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Jérémie Bossone, le cœur volcan

Jérémie Bossone (photo non créditée prélevée sur sa page facebook)

Jérémie Bossone (photo non créditée prélevée sur sa page facebook)

« Notre amour était plus joli / Sous le ciel bleu de l’Italie […] De la Toscane à Pompéi / Nous traversions tout le pays ». Unité de temps, unité de lieu. Ici, les affres du cœur épousent au plus près la charnelle géographie de l’Italie, ses grandes et flamboyantes cités où seul l’amour, preuve en est, n’y est pas éternel. Ce nouvel opus est un itinéraire dans la péninsule italique : chaque ville y est étape d’un déchirement, d’une rupture. Une comédie à l’italienne, un théâtre à l’italienne et des cris qui mal masquent les pleurs : « Je la vois sourire encor / Ell’ me prêtait sa main mais pas son cœur… »

Bossone est par nature un cri, plus singulier encore, dans la chanson. L’amour est ici son combustible. À tous les titres, par dix chansons, il est le Vésuve et l’Etna, ses vers comme sa musique sont incandescente et rougeoyante lave. Des sentiments ne reste qu’un séisme, « Dans ces ruines d’empire » de Pompéi, « L’amour a un goût de cendre ».

Tout va vite, les notes filent comme une pluie de météores, violente. Parfois le calme s’impose, le temps d’un titre plus reposé, peut-être le temps de constater le désastre, comme ici « À Florence, ô ma belle / Pourquoi somm’nous rev’nus ? / L’amour s’est fait la belle / Nous voilà nus ».

le-decembre-italien-jeremie-bossoneDix chansons que survolent le fantôme de l’amour, ses dernières bribes, ses ultimes oripeaux. « Engueulons-nous puisque t’y tiens / Sous les toil’ dorées du Titien / Là, dans la ville des amoureux / Tu veux qu’on règle un truc ou deux ? […] Y a dispute et malaise à Venise ». De partout, l’Histoire, l’architecture, l’art pour cadre de la dispute, des reproches qu’on s’envoie, des blessures qu’on se fait. Seules les statues restent de marbre : au Colisée comme devant la fontaine de Trevi, les amoureux se déchirent

Le baroque de l’Italie se fond dans le lumineux rock de Bossone, emporté par le quasi lyrisme d’une tragédie, celle d’un couple agonisant qui brûle ici ses derniers feux de la passion, ses premières et terribles fusées de la discorde. Le soleil romain est rouge d’une violence à peine contenue, furibarde, sans appel ni rappel.

Qui a déjà vu Jérémie Bossone en scène, qui l’a écouté sur disque, sait son art. Il est là poussé encore plus loin, comme un opéra qui le bouffe. Acteur inspiré d’un amour qui se consume et paradoxalement enflamme plus encore ses vers, le porte à la presque fusion comme le ferait un volcan en éruption.

Il y a dans ces dix plages des morceaux plus beaux encore que d’autres, qu’on tiendra un jour pour les chefs-d’œuvre qu’ils sont.

 

Jérémie Bossone, Le Décembre italien, Wolf Walk/InOuïe Distribution 2020. Le site de Jérémie Bossone, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. En concert le 28 août à Foix.

Pour précommander cet album, c’est ici (précommande jusqu’au 15 septembre ; sortie officielle le 25 septembre 2020).  

Pas encore de clip(s) disponible(s). Pour donner le « son » Bossone à ceux qui ne le connaissent que peu ou pas :

« Jamais rester » : Image de prévisualisation YouTube

« Les amants de la Seine » : Image de prévisualisation YouTube

Une réponse à Jérémie Bossone, le cœur volcan

  1. Petra Ouche 29 août 2020 à 10 h 26 min

    « … le Vésuve et l’Etna… », c’est tout à fait ça ! Quel bel article pour une personne extraordinaire ! J’attends « le décembre Italien » avec encore plus d’impatience :-)

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