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Clarika, l’amour droit devant

Clarika (photo Julie Oona)

Clarika (photo Julie Oona)

Trois ans après De quoi faire battre mon cœur, Clarika semble toujours être A la lisière entre l’avant et l’après, à questionner le siège de l’amour, tant que c’en est palpitant. « Ça tangue un peu / Ça bouge ça penche / Quand on est juste à la lisière / C’est le vertige / De la plage blanche […] Mais les regrets qui s’éternisent / On les a jetés dans le container / Et puis on rallume la lumière / Quand on est juste à la lisière ». Nul ne lui reprochera cette saison 2 de l’indécision qui apporte son lot (onze exactement) de chansons en tout point enviables, d’humeurs variables.

L’oreille exercée trouvera sans trop de mal l’empreinte de Florent Marchet sur cet album (il en cosigne la direction artistique avec François Poggio) tant qu’on pourrait s’imaginer certaines plages chantées par lui : le Même pas peur est à ce titre flagrant.

Ce n’est pas que Clarika se cherche mais, quitte à chercher sa nouvelle âme-sœur, elle s’explore plus encore, jusqu’à questionner son âme (Âme ma sœur âme), à chercher ce qu’elle contient, elle l’intrépide, à y espérer un éclat de pureté, à y déceler la nécessaire sagesse. Au demeurant, dans un autre titre, elle explore pareillement ventricules et hémisphères du cortex masculin, pour « me glisser dans tes rêves / avec ma lampe frontale ». C’est de la chirurgie d’amour, de raison comme de déraison où je n’y comprends rien.

Elle l’aimerait tout, tout de suite. Mais Clarika prend son mâle en patience, et file en l’attendant comme une bonne dentellière : « Mes écheveaux caracolent / Sur le bleu du tissu fragile / Où le bout de mes doigts s’envole ».

Clarika CDSans être le clou du disque, encore que, remarquons ce très beau duo avec le québécois Pierre Lapointe : « On n’ira jamais à Venise / Venise c’est rien que pour les cons / Se gondoler sur la Tamise / Pas de quoi en faire une chanson / On n’ira jamais à Venise / Venise c’est qu’une ville de pigeons / Ceux qu’on plume pour quelques devises ». Mais comme les amours Venise s’enlise : c’est beau une chanson d’amour ourlée de facétie.

Dans chacun de ces disques, Clarika ose un titre plus mélancolique, pas tire-larmes mais. C’est ici – paroles et musique de Florent Marchet – L’azur, sur les réfugiés, un gamin sur la mer… Le ton et les mots sont justes, l’émotion à son zénith. « Où est passée l’azur, tout l’azur / On ne te parlait que de ça / Dis, où est passée la vie, toute la vie / Un ange te prendra dans ses bras… » Puissant et beau, beau, vraiment beau.

Huitième album au tableau de chasse de Clarika : pas de raison de s’en passer, bien au contraire. Ce nouvel opus, qui met sans surprise l’amour (et le désamour) en tête de gondole, nous dit une fois de plus le parcours sans faute d’une artiste presque d’exception, aux textes délicieux qui passent du léger au grave, aux musiques ici langoureuses, là toniques, qui sait judicieusement choisir ses complices et nous tricote des chansons qui tiennent drôlement chaud au cœur : des invitations à la vie et à l’amour. Le son est à ce point bon que quand son cœur bat, on l’entend : il bat en nous.

 

Clarika, A la lisière, At(h)ome 2019. Le site de Clarika, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là. Image de prévisualisation YouTube

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