de réalisation sonore
La chanson est volontairement
Restée dans le jus original du
Prémix, très lo-fi donc, tant
Elle ne semblait vouloir
Sonner que comme ça.
Puisse cette chanson
Très humaine et home
Made vous plaire comme
Ces vieux pulls qu’on aime
Mettre à cette période pour
S’enrouler de douceur et
Avoir chaud chez soi
Et entretemps, il publie Auxiliaire, qui semble dénigrer le métier de celui qui « N’[a] trouvé rien de mieux dans le game / Qu’aider ceux qui galèrent aussi » pour mieux le défendre : « Parce que c’est comme ça que moi je respire », ose une métaphore hardie pour le déboisement (euphémisme) de cette Bande de Gaza. Courir est un hymne à la vie, à la nature, à l’amour.
Enfin Le terrain, « pop rock / Un peu progressif et /Slow cosmique » précède Roland (Garros bien sûr) revisité en jeu vidéo « C’est même pas l’été / Mais ça explose / A tous les coups / Suspense overdose »

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